Récession : « peu probable » il y a 10 jours, « certainement possible » aujourd'hui, l'inquiétant changement de ton des Etats-Unis

De Joe Biden à ses conseillers en passant par Janet Yellen, la secrétaire d'Etat trésor, ou Jerome Powell, le président de la Fed, on retrouve la même inflexion dans les discours des dirigeants américains sur le risque de récession. D’abord rassurant, puis raisonnablement optimiste, leur ton se fait plus grave depuis quelques jours à mesure que de grands indicateurs économiques virent au rouge. Loin d’être des oracles, ils décrivent davantage la conjoncture économique qu’ils ne l'anticipent. Retour sur les revirements de la communication des dirigeants américains depuis deux mois.

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Jerome Powell, le président de la Fed
Jerome Powell, le président de la Fed (Crédits : Reuters)

Le 28 avril, le président américain Joe Biden affichait sa sérénité quant à la conjoncture économique de son pays. « Je ne suis pas inquiet » d'un risque de récession, fanfaronnait-il devant la presse. Un optimisme de façade que reprenait sa secrétaire d'Etat au Trésor Janet Yellen le 18 mai devant les journalistes du New York Times à qui elle confessait « ne pas s'attendre à un risque de récession », contrairement à une Europe « plus vulnérable » selon elle.

Un mois plus tard, le ton a commencé à changer. Le président américain se montrait plus modéré. Dans l'intervalle, la Fed avait commencé à durcir sa politique monétaire en remontant ses taux directeurs pour dompter une inflation au plus haut depuis 40 ans. S'il déclarait qu'une récession aux États-Unis pouvait être évitée, Joe Biden reconnaissait alors les graves difficultés économiques des Américains dans un contexte d'inflation galopante.

Aveu d'humilité de Jerome Powell

Peu après, le 9 juin, l'administration Biden commençait à pointer un « un risque de récession », comme l'évoquait Janet Yellen aux journalistes du New York Times. Pour autant, l'ancienne présidente de la Fed « ne pensait pas » qu'une récession soit « probable ».

Dix jours plus tard, le dimanche 19 juin, les mots de Janet Yellen n'étaient plus les mêmes, puisqu'elle disait ne pas croire qu'une récession soit « inévitable », mais concédait enfin s'attendre « à ce que l'économie ralentisse» pour se diriger vers une «croissance lente et stable ».

Des perspectives encore plus négatives donc pour qui sait lire entre les lignes le discours policé des décideurs économiques, volontairement sobre pour ne pas alarmer les marchés financiers sensibles aux moindres éléments de communication.

Pour autant, a-t-elle ajouté deux jours plus tard, le 21 juin, la récession est « évidemment une préoccupation, mais l'ossature de notre économie demeure solide ». Et pourtant, dès le lendemain, Jerome Powell a du mal à cacher son pessimisme. Ce mercredi, lors d'une audition au Congrès, le président de la Fed a prévenu qu'une hausse rapide des taux d'intérêt pourrait provoquer une récession même si ce n'est pas l'effet recherché.

 « C'est certainement une possibilité (...) Et franchement, les événements ces derniers mois dans le monde rendent plus difficile pour nous de parvenir à ce que nous voulons faire, retrouver une inflation de 2% tout en conservant un solide marché du travail », a-t-il lancé, en précisant s'attendre à « d'autres surprises ».

Des déclarations qui ont fait tousser les marchés. En Europe, Paris a perdu 0,81%, Londres 0,88%, Francfort 1,11% et Milan 1,36%. A Wall Street, le Dow Jones s'est effrité de 0,15%, l'indice Nasdaq, influencé par les valeurs technologiques, a perdu 0,15%, et l'indice élargi S&P 500, 0,13%.

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Commentaires 13
à écrit le 23/06/2022 à 20:02
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La vérité, pour ces gens là, est toujours un discours de bonimenteurs. Savent-ils seulement ce qu'ils racontent eux mêmes? La question mérite d'être posée, car soi ils mentent, soi ils ne savent pas grand chose. Dans les 2 cas ils feraient mieux d'al...

à écrit le 23/06/2022 à 14:13
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C'est pas l'Ukraine qui va rejoindre l'Occident, mais plus plutôt l'Occident qui va rejoindre l'Ukraine économiquement... ah ah ! On va tous devenir des pays de l'est.

à écrit le 23/06/2022 à 14:11
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je ne sais plus qui a dit qu'on allait "effondrer l'économie russe"... comment s'appelait-il déjà ? ... ah oui ! Bruno Le Maire... il paraît qu'il est ministre de l'économie dans un petit pays exotique.

le 23/06/2022 à 20:11
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Votre répartie est excellente. Le fait que cet individu soit présent au ministère de l'économie depuis plus de 5 ans est la preuve de son incapacité et surtout de celle de son chef. Avec cette équipe on y va tout droit.......dans le mur! Sauf que c'e...

à écrit le 23/06/2022 à 12:22
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Pus l'ombre d'une guerre en Europe, qui je pense arrivera...

à écrit le 23/06/2022 à 9:12
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Il y a énormément de facteurs récessifs en occident : la hausse des taux, le renchérissement des matières premières lié à la guerre et à la raréfaction des ressources, une hyper réglementation délirante de la moindre activité, une fiscalité trop lour...

le 23/06/2022 à 11:55
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Elémentaire.. L'économiste ILICH avait tout prévu en 1975.. Le système industriel est arrivé dans sa phase de contre-productivité avec ses effets pervers; c'est à dire violence à terme, pauvreté, longue descente, et mise en péril de la planète..Il n'...

à écrit le 23/06/2022 à 8:47
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L'économie c'est de la communication!

le 23/06/2022 à 15:04
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la communication est un excellent outil, mais un tres mauvais maitre

à écrit le 23/06/2022 à 8:13
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Le président de la FED savait depuis longtemps qu'il y aurait une récession. Seuls les naïfs l'ignoraient

à écrit le 23/06/2022 à 8:07
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Déjà décider d'arrêter l'économie mondiale pendant deux ans était le signe d'une volonté de casser la croissance économique, maintenant cette guerre en Ukraine et ces milliers d’appels à sanctionner la Russie ne font que confirmer cette première déci...

le 23/06/2022 à 9:33
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La récession est logique après 10-15 ans de croissance, les cycles économiques étant plus court depuis 20 ans … les sanctions etc n en sont que les correlaires rien d autres … gouverner ce n est pas «  y a qu à font qu’on « mais expérimenter analys...

le 23/06/2022 à 18:12
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"demandera des innovations, des créations de solutions …" Ok mais c'est justement parce qu'il n' y en a jamais eu que nous en sommes là, par quel miracle viendraient elles ?

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