Les États-Unis et l’Ukraine ont annoncé avoir bientôt finalisé un accord sur une exploitation conjointe des ressources minérales ukrainiennes. Mais les estimations de ces dernières sont floues et leur extraction pourrait être compliquée, rendant l’accord rapidement caduc.Malgré la guerre, les difficultés économiques et les tensions politiques, il reste encore des professionnels pour penser que l'Ukraine est une des régions les plus stables au monde. Aux yeux des géologues, le pays au drapeau bleu et jaune repose sur un morceau de terre des plus anciens et qui n'a connu que peu de transformations au cours des derniers milliards d'années. Ce morceau de terre, appelé bouclier ukrainien, forme ainsi de vastes plaines sur 200 000 kilomètres carrés, de Kiev aux environs de Marioupol, traversant l'actuel territoire ukrainien en son centre. Si, à la surface, les frontières ont évolué au fil des peuples et des nations qui l'ont habité, le sous-sol est resté quasi intact depuis environ 3 milliards d'années.
Ces roches inamovibles, cachées sous les champs de blé et de colza, contiennent de nombreux minerais. Du lithium — essentiel pour les batteries électriques —, du graphite — indispensable dans l'industrie —, du titane — apprécié par les entreprises aéronautiques et militaires — et enfin des terres rares, ces 17 métaux précieux pour la transition énergétique.
Des réserves aux données peu fiables
Si le graphite est utilisé depuis plusieurs centaines d'années dans les mines de crayon, l'extraction massive et commerciale du lithium, du titane et des terres rares date du XXe siècle. L'Ukraine était alors une région soviétique, réputée pour son charbon, son fer et son blé. En 1982, au cours d'une campagne de prospection, les géologues soviétiques découvrent des gisements de lithium, à proximité du petit village de Shevchenko dans le Donbass. Jusqu'en 2017, les explorations se succèdent pour tenter d'évaluer précisément les réserves du gisement.
«Pour confirmer les données historiques et augmenter la densité des observations, il est nécessaire de forer une vingtaine de puits exploratoires supplémentaires et d'effectuer des tests de laboratoire »,analyse une étude de 2022.