Le gouvernement algérien, déjà alerté par la Banque d'Algérie à plusieurs reprises est-il en train d'ouvrir les yeux ? Le conseil des ministres algérien a approuvé mardi 6 octobre le projet de loi de finances 2016. Il prévoit ainsi une baisse de 4% des recettes budgétaires dans un contexte marqué par la chute des prix du pétrole ces derniers mois, principale ressource de l'Algérie. Au cours des derniers mois, le pays a perdu près de 50% des revenus tirés des hydrocarbures.
Certes, le projet de loi de finances 2016 table sur une croissance de 4,6% et une inflation contenue à 4%. Mais en raison de la conjoncture mondiale du marché des hydrocarbures et de la fiscalité pétrolière locale, les recettes budgétaires afficheront une baisse de 4% par rapport à 2015, et se chiffrent à 4.952,7 milliards de dinars algériens (41 milliards d'euros).
Par conséquent, le gouvernement a annoncé des coupes dans les dépenses budgétaires du pays qui diminueront de 9% avec 4807,3 milliards de dinars "pour le volet fonctionnement" et 3176 milliards de dinars pour celui de l'équipement.
Le solde global du Trésor affichera un déficit de 2.452 milliards de dinars (plus de 20 milliards d'euros) alors que le Fonds de régulation des recettes (FRR) conservera 1.797 milliards de dinars (plus de 15 milliards d'euros) de réserves à fin 2016.
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Toutefois, malgré ces tensions financières, les transferts sociaux - financés par le budget général de l'Etat - connaîtront une hausse de 7,5% pour atteindre 23% du budget. Dans le détail, 477 milliards de dinars algériens devraient être alloués au logement, 446 milliards pour "le soutien aux familles, dont 22 milliards pour les subventions des prix des produits de base (céréales, lait, sucre et huile)". Ou encore 316, 5 milliards pour le soutien à la santé publique. En outre, citoyens et entreprises vont continuer à bénéficier de différentes subventions indirectes, dont le coût total s'élèvera à 1500 milliards de dinars algériens. Ces transferts, financés majoritairement par les recettes des hydrocarbures, étranglent pourtant l'économie algérienne. Mais le gouvernement sait qu'ils sont aussi le moyen de garantir la paix sociale.
Si le président algérien Abdelaziz Bouteflika admet enfin que les pouvoirs publics doivent faire preuve de davantage de transparence sur la "gravité de la conjoncture financière que traverse notre pays", il n'hésite pas à vanter "le caractère unique au monde de nos dépenses publiques d'investissements et de nos transferts sociaux". Dont acte.
Un avant-projet de loi sur l'investissement - pour améliorer "l'attractivité de la législature sur l'investissement" en faveur des investissements étrangers- a également été présenté.
Ce projet de loi initie à cet effet de "nouvelles facilitations notamment en faveur de l'investissement étranger et en partenariat", selon les termes du communiqué publié à l'issue du conseil des ministres. Les encouragements sont notamment adressés au secteur des mines et des industries émergentes.
Par ailleurs, selon les chiffres présentés par le ministre de l'Energie, Salah Khebri, la production algérienne d'hydrocarbures (plafonnée depuis 2007) sera portée à 195 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) en 2015 ce qui permettra d'augmenter les exportations de gaz et de pétrole de 4,1% sur cette année. A court et moyen termes, le programme arrêté portera la production à 224 millions TEP en 2019, détaille le communiqué.
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L'Algérie tire plus de 95% de ses recettes extérieures du pétrole et la fiscalité de l'or noir représente 60% de son budget. Ce dernier est calculé sur la base d'un prix théorique de référence de 37 dollars le baril de pétrole et de 50 dollars sur le marché.
La différence est alors versée dans un fonds de régulation des recettes qui sert à financer le déficit budgétaire et les mesures urgentes du gouvernement.
(Avec AFP)
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