Pékin veut calmer le jeu et "approfondir les coopérations" avec Washington

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Rex Tillerson avait provoqué en janvier l'ire de Pékin en agitant la menace d'un blocus pour empêcher l'accès du pays à des îles contestées en mer de Chine méridionale.
Rex Tillerson avait provoqué en janvier l'ire de Pékin en agitant la menace d'un blocus pour empêcher l'accès du pays à des îles contestées en mer de Chine méridionale. (Crédits : REUTERS/Brendan Smialowski/Pool)
La Chine veut "assurer le bon développement des relations" avec le nouveau président américain Donald Trump. Les ministres des Affaires étrangères des deux pays se sont rencontrés en marge d'une réunion du G20 à Bonn, en Allemagne.

| Article publiée à 12h04, mis à jour à 12h27.

Dans un contexte extrêmement tendu entre Chine et Etats-Unis, Pékin s'est dit "prêt" à travailler avec l'administration Trump, a indiqué le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi au secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson lors d'un tête-à-tête vendredi en Allemagne, en marge d'une réunion du G20 à Bonn.

"La Chine est prête (...) à approfondir les coopérations et à assurer le bon développement des relations avec l'administration du président Trump (...) selon les principes de non confrontation et de respect mutuel", a déclaré Wang Yi à Rex Tillerson, selon un communiqué diffusé samedi par Pékin suite à ce qui était la première rencontre de ce niveau depuis la prise de fonctions de Donald Trump.

"Les Etats-Unis ont reconnu clairement qu'ils continueraient d'adhérer au principe de la "Chine unique"", a-t-il ajouté. "Cet important consensus (...) crée les conditions nécessaires pour que les deux pays développent une coopération stratégique dans les domaines bilatéraux, régionaux et mondiaux".

Marche arrière de Trump sur la "Chine unique"

Rex Tillerson avait provoqué en janvier l'ire de Pékin en agitant la menace d'un blocus pour empêcher l'accès du pays à des îles contestées en mer de Chine méridionale. Pékin s'irritait par ailleurs du refus de Washington de reconnaître le principe de la "Chine unique" - qui interdit toute relation diplomatique entre des Etats étrangers et Taïwan, considéré par Pékin comme une de ses provinces.

Donald Trump s'était dit prêt à le remettre en question, avant de faire marche arrière et de désamorcer en partie la crise lors d'un entretien téléphonique avec son homologue chinois Xi Jinping la semaine dernière. Il lui avait assuré que Washington poursuivrait sa politique d'une "seule Chine".

"Promouvoir la prospérité planétaire"

Les deux Etats "portent la responsabilité conjointe de préserver la stabilité du monde et de promouvoir la prospérité planétaire, et ont bien davantage d'intérêts communs que de divergences", a poursuivi Wang Yi lors de son entretien avec Rew Tillerson.

De son côté, le département d'Etat américain a assuré que les deux ministres avaient évoqué la nécessité d'un "environnement équitable dans le commerce et l'investissement". En ces domaines, la Chine fait figure de cible privilégiée de l'administration Trump, qui accuse Pékin, par ses exportations et sa politique de changes, de détruire des emplois aux Etats-Unis, et qui laisse planer la menace de mesures protectionnistes.

Gérer la Corée du Nord

Après un nouveau test de missile cette semaine par Pyongyang, Rex Tillerson a également profité de sa présence à Bonn pour appeler vendredi la Chine à oeuvrer "par tous les moyens" à "modérer l'attitude déstabilisatrice" la Corée du Nord. Durant cette conversation, il a, selon son porte-parole Mark Toner, "souligné la menace croissante posée par le programme nucléaire et les tirs de missile de la Corée du Nord".

Plus tard dans la matinée, le ministère chinois du Commerce a indiqué dans une note publiée sur son site que la Chine allait suspendre toutes ses importations de charbon en provenance de Corée du Nord à partir de dimanche. Le ministère précise que cette suspension demeurera effective jusqu'au 31 décembre.

Aucune raison n'est fournie pour expliquer cette décision des autorités chinoises mais l'agence de presse sud-coréenne Yonhap avait indiqué la semaine passée que des cargaisons de charbon nord-coréen avaient été refoulées dans le port chinois de Wenzhou. La Corée du Nord était en 2016 le quatrième fournisseur de la Chine en charbon avec 22,18 millions de tonnes, soit une hausse de 14,5% par rapport à 2015.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 19/02/2017 à 19:42 :
Et bien la résistance chinoise à "trump le sauvage" n'aura pas fait long feu.

Comme je disais la Chine ne peut pas se passer du marché américain et c'est le cas pour de nombreux pays occidentaux, grâce à leurs chyper consommateurs les américains tiennent le monde par les c..., surtout en ces temps de crise mondiale.

Il n'y a qu'en refusant les règles néolibérales américaines que l'on pourra se défaire de cette dépendance mortifère.
a écrit le 19/02/2017 à 9:58 :
La Chine est un vieux pays 4 fois millénaire, qui a bien compris qu'ils n'y a rien à gagnier dans une confrontation ( surtous si l'on est le plus faible) ... Alors ils souhaitent gagnier du temps devant le va en guerre de Trump .... Apres tous dans 4 ans il y aura une nouvelle élection et tous sera possible.... Et la Chine n'est pas encore prête militairement ( la marine est bien trops faible) et elle dois sécurisé s'est accès au pétrole ( vers la Russie et l'Asie centrale) . La victoire sans combattre....
a écrit le 18/02/2017 à 17:16 :
Les Chinechines doivent passer sous les fourches caudines. Ha ha Bravo Trump triomphant

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