Cinq questions sur le plan infrastructures de Biden à "3.000 milliards" de dollars

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Ancien rival de Joe Biden aux primaires démocrates, Pete Buttigieg, désormais ministre des Transports, sera en première ligne dans ce dossier d'investissement colossal pour la rénovation des infrastructures: Je pense que nous avons une occasion extraordinaire d'avoir le soutien des deux partis pour voir grand et faire preuve d'audace sur les infrastructures, martèle le jeune ministre. Mais si l'enthousiasme et le capital politique de Pete Buttigieg sont réels, la tâche s'annonce ardue.
Ancien rival de Joe Biden aux primaires démocrates, Pete Buttigieg, désormais ministre des Transports, sera en première ligne dans ce dossier d'investissement colossal pour la rénovation des infrastructures: "Je pense que nous avons une occasion extraordinaire d'avoir le soutien des deux partis pour voir grand et faire preuve d'audace sur les infrastructures", martèle le jeune ministre. Mais si l'enthousiasme et le capital politique de Pete Buttigieg sont réels, la tâche s'annonce ardue. (Crédits : Reuters)
Joe Biden estime que de vastes investissements sont indispensables pour favoriser une croissance durable tout en s'attaquant aux problèmes environnementaux. Le président démocrate, qui a confié la tâche à son jeune et fringant ministre des transports Pete Buttigieg, n'a pas confirmé le montant, mais certains médias évoquent des investissements allant jusqu'à 4.000 milliards de dollars. Après les 1.900 milliards déjà votés pour la relance du pays, voici les 5 points essentiels pour comprendre le casse-tête du financement de ce chantier hors du commun.

Les investissements de quelque 3.000 milliards de dollars dans les infrastructures, que le président américain Joe Biden va détailler mercredi, se heurtent au casse-tête de leur financement.

1. Quel est le constat?

Construits pour la plupart dans les années 1950, 1960 et 1970, les autoroutes, les routes, les ponts, les voies ferrées, les aéroports et autres infrastructures sont en très mauvais état. Il y a en outre un besoin crucial d'infrastructures respectueuses de l'environnement.

La fédération des ingénieurs civils américains (ASCE), qui publie tous les quatre ans un rapport, tire la sonnette d'alarme depuis longtemps. Dès 1998, elle attribuait ainsi aux infrastructures la note D (pour "déficientes") sur une échelle de A à F.

En publiant son dernier rapport début mars, elle constatait pour la première fois une modeste amélioration, attribuant alors la note globale C-.

Pas de quoi se réjouir pour autant puisque sur 17 catégories, 11 ont reçu la note D dont les écoles, les équipements aéroportuaires, les routes ou encore les transports en commun. Seuls les ports obtiennent la note B, tous les autres la note C.

"45% des Américains n'ont pas un accès fiable aux services de transport en commun", note la Fédération.

De plus, elle estime désormais à 2.590 milliards de dollars les besoins totaux en infrastructures du pays au cours des 10 prochaines années, contre 2.100 milliards précédemment.

De son côté, la fédération américaine des constructeurs de routes et de transports (ARTBA) estime que "220.000 ponts américains (36%) nécessitent des travaux de réparation". 79.500 doivent même être remplacés.

2. Quelle est la position des deux partis?

Démocrates et républicains s'accordent sur la nécessité de moderniser des infrastructures vieillissantes.

Donald Trump avait lui-même estimé que celles-ci étaient "en décrépitude". En 2018, il avait proposé un plan de 1.500 milliards de dollars qui n'a jamais été examiné au Congrès.

Avant lui, Barack Obama avait proposé en 2014 plus de 300 milliards d'investissements sur quatre ans pour rénover routes et ponts. Un échec également.

"Je pense que cette fois, nous pouvons vraiment y arriver", a estimé vendredi Pete Buttigieg, le ministre des Transports sur CNBC.

Ancien rival de Joe Biden aux primaires démocrates, Pete Buttigieg, désormais ministre des Transports, sera en première ligne dans ce dossier d'investissement colossal pour la rénovation des infrastructures: "Je pense que nous avons une occasion extraordinaire d'avoir le soutien des deux partis pour voir grand et faire preuve d'audace sur les infrastructures", martèle le jeune ministre. Mai si l'enthousiasme et le capital politique de Pete Buttigieg sont réels, la tâche s'annonce ardue.

3. Quel est le plan de l'administration Biden?

Joe Biden estime que de vastes investissements sont indispensables pour favoriser une croissance durable tout en s'attaquant aux problèmes environnementaux.

Il compte donc moderniser les infrastructures existantes -- pour réduire notamment les congestions sur les routes et la pollution -- et lancer des projets "verts" dans le secteur de l'eau, des transports et de l'énergie.

Le président démocrate n'a pas confirmé le montant mais certains médias ont évoqué des investissements allant jusqu'à 4.000 milliards de dollars.

Lire aussi : Biden va-t-il annoncer une révolution économique aux États-Unis?

4. Avec quel financement?

Le financement est un véritable casse-tête car aucune infrastructure n'est financée de la même manière.

A titre d'exemple: les aéroports sont gérés par des investisseurs privés; le système d'autoroutes reliant les Etats (Interstate highway system) a été construit par le gouvernement mais son entretien est maintenant essentiellement du ressort des Etats tandis que la construction et l'entretien des routes secondaires reviennent aux comtés.

De nombreuses autoroutes sont gratuites pour les usagers. Sans recettes, leur maintenance laisse à désirer.

La semaine dernière, la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a indiqué au Congrès qu'une partie du financement pourrait provenir de l'augmentation des impôts sur les sociétés.

L'administration Biden veut remonter le taux d'imposition à 28% contre 21% actuellement. Elle envisage aussi d'augmenter les impôts des plus riches, ceux dont les salaires annuels dépassent les 400.000 dollars.

Preuve de la complexité du financement, le secrétaire aux Transports, Pete Buttigieg, a proposé vendredi une taxe au kilomètre, selon le principe de l'utilisateur payeur, avant de faire machine arrière lundi sur CNN.

Il a également écarté la possibilité d'instaurer une taxe sur l'essence puisque l'objectif est de muer vers les voitures électriques.

"Les propriétaires et exploitants d'infrastructures doivent facturer, et les Américains être prêts à payer, des tarifs reflétant le coût réel de l'utilisation, de l'entretien et de l'amélioration des infrastructures", préconise la fédération des ingénieurs civils.

5. Quel coût pour l'économie en cas de nouvel échec?

Si les investissements n'étaient pas effectués, "la facture de l'infrastructure en souffrance aux Etats-Unis coûtera à chaque ménage américain environ 3.300 dollars par an, soit 63 dollars par semaine", estime l'ASCE.

À l'horizon 2039, un sous-investissement chronique dans les infrastructures coûterait 10.000 milliards de dollars au PIB, plus de trois millions d'emplois et 2.400 milliards d'exportations.

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Commentaires
a écrit le 31/03/2021 à 17:07 :
Faudra aussi payer le reste.

Très onéreuse guerre en Irak... D'après le Watson Institute for International Studies de l'université Brown, le bilan économique de la guerre déclenchée en 2003 par George W Bush pour faire tomber le régime de Saddam Hussein en Irak, pourrait représenter 6.000 milliards de dollars d'ici à 2053 en incluant les intérêts d'emprunts et les pensions aux anciens combattants.
a écrit le 31/03/2021 à 15:33 :
Ne nous y trompons pas, c'est la politique des démocrates...! Rassurant a l'intérieur, pour calmer médiatiquement la population, impérialiste a l'extérieur en semant le chaos faute de pouvoir s'y implanter!
a écrit le 31/03/2021 à 11:03 :
Le réalisme américain, tandis qu'en UERSS, empire prévu pour durer mille ans mais ce serait étonnant, l'aide ridicule de 750 milliards annoncée en grande pompe il y a un an est toujours bloquée par l'Allemagne.

Biden est dans la continuité de politique économique de Trump.
Réponse de le 31/03/2021 à 23:52 :
Biden est dans la continuité de Trump qui lui même était dans la continuité d'Obama qui lui même... etc...
Ils sont tous dans la continuité du département d'état point barre.

Dans la mesure où ils ne sont même pas foutu de monter un mur, je ne vois pas comment ils iraient plus loin et ne donne pas cher de leurs infrastructures même si ils y mettent 3 trillions de papiers toilettes.
C'est à ça qu'on voit que l'empire s'effondre, les chiffres s'aaalllllloôoooooonnnnnge, bientôt des talebins USD avec une valeur rectifiée par un tampon encreur.
Réponse de le 01/04/2021 à 9:38 :
"C'est à ça qu'on voit que l'empire s'effondre,"

LOL !

Ca fait plus de trente ans que j'entends dire que les états unis s'effondrent et ils se sont tellement effondrés qu'ils demeurent la première puissance mondiale.

Ne prenez pas vos rêves pour des réalités svp, continuez de chanter cette rengaine rincée entre vous, merci.

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