Alors que Barack Obama s'apprête à rendre les clés de la Maison Blanche, il livre sa vision sur l'avenir de l'intelligence artificielle dans une interview accordée au mensuel américain Wired, en compagnie de Joi Ito, entrepreneur et directeur du Media Lab au MIT (l'Institut de technologie du Massachusetts).
Barack Obama, qui se dit optimiste, assure : "Historiquement, nous avons absorbé les nouvelles technologies, de nouveaux emplois ont été créés et notre niveau de vie s'est généralement amélioré." L'intelligence artificielle "promet de créer une économie plus productive et efficace. Si elle est bien exploitée, cela peut générer énormément de prospérité et d'opportunités".
Estimant que cela pourrait aussi "accroître les inégalités", le président des Etats-Unis nuance : "Il y a aussi des inconvénients que nous allons devoir gérer pour éviter de supprimer des emplois." Avec le développement de l'intelligence artificielle, "les gens hautement qualifiés peuvent tirer parti de leurs talents, interagir avec les machines pour développer les ventes, les produits et les services". Au contraire, les individus moins qualifiés pourraient se retrouver lésés, avance-t-il.
Avec le développement de nouvelles technologies, "déterminer comment les incorporer dans des structures de régulations existantes est un problème difficile", commente Barack Obama. "Le gouvernement doit être un peu plus impliqué (...) pour s'assurer que la régulation reflète une large base de valeurs communes. Autrement, on pourrait s'apercevoir que les technologies désavantagent certains individus."
En évoquant les "grandes réussites technologiques", Barack Obama développe une comparaison avec la conquête de l'espace. Il y a cinquante ans, la somme allouée représentait "la moitié du PIB. Cela voudrait dire que nous dépenserions aujourd'hui 80 milliards de dollars par an pour l'intelligence artificielle". Et d'estimer : "Nous dépensons probablement moins d'un milliards de dollars. Cela va sans doute s'accélérer."
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Pour Barack Obama, la cybersécurité constitue un enjeu primordial parce que la menace n'est pas aussi visible qu'un "ensemble de tanks roulant vers vous". Il propose de "penser différemment la sécurité, pour faire des investissements qui ne paraissent pas sexy mais qui finiront par devenir plus importants que tous les autres".
La limite entre l'infraction est la défense "est très floue" en matière de cybersécurité, affirme le président américain. Il se positionne en faveur d'un débat international sur le sujet. Le défi est le suivant : "Les Etats les plus avancés - Russie, Chine, Iran - ne partagent pas toujours les mêmes normes et valeurs que [les Américains]. Mais nous allons devoir dépasser cela pour être efficaces."
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