La hausse des prix du pétrole n'a pas seulement généré des superprofits pour les compagnies occidentales et émergentes mais aussi d'importants revenus pour les pays producteurs. Selon les projections de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), les 13 pays membres de l'Opep (*) devraient engranger cette année 842 milliards de dollars (en dollars 2021), soit l'équivalent de presque la moitié du PIB annuel du Canada. Il faut remonter à 2014 pour trouver un montant supérieur, quand l'organisation a généré 992 milliards de dollars, en termes réels (ajustés de l'inflation).
C'est 50% de plus qu'en 2021, où ils avaient déjà progressé de 70% par rapport à à 2020, année qui les avaient vu fondre à 335 milliards de dollars. « Cette hausse des revenus est à attribuer aux 2,3 millions de barils par jour (mb/j) supplémentaires et à des cours plus élevés », notent les experts de l'EIA. En effet, outre les volumes, le cours du baril de Brent s'est envolé de plus de 460% entre avril 2020, où il était passé sous les 20 dollars, en raison du quasi arrêt de l'activité mondiale qui avait fait chuter la demande de pétrole, à plus de 100 dollars aujourd'hui.
Si, depuis 2021, la reprise de l'activité a entraîné une hausse de la demande pétrolière, ce sont surtout les restrictions sur l'offre qui ont soutenu les cours. Les embargos sur les exportations d'hydrocarbures imposés par les pays développés à la Russie après son invasion de l'Ukraine en février ont pesé, avec un baril de Brent qui a frôlé les 124 dollars en mars. Mais c'est surtout la discipline des pays exportateurs réunis dans le partenariat Opep+ - les membres de l'Opep auxquels se sont joints 10 autres pays dont la Russie -, qui a été un facteur de soutien structurel. En fournissant plus de la moitié de l'offre mondiale, l'Opep+ est en mesure de contrôler le marché avec l'objectif de combiner au mieux les prix et les volumes.