Négociations commerciales: Trump rompt avec le Canada
latribune.fr

Photo d'illustration
Piroschka Van De Wouw
latribune.fr

Photo d'illustration
Piroschka Van De Wouw
Le président américain a encore une fois utilisé sa plateforme Truth Social pour l'annoncer: « (...) nous mettons fin à TOUTES les discussions commerciales avec le Canada, avec effet immédiat », a écrit Donald Trump vendredi.
La raison de cette déclaration, selon le chef d'Etat américain: « cette taxe scandaleuse » qui porte un « coup direct et évident » aux Etats-Unis, selon Donald Trump, et qui doit commencer à être collectée par Ottawa le 30 juin.
Il s'agit de la taxe sur les services numériques (TSN) mise en place l'an dernier par le Canada. Elle vise notamment les géants de la tech qui génèrent un chiffre d'affaires mondial annuel supérieur à 1,1 milliard de dollars canadiens, et qui gagnent des revenus annuels au Canada supérieurs à 20 millions de dollars canadiens. Les géants américains tels que Google, Apple, Meta (Facebook), Amazon ou Microsoft, accusés de profiter du caractère immatériel de leur activité pour échapper à l'impôt, sont donc concernés.
Donald Trump reproche d'ailleurs aussi à l'Union européenne (UE) d'avoir mis en place une telle taxe, et en fait un levier de négociation dans les discussions commerciales avec le bloc européen. Selon les gouvernements qui les mettent en œuvre, les taxes sur les services numériques sont provisoires, dans l'attente de l'aboutissement de négociations internationales sur la taxation des multinationales.
La rupture avec le Canada intervient dans un contexte particulier. Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier, le Canada est en effet soumis un régime spécifique. Il est frappé par une partie des nouveaux droits de douane, mais certaines de ses exportations sont toujours protégées par son accord de libre-échange avec les Etats-Unis et le Mexique.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

La rupture a été annoncé, en outre, le jour même de la confirmation d'une détente commerciale entre les Etats-Unis et la Chine très bien accueillie par les investisseurs. Donald Trump s'était en effet félicité jeudi d'avoir « signé » avec Pékin un accord sur l'accélération des expéditions de terres rares vers les États-Unis, dont la Chine a fait également état vendredi. L'exécutif américain avait aussi semblé disposé à reporter la date butoir pour les négociations sur les droits de douane avec les autres partenaires commerciaux des Etats-Unis, pour l'instant fixée au 9 juillet.
Ces annonces avaient propulsé deux deux des trois principaux indices de Wall Street, qui avaient enregistré de nouveaux records. Avant que Trump ne revienne une énième fois en arrière en prévenant qu'aucun renvoi n'était acté. Au contraire, « on pourrait allonger les délais, mais aussi les raccourcir », a-t-il dit lors d'un point de presse, en évoquant des droits de douane à 25% (nettement supérieurs aux 10% appliqués à l'ensemble des pays qui exportent aux Etats-Unis, à l'exception de la Chine).
À lire également
En milieu de séance, Wall Street a donc tangué après l'annonce de Trump sur le Canada. Mais finalement, les Bourses mondiales ont terminé en hausse vendredi, les investisseurs se montrant rassurés par la conclusion de l'accord commercial entre Pékin et Washington. En Europe, la Bourse de Paris a terminé en nette hausse de 1,78%, Francfort a gagné 1,62%, Londres +0,72% et Milan +0,99%. A New York, les indices de référence S&P 500 (+0,52%) et Nasdaq (+0,52%) ont tous deux dépassé leur plus haut niveau historique en clôture. Le Dow Jones a lui gagné 1,00%.
latribune.fr
Retraites : comment les candidats à la présidentielle veulent contourner l’obstacle de l'âge légal
Comment la famille Trump a bâti un empire crypto sans risque… et refilé les pertes aux investisseurs
A Nice, les PME fragilisées par le retard des indemnisations post-UNOC
Population suisse limitée à 10 millions : pourquoi le projet anti-immigration inquiète le monde économique