Bluff ou coup de semonce ? Le ministre de l'Energie de l'Arabie saoudite, le prince Abdulaziz bin Salman, a de nouveau mis en garde les « spéculateurs » sur les marchés à terme du pétrole qui « shortent » le marché, autrement dit qui vendent aujourd'hui des barils pour une échéance plus lointaine, en pariant que les cours seront plus bas au moment où ils devront livrer les barils (en réalité, ils revendent leurs contrats avant la livraison physique). Selon le prince, leurs positions amplifient une baisse des cours du baril à ses yeux injustifiée.
Depuis juin 2022 (voir graphique ci-dessous), les cours sont tendanciellement orientés à la baisse. Le prix du baril de Brent s'est désormais installé sous la barre des 80 dollars, un seuil considéré comme minimum par l'Opep, dont les pays membres comptent sur les revenus pétroliers pour financer leur budget public. Néanmoins, les déclarations du ministre ont produit leurs effets ce mercredi, les cours de l'or noir s'appréciant de quelque 2%. Si le Brent repassait au-dessus de 78 dollars, il afficherait une baisse de 4% sur un mois et de 29% sur un an. Quant à la référence américaine, le baril de WTI, il franchissait 74 dollars, accusant une baisse de 4,6% sur un mois et de 31,8 % sur un an.