Népal : comment reconstruire l'un des pays les plus pauvres d'Asie ?

Juliette Boulay

Juliette Boulay
Plus de 5.000 morts et 10.000 blessés, selon le dernier bilan officiel, des villages sous les décombres dans une région himalayenne très difficile d'accès, des hôpitaux débordés, un aéroport international déjà surchargé... Le tremblement de terre qui a ravagé le Népal le 25 avril représente un défi majeur pour ce pays de 27,8 millions d'habitants dont un quart vivaient déjà sous le seuil de pauvreté national en 2010. Le défi à relever commence par l'investissement dans les infrastructures, car c'est peut-être ce qui fait le plus défaut à une économie népalaise qui ne peut compter ni sur l'exploitation de ressources naturelles majeures, ni sur son industrie. Explications.
L'activité industrielle ne représente en effet que 16% du PIB népalais. L'économie locale est dominée par le secteur des services (49% du PIB), et surtout l'agriculture, qui concentre une grande majorité des emplois, explique Julien Marcilly, économiste en chef à la Coface.
De par sa situation géographique, perché sur la chaîne himalayenne, le Népal ne dispose pas non plus de ressource naturelle majeure à exploiter, relève Julien Marcilly. "Le pays souffre de son isolement géographique", sans accès à la mer, coincé entre les deux géants asiatiques - qui sont également ses principaux partenaires commerciaux- : la Chine et l'Inde.
Dans ces conditions, le pays doit miser sur ses infrastructures afin d'attirer les investisseurs étrangers, continue Julien Marcilly. Or, là aussi, il existe des lacunes.
Et le séisme, qui a ravagé la capitale de Katmandou et rayé de la carte plusieurs villages aux alentours de l'épicentre, n'est pas pour arranger la situation. Selon le cabinet d'études économiques IHS, le coût de la reconstruction pourrait atteindre 4,5 milliards d'euros, soit environ 20% du PIB. Une dépense que le pays ne pourra pas supporter seul.
Cependant, tout n'est pas perdu. "L'environnement macroéconomique du Népal est relativement sain", estime Julien Marcilly, et l'endettement de l'État demeure faible, de sorte que les prêts effectués dans le cadre de la reconstruction ne viendront pas s'ajouter à une dette publique déjà élevée. Surtout, malgré un PIB de 17,65 milliards d'euros en 2013 -dernière donnée rendue disponible par la Banque mondiale -, la croissance est dynamique. En 2013 le taux de croissance du PIB était de 3,9% selon les calculs de la Coface, et les prévisions de croissance pour 2014 et 2015 atteignent 5%.
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Autre point positif, selon l'économiste de la Coface : la consommation des ménages, l'un des principaux facteurs de l'augmentation du PIB, est elle-même alimentée par les transferts d'argent en provenance de la diaspora népalaise.
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Juliette Boulay
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