Robert Orr a « consacré quarante-cinq ans de [sa] vie au parti républicain », mais il joue aujourd'hui contre son clan de cœur. « Kamala Harris est extrêmement qualifiée ; elle est patriote, et elle a une vraie vision pour le pays », loue celui qui fut juge adjoint à la Cour suprême de Caroline du Nord. L'ancien magistrat va voter pour la candidate démocrate en novembre, et il enjoint même à ses amis conservateurs de le suivre. De quoi s'attirer les foudres du magma trumpiste et se voir attribuer le très outrageux surnom de Rino (Republican in name only, « républicain qui n'en a que le nom »).
Les orphelins du GOP (Grand Old Party), vampirisé par Donald Trump, n'ont jamais été aussi nombreux sur l'estrade d'une Convention démocrate que pendant celle de mi-août qui a couronné Kamala Harris. S'y sont succédé Adam Kinzinger, ex-représentant modéré de l'Illinois, et Olivia Troye, conseillère de Mike Pence. Au milieu du chapelet de repentances, Stephanie Grisham, ancienne porte-parole de la Maison-Blanche, a électrisé les foules en s'en prenant à son ancien patron.
Le 26 août, 238 anciens collaborateurs de George W. Bush, du défunt sénateur de l'Arizona John McCain et de celui de l'Utah Mitt Romney ont signé une lettre ouverte dans le quotidien USA Today où ils déclarent : « Bien sûr, nous avons de nombreux désaccords idéologiques avec la vice-présidente Harris. [...] Cependant, l'alternative est tout simplement intenable. » Vendredi, c'est Dick Cheney, vice-président de George W. Bush de 2001 à 2009, qui a annoncé qu'il voterait pour Kamala Harris. « Dans les deux cent quarante-huit ans d'histoire de notre pays, il n'y a jamais eu d'individu qui ait représenté une plus grande menace pour notre république que Donald Trump », a-t-il expliqué.