Russie et Iran renforcent leur coopération dans l'énergie

C'est un exemple supplémentaire du remodelage de la géopolitique de l'énergie depuis le début de la guerre en Ukraine. La Russie et l'Iran, deux pays sous le coup de sanctions occidentales, veulent coopérer sur les questions énergétiques. « La coopération à long terme entre l'Iran et la Russie est très profitable aux deux pays (...). Il y a des accords et des contrats entre les deux pays, y compris dans les secteurs du pétrole et du gaz, qui doivent être poursuivis et mis en œuvre totalement », insiste dans un communiqué du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.
Ali Khamenei, guide suprême iranien.
Ali Khamenei, guide suprême iranien. (Crédits : © Caren Firouz / Reuters)

En visite à Téhéran pour des discussions avec ses homologues iranien et turc sur le conflit en Syrie, mais aussi sur la guerre en Ukraine, Vladimir Poutine et le  guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei se sont engagés à renforcer leur coopération sur le long terme notamment dans le secteur du gaz et du pétrole.

« La coopération à long terme entre l'Iran et la Russie est très profitable aux deux pays (...). Il y a des accords et des contrats entre les deux pays, y compris dans les secteurs du pétrole et du gaz, qui doivent être poursuivis et mis en œuvre totalement », rapporte un communiqué du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Sans doute une réponse à Joe Biden qui, samedi, en Arabie Saoudite affirmait devant un parterre de dirigeants arabes que son pays « ne se détournerait pas » du Moyen-Orient en laissant « un vide que pourraient remplir la Chine, la Russie ou l'Iran ». Des propos immédiatement condamnés par Téhéran, qui accuse Washington d'attiser les tensions dans la région.

Le sensible dossier du nucléaire iranien

Par ailleurs, des discussions entre Russes et Iraniens pourraient porter sur le dossier du nucléaire iranien. La Russie participe aux pourparlers entamés il y a plus d'un an entre l'Iran et les grandes puissances pour relancer l'accord international de 2015 sur le programme nucléaire iranien, ce qui permettrait la levée des sanctions contre la République islamique en échange de restrictions sur ses activités nucléaires. Ces discussions sont au point mort depuis mars.

Jeudi, lors de son déplacement en Israël, Joe Biden signait avec le premier ministre israélien, Yaïr Lapid, un pacte de sécurité engageant les États-Unis à ne jamais permettre à l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire.

La Turquie attend de la Russie et de l'Iran du « soutien » contre le terrorisme

Les chefs d'État ont également abordé la question du terrorisme et de la guerre en Syrie. Le président turc attend de la Russie et de l'Iran « leur soutien » dans la lutte contre le terrorisme. Il cite les principaux mouvements kurdes opérant dans le nord-est de la Syrie, à la frontière turque. M. Khamenei a réitéré l'opposition de son pays à une éventuelle opération militaire turque en Syrie, la jugeant « préjudiciable » pour la région.

Le guide suprême a promis à M. Erdoğan que l'Iran « coopérerait » avec la Turquie dans sa « lutte contre le terrorisme », tout en soulignant que « les terroristes ne se limitent pas à un groupe en particulier ». La Turquie cherche à créer une « zone de sécurité » de 30 kilomètres à la frontière avec la Syrie et espère obtenir le feu vert de l'Iran et de la Russie pour une nouvelle intervention armée dans le nord-ouest du pays.

Ce sommet tripartite est aussi l'occasion pour M. Erdoğan de se réunir avec M. Poutine pour la première fois depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. La Turquie, membre de l'OTAN, a essayé de maintenir le contact avec les deux pays, proposant sa médiation à plusieurs reprises.