Qui sera le "super banquier" de l'Afrique ?

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Jaloul Ayed, ancien ministre des finances de la Tunisie, fait partie des huit candidats à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD)
Jaloul Ayed, ancien ministre des finances de la Tunisie, fait partie des huit candidats à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) (Crédits : DR)
Sept candidats et une candidate brigueront jeudi la présidence de la très stratégique Banque africaine de développement, institution cinquantenaire confrontée à un continent en pleine mutation économique.

C'est le poste le plus convoité du moment en Afrique. Jeudi prochain, sept candidats et une candidate brigueront la présidence la Banque africaine de développement (BAD). Une institution cinquantenaire au rôle stratégique, dans un continent en pleine mutation économique. Tour d'horizon avant un scrutin à l'issue incertaine.

Birama Boubacar Sidibé, le favori

Birama Boubacar Sidibé, 62 ans. Cet expert malien des questions de développement a travaillé de 1983 à 2006 à la BAD. Après avoir été directeur général de Shelter-Afrique (2006-2009), une organisation panafricaine chargée de la promotion et du financement du logement sur ce continent, il a été vice-président de la Banque islamique de développement (BID) chargé des Opérations (de 2009 à début 2015). Formé en France, marié et père de quatre enfants, il parle français et anglais. Selon le journal Financial Afrik spécialisé dans l'économie et les affaires en Afrique, M. Sidibé a obtenu le plus grand nombre de parrainages par rapport à ses sept concurrents en lice pour le poste : onze pays, sur 29, lui ont apporté leur soutien.

Jalloul Ayed, la voix du Maghreb

Jalloul Ayed, 64 ans, porte les couleurs de la Tunisie, et plus largement du Maghreb. Cet économiste de formation et banquier de carrière, passé par le secteur privé (Citibank, Banque marocaine du commerce extérieur), a été ministre des Finances. Son pays a abrité le siège de la BAD pendant dix ans, avant que les conditions de sécurité soient réunies pour son retour en Côte d'Ivoire, son siège statutaire, l'an dernier. M. Ayed est compositeur de musique classique à ses heures perdues.

Bedoumra Kordjé, 30 ans d'expérience dans la BAD

Bedoumra Kordjé, 63 ans, est ministre des Finances du Tchad. Parmi ses atouts, une expérience de trente ans au sein de la BAD, jusqu'en 2012. Ingénieur télécom formé en France, celui qui se présente comme "architecte de la modernisation" dans son pays fait aussi valoir que l'Afrique centrale et sa Communauté économique et monétaire (Cemac), qu'il représente, n'ont jamais occupé la présidence de l'organisation.

Christina Duarte, la première femme ?

Cristina Duarte, 52 ans. Cette fille d'un ancien combattant des guerres d'indépendance de l'Angola, de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert contre le Portugal est ministre des Finances du Cap Vert. Formée au Portugal et aux Etats-Unis, polyglotte, elle a aussi une expérience dans le secteur privé (CitiBank). Mariée, elle est mère d'une fille. Si elle est élue, elle sera la première femme et le premier citoyen d'un pays lusophone à diriger la BAD. Mme Duarte bénéficie de la bonne réputation de son pays auprès des investisseurs: le ministère des Finances et de l'Economie français, dans une note sur l'économie capverdienne, souligne les "qualités indéniables en matière d'institutions et de gouvernance économique" du pays.

Akinwuni Adesine cumule les handicaps

Akinwumi Adesina, 55 ans, est ministre de l'Agriculture du gouvernement sortant du Nigeria. Il représente un pays considéré comme la nouvelle locomotive économique du continent africain, ce qui peut jouer en sa faveur, mais aussi contre lui. Une règle non écrite veut en effet que la BAD soit dirigée par des pays de petite ou moyenne taille, et non par des poids lourds régionaux. Bien que parlant parfaitement le français, il se heurte par ailleurs au camp de l'Afrique francophone. M. Adesina a également mené une campagne active en France, participant à des réunions au ministère de l'Economie et des Finances.

Sufian Ahmed, pénalisé par le conflit Ethiopie-Erythrée ?

Sufian Ahmed, 57 ans, est ministre des Finances d'Ethiopie, depuis 1995. Le pays a connu ces dernières années une croissance spectaculaire, et l'assureur-crédit français Coface vantait récemment la diversification économique en cours. Il reste toutefois très dépendant du secteur agricole ainsi que de l'aide extérieure. L'Ethiopie se débat par ailleurs toujours avec la pauvreté, l'insécurité alimentaire et les tensions résultant d'un conflit frontalier avec l'Erythrée.

Samura Kamara, disqualifié car pas francophone ?

Samura Kamara, 64 ans, est ministre des Affaires étrangères de la Sierra Leone, dont il a aussi dirigé les Finances. Il a  été le gouverneur de la banque centrale du pays, et a travaillé pour le Fonds monétaire international. Anglophone, il fait toutefois valoir, dans un tract de campagne , qu'il "comprend les préoccupations" de l'Afrique francophone à ce sujet, et assure qu'il a entrepris d'apprendre le français.

Thomas Zondo Sakala, pénalisé par la réputation du Zimbabwé ?

Thomas Zondo Sakala, 60 ans, représente le Zimbabwe et, plus largement, porte la candidature de toute la communauté de développement d'Afrique australe (SADC). Il est en territoire connu, puisqu'il travaillait jusqu'en octobre dernier, date de son départ à la retraite, pour la BAD, dont il a été un vice-président. Mais sa candidature pourrait pâtir de la perception par les pays occidentaux du Zimbabwe et de son président Robert Mugabe, sur liste noire de l'Union européenne en raison de violations des droits de l'homme.

Verdict jeudi prochain.

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Commentaires
a écrit le 25/05/2015 à 14:57 :
Certes une nomination importante, pour un poste à relativiser étant donné que la Chine investit à tour de bras en Afrique....
Réponse de le 25/05/2015 à 16:48 :
les cicatrices et plaies de leur âpre histoire coloniale obligent, les Africains feront certainement plus de confiance aux Chinois qu'aux Européens. À bon entendeur…. bonne semaine !
a écrit le 25/05/2015 à 11:44 :
François Hollande devrait se présenter. Avec ses grandes compétences en matière d'augmentation du chômage et de la fiscalité, il pourra faire profiter l'Afrique de ses recettes magiques. Et, cerise sur le gâteau, la France sera débarrassée de lui.
a écrit le 25/05/2015 à 11:04 :
BAD on pouvait pas choisir mieux pour denomer une banque ?
a écrit le 25/05/2015 à 10:36 :
Il faut y mettre un banquier Français, point à la ligne.

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