Présidentielle américaine : la Maison-Blanche redoute une cyberattaque

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La Russie est au centre des préoccupations de la Maison Blanche.
La Russie est au centre des préoccupations de la Maison Blanche. (Crédits : Reuters/Kevin Lamarque)
Les peurs d'une attaque informatique contre le système électoral américain resurgissent à quelques jours du scrutin. Pendant que les regards se tournent vers la Russie, la Maison Blanche a renforcé les moyens du renseignement américain afin de prévenir les menaces qui pèsent sur le vote électronique et les failles du système informatique.

A quelques jours de l'élection présidentielle, les autorités américaines redoublent de vigilance contre de possibles attaques informatiques russes. Selon des propos d'officiels américains recueillis par NBC, les efforts seraient coordonnés par la Maison Blanche et le département de sécurité intérieure. L'agence de sécurité nationale (NSA), la CIA et le département de la Défense sont également impliqués dans l'opération. Les services de renseignement ont indiqué que la Russie avait été avertie que "le moindre effort pour manipuler l'actuel vote ou le comptage des bulletins serait vu comme une sérieuse infraction."

Une surveillance accrue sur des attaques ciblées

Les agences de renseignement américaines sont plutôt confiantes. Selon le Washington Post, le renseignement ne pense pas que la Russie soit armée pour mener une opération de cyberespionnage capable de modifier les résultats du vote mardi prochain. La plupart des machines de vote électronique ne seraient pas connectées à Internet. Ce qui pourrait diminuer la menace d'une attaque informatique générale mais n'exclut pas la possibilité de frauder.

Par ailleurs, le système de vote américain n'est pas le même dans tous les états fédérés. Des comtés privilégient le vote papier tandis que d'autres utilisent le vote électronique ou par mail. Cette diversité des procédures de vote compliquerait ainsi la tâche d'une tentative de déstabilisation du système, comme le souligne Libération.

En revanche, l'administration pense que les Russes pourraient continuer à semer le doute sur la légitimité des résultats. Selon Reuters, ces doutes pourraient prendre la forme de désinformation répandue sur les réseaux sociaux. A l'heure qu'il est, des tentatives d'intrusion ont été recensées sur des bases de données mais les machines de vote ont été préservées.

Si la sécurité globale du système de vote électronique ne semble pas inquiéter l'administration américaine, des officiels craignent une opération isolée qui rende une partie du système hors-ligne et érode la confiance des électeurs.

Des précédents inquiétants

Cette décision fait suite à plusieurs événements relatifs à des craintes de cyberattaques réelles ou supposées. En septembre dernier, le directeur du FBI James Comey, avait annoncé que "plusieurs activités d'inspections de sites internet, qui sont des actions préalables à une attaque, ainsi que des tentatives d'intrusions ont été observées sur des registres électoraux en ligne". Pendant l'été dernier, des bases de données dans l'Arizona et l'Illinois avaient été piratées comme le souligne NBC. Des données de 200.000 citoyens ont été volées dans l'Illinois. Selon le site d'information américain, des Russes seraient derrière cette attaque et l'administration américaine a même affirmé que les renseignements russes étaient derrière cette opération. De son côté, Vladimir Poutine a totalement nié l'implication de Russes dans les précédents piratages comme le rapporte le Washington Post.

En juillet dernier, des opérations de piratage ont touché le camp démocrate. Selon un communiqué du département de la sécurité intérieure et le bureau du directeur du renseignement national, l'administration russe serait impliquée :

"Nous croyons, au regard de la sensibilité de ces tentatives, que seuls des hauts dignitaires russes pourraient autoriser ce type d'activités."

Le site Wikileaks a diffusé les données récoltées dans les serveurs du camp démocrate comme le souligne Numérama. De son côté, Hillary Clinton ne faisait plus de doutes sur la responsabilité des Russes dans cette attaque informatique. Pour le renseignement américain, les Russes sont capables de ce genre d'attaques. "Les Russes ont utilisé des techniques similaires en Europe et en Eurasie, pour influencer l'opinion publique par exemple." Si les preuves manquent encore pour établir l'origine exacte des attaques, les relations entre les deux pays sont très tendues dans la dernière ligne droite pour la course à la Maison Blanche.

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a écrit le 06/11/2016 à 19:53 :
Clinton ou Trump, quelle importance. Ils ne "gouvernent"pas, ils sont en représentation tout juste bon à amuser la galerie, moyennant quelques prébendes. Regardez, écoutez le Président des US, pendant ce temps les "vrais" dirigeants agissent. Comme dans tous les grands pays, c'est le complexe militaro-industriel qui est à la manoeuvre.
C'est d'ailleurs pour cette raison que le Monde va si bien, on en a tous les jours la preuve.Sur les théâtres d'opérations. Sur le plan social. Sur le plan économique.
Il n'y a que sur le plan financier que ça semble aller bien... pour les riches...pourvu que ça dure.
a écrit le 06/11/2016 à 11:35 :
Mais pourquoi attribuer un piratage éventuel à la seule Russie alors que d’autres hackers doivent rêver de perturber cette élection planétaire ? Parce que certains grands États-clés ont une importantes populations d'origine issues des pays de l’Est Européen comme la Pennsylvanie (20 électeurs), l’Ohio (18) et le Michigan (16). Il est donc important pour les démocrates de mobiliser ces électeurs hostile à la Russie.
Reste qu'une attaque meurtrière d’Al-Qaïda et Daesh évoqués par les groupes terroristes le jour de l’élection serait autrement plus grave et pourrait profiter aux républicains.
a écrit le 06/11/2016 à 11:33 :
Et on ne dit pas encore que les Russes ont des armes de destruction massive ? Que le rejet du traité avec le Canada par le gouvernement Wallon relève aussi de leurs manigances ? Que pour le vase de Soissons, déjà, on avait des doutes... Franchement, si les Russes voulaient vraiment agir, qui peut croire qu'ils seraient aussi maladroits et qu'ils "préviendraient" ainsi à l'avance de leurs intentions ? Mais c'est si bon de préférer se tromper de cible pour ne pas reconnaître ses erreurs au moyen-orient...
a écrit le 06/11/2016 à 11:24 :
pour,Hellary Clinton en route vers la maison blanch
a écrit le 06/11/2016 à 11:07 :
Le storytelling US a besoin du grand méchant loup pour ramener les brebis égarées du vote contre sainte Hillary. La Russie joue ce rôle, renforcé depuis les jeux de Sotchi en 2014. Ceux qui crient au loup sont pourtant maitres en la matière. Un néo-maccarthisme.
a écrit le 06/11/2016 à 11:04 :
Entre chiens et loups quand tombe la nuit.
a écrit le 06/11/2016 à 9:44 :
Il est de notoriété publique que Trump est le candidat de Poutine dans cette élection. En cas de perte de Trump, il serait bien pour lui de pouvoir crier à la fraude et de pouvoir pendant des années passer pour un martyr auprès de son public.

Et pour Poutine, tout ce qui peut gêner les USA et un gouvernement démocrate gouverné par Mme Clinton, qu'il hait cordialement, est bon à prendre.
a écrit le 06/11/2016 à 9:24 :
Poutine n'a pas caché que Trump était son candidat, on se demanderait bien pourquoi si Trump n'était pas ce qu'il est.

En cas de défaite annoncée il n'est pas impossible que Vlad donne un coup de main à Donald afin de lui permettre de crier à la fraude.
Le but étant d’entacher l’élection d'un début de commencement de doute, ce qui lui permettra à Trump de se plaindre pendant des années d'une fraude massive de l'establishment.

Evidemment, Vlad, n'en a rien à cirer de Trump qu'il voit comme un idiot utile, mais tout ce qui peut déstabiliser les USA est bon à prendre. Il a la même stratégie en Europe où il soutient financièrement les partis extrémistes, dont le FN.
Réponse de le 06/11/2016 à 10:57 :
@ce serait possible: 1) jusqu'à maintenant, les preuves manquent sur l'implication des Ruuses, même si le camp Clinton les met à toutes les sauces. 2) cela m'étonnerait fort que les Russes aident les Américains, quel que soit le sujet. 3) Marine Lepen a expliqué que si elle s'était adressé à une banque russe pour son financement, c'est parce que les banques françaises refusaient. 4) je crois personnellement que les Américains sont dans une telle panade socio-économique qu'ils ont besoin d'un bouc émissaire et "ce serait possible" en effet qu'ils nous déclenchent une 3e guerre mondiale :-)
Réponse de le 06/11/2016 à 11:46 :
@Patrickb
"Marine Lepen a expliqué que si elle s'était adressé à une banque russe pour son financement, c'est parce que les banques françaises refusaient."
Ca c'est que dit Mme LePen. La vérité est toute autre, le FN ne veut pas que ses comptes soient "transparents". Ceci dit, aller confier ses comptes aux Russes n'est peut-être pas très judicieux... Tout service rendu à ces gens se paie un jour au prix fort.
Réponse de le 06/11/2016 à 14:26 :
@valbel89: 1) l'explication de Lepen me parait valide, même si je n'ai, pas plus que toi, les moyens de vérifier. 2) Quant à s'adresser aux Russes, cela ne me parait pas non plus illogique quand on a besoin de fric et que les autres ne paient pas. Et il n'y a pas de prix fort, mais un contrat avec la banque. J'ai moi-même eu des comptes (euros, dollars et roubles) avec Sberbank et je n'ai jamais eu à m'en plaindre. Je crois qu'il y a plus de légendes que de vérités à propos des Russes :-)
Réponse de le 06/11/2016 à 19:43 :
@Patrickb
La Russie est quand même dans un triste état, sous embargo et quasiment au ban des Nations. Politiquement pour le FN je pense que c'est une erreur qui sera exploitée. L'amalgame sera vite fait sur le thème du nationalisme, de la dictature...Ceci dit point n'est besoin que les comptes du FN soient dans les banques Russes pour en constater les caractéristiques Nationalistes. Le "Nationalisme c'est la guerre", il n'y a qu'à constater ce que fait la Russie de Poutine...et c'est transportable...En Europe, jusqu'à l'extrême Ouest: La France.
Réponse de le 07/11/2016 à 8:35 :
Si le FN ne trouve pasde financement en France ou en Europe c'est tout simplement parce que

1°) L'historique financier du parti est désastreux, avec une quasi faillite en 2009.

2°) Le parti fait l'objet d'un certain nombre de contentieux judiciaires qui lui ont déjà couté cher (condamnation en 2013 à payer 7 millions à un imprimeur, redressements fiscaux divers...) et qui risquent encore de lui couter encore plus cher (les emplois fictifs de Bruxelles pourraient couter jusqu'à 5 ou 6 millions d'euros de redressement de la part de l'UE sans compter les suites judiciaires en France , parti de jeanne etc etc.

3°) le parti est déjà très endetté (environ 11 millions d'euros au 31 dec 2014 selon la commission du financement des partis , les comptes 2015 seront promulgués vers la fin de l'année) et le trésorier du FN estime qu'il faudra encore 30 millions en 2017 pour financer la campagne législative.

Ce n'est pas par idéologie que les banques refusent de leur prêter de l'argent mais par prudence. Ce ne sont pas les 5 millions d'argent public légalement dus à leur résultats électoraux qui peuvent financer le train de vie des Lepen.
Réponse de le 07/11/2016 à 10:47 :
@Valbel89: Faux, 1) la Russie est au ban des pays occidentaux, pas des autres, dont la Chine et l'Inde (pour ne citer que les plus importants) et 2) le ratio dette/pib de la Russie est bien moins élevé que dans beaucoup de pays (http://www.tradingeconomics.com/country-list/government-debt-to-gdp). Je ne veux pas dire que tout est merveilleux en Russie, mais plutôt que l'intox occidentale est une ficelle un peu grosse et difficile à avaler, du moins pour moi qui connaît la Russie pour y être allé maintes fois.
@@Patrickb et Valbel89: et bien si la banque russe s'assoit sur l'argent prêté, tu vas être super content. Mais, excuse-moi quand même, je ne crois pas que les banquiers russes soient naïfs, et je pense qu'ils ont l'intention de récupérer leur fric avec les intérêts :-)
Réponse de le 07/11/2016 à 12:53 :
Pour info, la banque russe (FCRB) qui avait accordé le prêt de 9 millions d'€ au FN a été déclarée en faillite il y a environ 1 mois par le régulateur russe, laissant un passif de quelques centaines de millions. Je reviendrai sur la nature de ce prêt un peu plus loin.

Ceci explique pourquoi le FN, qui est en très mauvaise posture financière est disposé à un peu tout pour se procurer du cash. MLP s'est rendue il y a peu en Turquie pour y féliciter Erdogan à la demande des Emirats Arabes Unis, car elle espère obtenir un prêt significatif des EAU. Pour les crogneugneus, je précise que ce voyage est reconnu par le FN et Phillipot n'a pas démenti la recherche de fonds aux UAE.

En ce qui concerne le prêt russe, ses conditions n'ont cessé d'étonner. Tout d'abord son taux, qui était la moitié de celui pratiqué habituellement, ensuite par la personnalité du propriétaire de la banque, un proche de Poutine. Pourquoi un tel "cadeau" aussi risqué pour le préteur?

La réponse se trouve surement dans les 40 000 SMS et emails d'un très proche de Poutine entre 2011 et 2014, et dans lesquels le FN est évoqué 66 fois. (il n'y a pas que les russes qui hackent, il y a aussi Anonymous).

De ces échanges il ressort sans ambiguïté que le prêt au FN en 2014 est une récompense pour avoir soutenu la Russie dans son annexion de la Crimée. Comme toute source en partie invérifiable elle est sujette à caution, mais colle très bien à la réalité. Si vous vous demandiez pourquoi un parti qui a bouffé du socialo-communiste pendant 3 ans devenait amoureux d'un néo-stalinien, vous avez la réponse.

Pour plus de détails tapez simplement anonymous FN russie sur votre moteur de recherche.

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