Les quatre commandements d'Obama pour l'intelligence artificielle

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Dans une interview à Wired, Barack Obama estime que l'intelligence artificielle pourrait accroître les inégalités.
Dans une interview à Wired, Barack Obama estime que l'intelligence artificielle "pourrait accroître les inégalités". (Crédits : REUTERS/Larry Downing)
De son impact sur l’économie à sa nécessaire régulation, l’intelligence artificielle était au cœur d’un entretien du président des Etats-Unis à Wired, magazine spécialisé dans les nouvelles technologies.

Alors que Barack Obama s'apprête à rendre les clés de la Maison Blanche, il livre sa vision sur l'avenir de l'intelligence artificielle dans une interview accordée au mensuel américain Wired, en compagnie de Joi Ito, entrepreneur et directeur du Media Lab au MIT (l'Institut de technologie du Massachusetts).

  • Impact économique : "Prospérité et opportunités"

Barack Obama, qui se dit optimiste, assure : "Historiquement, nous avons absorbé les nouvelles technologies, de nouveaux emplois ont été créés et notre niveau de vie s'est généralement amélioré." L'intelligence artificielle "promet de créer une économie plus productive et efficace. Si elle est bien exploitée, cela peut générer énormément de prospérité et d'opportunités".

Estimant que cela pourrait aussi "accroître les inégalités", le président des Etats-Unis nuance : "Il y a aussi des inconvénients que nous allons devoir gérer pour éviter de supprimer des emplois." Avec le développement de l'intelligence artificielle, "les gens hautement qualifiés peuvent tirer parti de leurs talents, interagir avec les machines pour développer les ventes, les produits et les services". Au contraire, les individus moins qualifiés pourraient se retrouver lésés, avance-t-il.

  • Régulation : "Le gouvernement doit être plus impliqué"

Avec le développement de nouvelles technologies, "déterminer comment les incorporer dans des structures de régulations existantes est un problème difficile", commente Barack Obama. "Le gouvernement doit être un peu plus impliqué (...) pour s'assurer que la régulation reflète une large base de valeurs communes. Autrement, on pourrait s'apercevoir que les technologies désavantagent certains individus."

  • Investissement : "Moins d'un milliard de dollars"

En évoquant les "grandes réussites technologiques", Barack Obama développe une comparaison avec la conquête de l'espace. Il y a cinquante ans, la somme allouée représentait "la moitié du PIB. Cela voudrait dire que nous dépenserions aujourd'hui 80 milliards de dollars par an pour l'intelligence artificielle". Et d'estimer : "Nous dépensons probablement moins d'un milliards de dollars. Cela va sans doute s'accélérer."

  • Cybersécurité : "Penser différemment la sécurité"

Pour Barack Obama, la cybersécurité constitue un enjeu primordial parce que la menace n'est pas aussi visible qu'un "ensemble de tanks roulant vers vous". Il propose de "penser différemment la sécurité, pour faire des investissements qui ne paraissent pas sexy mais qui finiront par devenir plus importants que tous les autres".

La limite entre l'infraction est la défense "est très floue" en matière de cybersécurité, affirme le président américain. Il se positionne en faveur d'un débat international sur le sujet. Le défi est le suivant : "Les Etats les plus avancés - Russie, Chine, Iran - ne partagent pas toujours les mêmes normes et valeurs que [les Américains]. Mais nous allons devoir dépasser cela pour être efficaces."

| LIRE AUSSI : 2016, l'année de l'intelligence artificielle ?

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Commentaires
a écrit le 20/10/2016 à 12:57 :
L'IA pose de grandes questions aujourd'hui balbutiantes mais qui seront demain d'une acuité extrêmement forte. Même si le développement d'une super intelligence est encore lointain, elle finira par émerger. Et nos sociétés ne sont en rien préparer à cela. Plus prosaïquement et dans un délai nettement plus court, les solutions "intelligentes" actuelles auront un impact conséquent non seulement sur l'emploi, y compris qualifier, mais également sur la fragilité de nos sociétés. L'information est en effet un vecteur essentiel de nos organisations et celles-ci sont plus fragiles à celle-là que les sociétés d'autrefois.
J'ai essayé de définir qu'elles devraient être les évolutions à réaliser dans nos sociétés pour les rendre Antifragile à cette évolution disruptive inévitable.

"http://philippeleroymondr.wixsite.com/letempsdelanalyse/single-post/2016/10/18/Face-%C3%A0-lIA-pour-une-intelligence-humaine-collective"
a écrit le 20/10/2016 à 9:43 :
Les perspectives ouvertes par l'IA sont certes passionnantes mais le plus grand défi viendra d'y associer les êtres humains autrement qu'en les considérant comme de simples individus codes barres sortis des algorithmes du dieu GAFA prêts à consommer ce que d'autres auront décidé pour eux .......Les geek perçoivent déjà les limites de l'IA en envoyant leurs enfants dans des écoles où il n'y a pas internet , de smartphones et autre connections ...mais uniquement des tableaux noirs, de la craie , des cahiers et des stylos !!!
a écrit le 20/10/2016 à 6:31 :
La comparaison financière avec la "conquête de l'espace" est citée de façon inexacte, les chiffres sont différents '.
Réponse de le 20/10/2016 à 17:12 :
J'ai remarqué aussi. Problème de traduction ?

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