Londres a-t-elle vraiment bénéficié des JO ?

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Il n'y a donc pas que des effets négatifs à accueillir les Jeux olympiques, même si la capitale britannique n'a pas échappé aux polémiques inhérentes à l'organisation d'un tel événement, notamment concernant son coût.
Il n'y a donc pas que des effets négatifs à accueillir les Jeux olympiques, même si la capitale britannique n'a pas échappé aux polémiques inhérentes à l'organisation d'un tel événement, notamment concernant son coût. (Crédits : Reuters)
Londres a profité de l'accueil des Jeux olympiques en 2012 pour rénover et redynamiser l'est de la capitale. Mais le coût final de l'événement a quadruplé par rapport à celui prévu.

L' organisation des Jeux olympiques peut aussi être l'occasion pour la ville désignée de repenser en partie sa politique urbaine. Cela a été le cas pour Londres qui a profité de l'événement pour lancer la rénovation du quartier de Stratford, qui se trouve à l'est de la capitale britannique. Après y avoir construit le village et le stade olympique de 80.000 places dans le Queen Elizabeth Olympic Park, la ville de Londres y a en effet prévu l'après-JO, avec notamment la construction de logements, d'espaces verts et diverses infrastructures sportives. Le tout en s'appuyant sur l'amélioration des réseaux de transport en commun.

Certes, le parachèvement de la mutation du site olympique se fait encore attendre, et les objectifs ambitieux en matière de construction de logements ne devraient pas être complètement atteints. Mais il semble clair que les JO de 2012 ont permis au quartier de Stratford de décupler son attractivité. Pas une mince affaire pour cette partie industrielle de Londres historiquement moins prisée que les chics quartiers ouest de la ville.

Il n'y a donc pas que des effets négatifs à accueillir les Jeux olympiques, même si la capitale britannique n'a pas échappé aux polémiques inhérentes à l'organisation d'un tel événement, notamment concernant son coût :

« En juillet 2005, le dossier de candidature de Londres promettait un coût de réalisation du projet de 2,4 milliards de livres. Fin 2008, ce coût avait au moins quadruplé, à 9,4 milliards de livres », explique l'économiste Wladimir Andreff, professeur à l'université de Paris 1.

Pour ne rien arranger, la capitale britannique a aussi subi fin 2008 la crise financière de plein fouet.

« Un gros problème a été de trouver comment financer le village olympique qui devait l'être par des sponsors privés, dont certains ont fait faillite entretemps, notamment Nortel, qui devait apporter 45 millions d'euros, mis en faillite en janvier 2009 », ajoute Wladimir Andreff.

Au final, des moyens supplémentaires substantiels ont été débloqués.

« Le coût du stade olympique de Londres a été révisé plusieurs fois à la hausse, de 280 à 355 millions de livres ; les infrastructures ont été revues à la hausse de 106 millions de livres. Et le parc olympique a été réévalué de 900 millions de livres pour un coût global de 3,3 milliards de livres », énumère Wladimir Andreff.

Une réalité enjolivée par les politiques

Soucieux de maintenir un discours optimiste sur la portée économique des JO, le gouvernement britannique a annoncé courant 2013 que les retombées découlant du commerce, de l'investissement et du tourisme avaient couvert le coût total des Jeux. Une annonce qui convainc peu les économistes.

D'une part, ceux-ci s'accordent en effet à dire qu'il est très difficile de mesurer l'effet réel des Jeux sur l'économie d'une ville ou d'un pays. Et d'autre part, ils estiment que les politiques en place n'ont pas intérêt à révéler que l'accueil de l'événement a été douloureux pour les finances publiques.

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Commentaires
a écrit le 16/09/2015 à 17:22 :
un coût quadruplés par rapport au prévisionnel sans compter les frais indirects non comptabilisés , pas sûr que ce soit une bonne affaire pour les contribuables , les grands gagnants sont les politiques qui ont portés le projet et quelques affairistes qui ont soutirés l'argent public ; espérons que la candidature de paris ne soit pas retenue
un pays qui ne peux plus payer ses retraites et sa santé n'a pas besoin de se faire mousser avec de tels projets
a écrit le 16/09/2015 à 12:50 :
Pourquoi ne mettez-vous pas les coûts direct de la sécurité militaire, policières, de santé, de justice, dépense sociale, les réparations des dégâts et de l'entretien des installations pendant 50 ans? Car c'est les anglais qui ont payé ceci pas les sponsors, ni le CIO. Et ne me dites pas que c’était prévu dans le budget courant. Car le budget est de 29 Milliards

http://www.lefigaro.fr/sport-business/2012/04/17/20006-20120417ARTFIG00685-le-vrai-cout-des-jo-de-londres.php
a écrit le 16/09/2015 à 12:18 :
Une chose est claire: le PIB de l'Angleterre stagnait jusqu'aux JO (sous-performant France et Allemagne) et n'a fait que monter après (sur-performant France et Allemagne). Je ne crois pas aux hasards. Il y a forcément un gros impact, peut être d'ordre psychologique également (se rappeler notamment de la CdM France 98).
Réponse de le 16/09/2015 à 14:15 :
c est pas parce que 2 evenements arrivent en meme temps qu ils ont un lien. Depuis 1945 le % d ascenseurs dans les immeubles a explosé. de meme le nombre de divorce (de quasiment 0 en 45 a presque 50 % de chance de divorcer aujourd hui). pourtant diriez vous qu il y a plus de divorces a cause des ascenseurs ???

Quand au fait que la croissance du PIB de la GB surpasse celui de la RFA, j ai de gros doute ... et je doute fort que la gabegie que sont les JO soient un investissement a long terme (a court terme depenser de l argent a forcement un impact sur le PIB. mais autant payer des gens a faire quelque chose de plus utile que construire des stades)

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