Chine : les grands groupes pétroliers affichent des profits records, malgré des ventes en berne

Sinopec, PetroChina et Cnooc viennent de dévoiler leurs résultats financiers du premier semestre. Comme attendu, ces profits atteignent des sommets. Malgré la baisse des volumes de vente sur le marché intérieur chinois en raison des confinements durs, les niveaux exceptionnels de prix garantissent des marges spectaculaires. Mais la volatilité des cours pourrait se retourner contre les majors dans un environnement externe « complexe et changeant ».
Un employé d'une plateforme pétrolière off-shore de Cnooc.
Un employé d'une plateforme pétrolière off-shore de Cnooc.

Comme leurs concurrentes occidentales, les majors chinoises tirent profit de la crise de l'énergie. Les trois principaux géants chinois du pétrole que sont Sinopec, PetroChina et Cnooc affichent, au premier semestre, des bénéfices en forte hausse, galvanisés par la flambée des prix de l'énergie depuis l'invasion russe en Ukraine.

Des bénéfices tirés par les prix mais pas les volumes

Le groupe Sinopec, qui constitue le premier raffineur d'Asie, a affiché dimanche un bénéfice net de 6,37 milliards d'euro, soit 43,53 milliards de yuans, entre janvier et juin. Cela représente une augmentation de 10,4% en un an. Paradoxalement, les volumes de vente de Sinopec sont en recul sur la même période... de 9,8% à cause des confinements durs en Chine qui ont bridé la demande.

Quant à PetroChina, qui dépend d'un autre grand groupe d'hydrocarbures public CNPC, son bénéfice du T2 atteint 12,05 milliards d'euros (82,39 milliards de yuans). Avec cette hausse du bénéfice de plus de 50, l'agence Bloomberg parle d'une performance historique du premier producteur de brut chinois. De même, China National Offshore Oil Corp (Cnooc), qui exploite du gaz et du pétrole en mer, a plus que doublé son bénéfice du premier semestre.

Volatilité et incertitude

Comme Sinopec, ces profits inédits de Cnooc et CNPC s'expliquent par le renchérissement spectaculaire des cours du pétrole depuis la reprise économique mondiale, et plus encore depuis la guerre en Ukraine. Certains « facteurs géopolitiques comme la crise ukrainienne ont entraîné une augmentation significative du prix moyen » du brut, a reconnu CNPC à l'annonce de ses résultats.

Mais la volatilité du marché du pétrole depuis l'émergence du Covid en 2020 n'est pas toujours une bonne nouvelle pour les entreprises pétrolières qui engagent des investissements massifs de long-terme et ont besoin d'une visibilité sur le prix. Ainsi, le groupe Cnoonc admet toutefois qu'il va faire face un « environnement externe (qui) restera complexe et changeant » au deuxième semestre. Une référence à l'instabilité géopolitique et au fait que le Covid et ses restrictions brutales paralysent encore en partie l'activité économique dans l'Empire du milieu.

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 29/08/2022 à 14:17
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Que des entreprises publiques pilotées par l'Etat communiste et donc le PCC. Le rêve!

à écrit le 29/08/2022 à 11:47
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Il faut lire "Terres rares" de Jean Tuan chez C.L.C. Éditions. L'auteur sous forme de fiction dévoile la réalité des coups tordus de la Chine qui en échange des minéraux rares dont elle dispose en quantité s'accapare les ressources essentielles d'un...

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