Report de la présidentielle au Sénégal : l'opposition manifeste à Dakar, les gendarmes dispersent la foule
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Le président sénégalais Macky Sall.
VALENTYN OGIRENKO
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Le président sénégalais Macky Sall.
VALENTYN OGIRENKO
[Article mis à jour dimanche 4 février à 18H45]
La tension monte au Sénégal, où le président Macky Sall a annoncé samedi un report des élections présidentielles. En réaction, les oppositions manifestent ce dimanche dans la rue à Dakar mais la situation s'est rapidement tendue. Les gendarmes sénégalais ont tiré des grenades lacrymogènes sur des centaines de personnes qui convergeaient pour protester contre le report du scrutin, a constaté un journaliste de l'AFP. La petite foule de manifestants a fini par se disperser, selon Reuters.
Des hommes et des femmes de tous âges avaient convergé en début d'après-midi vers un rond-point sur l'un des axes routiers de la capitale, à l'appel de plusieurs candidats.
Environ 200 manifestants ont ainsi bloqué la circulation et érigé une barricade à l'aide de pneus enflammés sur une grande avenue de la capitale. La foule s'est retirée dans des rues adjacentes quand la police est intervenue à coups de gaz lacrymogène et a procédé à des interpellations.
Auparavant, Paris a appelé dimanche le Sénégal à lever les « incertitudes » créées par le report sine die de la présidentielle afin que les élections puissent se tenir « dans le meilleur délai possible ».
« Nous appelons les autorités à lever les incertitudes autour du calendrier électoral pour que les élections puissent se tenir dans le meilleur délai possible et dans le respect des règles de la démocratie sénégalaise », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Une manifestation doit se tenir dimanche à Dakar à l'appel de l'opposition, dans un contexte de grave crise politique.
L'annonce faite samedi dans un contexte de grave crise politique par le président élu en 2012 et réélu en 2019 a aussi provoqué l'inquiétude à l'étranger.
Elle plonge à nouveau dans l'inconnu ce pays réputé comme un îlot de stabilité en Afrique, mais qui a connu depuis 2021 différents épisodes de troubles meurtriers.
Plusieurs candidats de l'opposition ont annoncé dimanche à la presse et sur les réseaux sociaux qu'ils vont passer outre la décision du président Sall et maintenir le lancement dimanche de leur campagne électorale.
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« Nous rejetons systématiquement le décret (reportant la présidentielle). Nous donnons rendez-vous ce dimanche à tous les Sénégalais pour une marche » à Dakar, a déclaré Cheikh Tidiane Youm, un porte-parole du camp de l'opposition sur la radio privée RFM.
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L'ancienne Première ministre Aminata Touré a fustigé sur les réseaux sociaux une « régression démocratique sans précédent » et appelé « les démocrates et les citoyens (à) se mobiliser pour défendre nos acquis démocratiques ».
Les Etats-Unis sont « profondément préoccupés » par l'annonce du président Sall, a fait savoir samedi le département d'Etat sur le réseau social X.
(Avec AFP)
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