Présidentielle américaine : Trump refuse de débattre une seconde fois face à Harris
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« Il n'y aura pas de troisième débat », a asséné le candidat républicain sur le réseau social Truth Social. Le président a rapidement rejeté cette éventualité, en comptant son échange télévisé en juin face au président Joe Biden, alors encore candidat, en plus de sa confrontation mardi avec la vice-présidente. En campagne en Caroline du Nord (sud-est), un Etat où elle compte sur les voix des Afro-Américains et des jeunes pour l'emporter face à Donald Trump, la démocrate de 59 ans a, au contraire, jugé que « les électeurs méritaient un second débat ».
De l'avis général, c'est elle qui a dominé celui de mardi pendant 90 minutes, en ne cessant d'attirer son rival sur les sujets les plus susceptibles de blesser son égo - le succès de ses meetings, les désaffections de ses anciens alliés politiques, sa réputation internationale... Cela n'a cependant pas empêché Donald Trump d'affirmer qu'au contraire c'est lui qui avait « gagné » le débat, tout en attaquant l'impartialité des deux journalistes d'ABC qui ont animé les échanges.
Kamala Harris tente de capitaliser sur cet élan : en Caroline du Nord, elle a affirmé jeudi que « l'Amérique était prête pour un nouveau chemin » et « une nouvelle génération de dirigeants ». Elle a aussi jugé, comme elle le fait à chaque étape de sa campagne très disciplinée et résolument centriste, que l'Amérique voulait « tourner la page » Trump.
Mais l'échange de mardi, vu par plus de 67 millions de téléspectateurs, peut-il réellement faire la différence ? « La mémoire des électeurs est courte », affirme Kyle Kondik, politologue à l'université de Virginie. L'analyste assure qu'il reste suffisamment de temps d'ici l'élection « pour que l'impact du débat - s'il y en a un - s'estompe ». Comme lors des deux précédentes présidentielles, celle de 2024 pourrait se jouer à quelques milliers de voix dans certains comtés stratégiques de six ou sept Etats pivots, en raison du mode de scrutin - le suffrage universel indirect.
A en croire les sondages, une immense majorité des électeurs ont déjà choisi leur camp et penchent dans d'égales proportions pour la démocrate et pour le républicain. Une enquête d'opinion rendue publique lundi par ABC, avant le débat, créditait Kamala Harris de 50% des intentions de vote contre 46% pour son rival parmi les Américains inscrits sur les listes électorales, et de 52% contre 46% parmi les électeurs qui prévoient de se rendre aux urnes. Une étude publiée dimanche par le New York Times donnait, elle, l'ancien président en avance d'un point sur la vice-présidente (48% contre 47).
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Afin d'éviter un quelconque essoufflement, Kamala Harris entend multiplier les échanges avec la presse locale, elle qui a jusqu'ici donné un nombre très limité d'interviews. Vendredi, l'ancienne sénatrice de Californie sera en déplacement en Pennsylvanie.
De son côté, Donald Trump participera lui à un événement de campagne dans le Nevada, après une conférence de presse en matinée. Le candidat républicain enchaîne les diatribes, en partie mensongères, contre les migrants. Lors d'un meeting jeudi dans l'Arizona (sud-ouest), un Etat frontalier du Mexique, le milliardaire de 78 ans a continué à faire référence à une affirmation mensongère et raciste qu'il a évoqué lors du débat, selon laquelle des migrants haïtiens volaient des chiens et des chats pour les manger à Springfield, petite ville de l'Ohio. « C'était une magnifique communauté, c'est horrible ce qui s'est passé », a-t-il lancé à la foule, évoquant aussi, sans preuve, le cas de migrants s'en prenant à des « oies », ou « violant de jeunes filles américaines ».
Le candidat républicain promet en cas d'élection de lutter contre l'immigration illégale à coups d'expulsions massives. La porte-parole de la Maison Blanche Karine Jean-Pierre a estimé que ces théories complotistes « immondes » mettaient « des vies en danger », alors que la mairie de Springfield a dû être évacuée jeudi à la suite d'une alerte à la bombe.
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Par ailleurs, la perspective d'une élection serrée fait craindre une vague de contestation potentiellement violente autour des opérations électorales, puisque Donald Trump a refusé de s'engager à concéder une éventuelle nouvelle défaite. Les autorités fédérales ont annoncé jeudi que la certification du résultat de la présidentielle par le Congrès, le 6 janvier prochain, se déroulerait donc avec le plus haut niveau de sécurité possible pour un événement officiel en Amérique. Pour rappel, à cette date en 2021, des partisans de Donald Trump avaient attaqué le Capitole pour tenter d'empêcher les parlementaires de confirmer la victoire du démocrate Joe Biden.
(Avec AFP)
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