Présidentielle américaine : Trump se paie Clinton sur Snapchat

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D'après un sondage, seuls 25% des 18-29 ans ont déclaré qu'ils voteraient pour Donald Trump à la présidentielle de 2016.
D'après un sondage, seuls 25% des 18-29 ans ont déclaré qu'ils voteraient pour Donald Trump à la présidentielle de 2016. (Crédits : CARLO ALLEGRI)
Le candidat républicain a acheté un filtre Snapchat augmenté d'une attaque envers Hillary Clinton. Une marque supplémentaire de sa stratégie de communication pour toucher plus largement les électeurs et notamment jeunes.

À quelques heures du premier débat très attendu entre les deux candidats à la Maison-Blanche, la bataille a déjà commencé sur les réseaux sociaux. Donald Trump a lancé l'offensive en achetant un filtre Snapchat peu flatteur pour sa rivale. Les partisans du candidat républicain pourront ainsi envoyer leurs photos éphémères, accompagnées du slogan "Donald J. Trump VS Crooked Hillary" (Hillary la malhonnête, en français). Un message en rapport avec l'affaire des e-mails, dont le candidat républicain ne cesse de faire référence pour décrédibiliser son adversaire.

Donald Trump n'est en pas à son premier coup. En juillet dernier, l'équipe de campagne du magnat new-yorkais a publié une vidéo inspirée du jeu viral Pokémon Go. Rebaptisée "Crookéd Hillary No", on y découvre une photo de l'ex-secrétaire d'État se faisant capturer par une pokéball. Une fiche descriptive s'affiche, qualifiant Hillary Clinton de "politicienne de carrière" qui "ment souvent au peuple américain" et "partage des e-mails top secrets".

Conquérir les jeunes électeurs

Ces coups de communication montrent les efforts de l'équipe de campagne de Donald Trump pour toucher l'électorat jeune. Historiquement, les 18-29 ans sont loin d'être acquis au candidat du Parti républicain. Déjà, John McCain n'avait obtenu que 32% de leurs voix face à Barack Obama en 2008, selon CNN. Donald Trump serait en passe de faire pire cette année. D'après un sondage de l'Institute of Politics de l'université d'Harvard datant d'avril dernier, seuls 25% d'entre eux ont déclaré qu'ils voteraient pour le candidat républicain, contre 61% pour Hillary Clinton.

Réseau social favori des jeunes américains, Snapchat est devenu incontournable pour s'adresser à cette population. Le candidat malheureux à la primaire du Parti démocrate, Bernie Sanders l'a bien compris. Il est le premier a avoir utilisé des filtres pour sa campagne dans l'Iowa. Une stratégie qui a contribué à générer un plébiscite des jeunes en sa faveur. Une étude de l'université de Tufts (Massachusets) révèle que, lors des primaires, Bernie Sanders a recueilli plus de votes de la part des jeunes que Donald Trump et Hillary Clinton réunis.

"Je suis le Ernest Hemingway des 140 caractères"

De manière générale, le magnat new-yorkais a largement misé sur Internet dans sa stratégie de communication. Lors de la primaire comme de la campagne présidentielle, Donald Trump n'a cessé de taper sur les médias et les journalistes, apôtres de la désinformation selon lui. Le web et les réseaux sociaux en particuliers apparaissent alors comme un canal de communication libre à exploiter. Outre son site internet, Donald Trump a un compte dans la plupart des réseaux sociaux et même une application mobile "America First".

Entouré d'un conseiller réseaux sociaux et d'un conseiller nouveaux médias, la stratégie du candidat républicain est désormais bien huilée. Chaque jour; il s'adresse à ses 11,7 millions d'abonnés Twitter et ses 10 millions de fans Facebook. Plus que Hillary Clinton qui n'en compte respectivement que 9 millions et 6 millions sur les deux plate-formes. S'adresser à autant de personnes est comme "détenir le New York Times, sans les pertes financières", avait-il ironisé il y a un an.

Lors de la primaire, un ancien conseiller de campagne de Barack Obama, Dan Pfeiffer, a indiqué qu'il était "largement meilleur sur Internet que n'importe qui" dans son parti. Avec toute la modestie qu'on lui connaît, Donald Trump a déjà déclaré :

"Je comprends les réseaux sociaux, peut-être mieux que personne [...] quelqu'un a dit que je suis le Ernest Hemingway du 140 caractères."

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