Le Vieux Continent se chauffe toujours en partie avec du gaz russe. Après avoir drastiquement chuté, puis stagné, les importations en provenance de Moscou sont même reparties à la hausse en 2024. Par ailleurs, plusieurs observateurs s'interrogent sur le poids du GNL américain.Le 24 février 2022, l'invasion de l'Ukraine révélait l'ampleur de la dépendance de l'Union européenne au gaz russe. De quoi accentuer la crise énergétique, amorcée fin 2021, et provoquer une flambée des prix sans précédent. Trois ans plus tard, « la dépendance aux importations de gaz russe a baissé mais le bilan reste très contrasté », relève Inès Bouacida, chercheuse climat et énergie au sein de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).
De fait, la Russie pèse aujourd'hui un peu plus 15 % dans l'approvisionnement en gaz des Vingt-Sept, contre plus de 40 % début 2022. « Mais 15 % ce n'est pas du tout anecdotique », pointe la chercheuse. D'autant que cette part dans l'approvisionnement de l'UE « stagne depuis deux ans », souligne Phuc-Vinh Nguyen, à la tête du centre Énergie de l'Institut Jacques-Delors.
La Russie, deuxième fournisseur de gaz de l'UE
En 2024, les importations de gaz russe ont même rebondi à plus de 54 milliards de mètres cubes selon le décompte de l'institut Bruegel, contre 45 milliards en 2023. Ainsi, après avoir chuté à la quatrième place des fournisseurs de gaz de l'UE, la Russie s'est hissée, l'année dernière, au deuxième rang. Certes loin derrière la Norvège (avec 99 milliards de mètres cubes), mais devant les Etats-Unis (quelque 51 milliards de mètres cubes).
Alors que les importations de gaz russe vers l'UE étaient constituées à 50 % de gaz acheminé par gazoduc et à 50 % de gaz naturel liquéfié (GNL) acheminé par voies maritimes, cette ventilation évolue en faveur du GNL. Ainsi, selon l'Institute for Energy Economics and Financial Analysis (Ieefa), les importations de GNL de l'UE en provenance de Russie ont augmenté de 18% en 2024. Et cette tendance pourrait s'accentuer avec la fin du contrat de transit de gaz russe acheminé via l'Ukraine.