Biden accuse Poutine d’être responsable de la mort de Navalny
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Alexei navalny lors d'une audience au tribunal de district de basmanny a moscou
YULIA MOROZOVA
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Alexei navalny lors d'une audience au tribunal de district de basmanny a moscou
YULIA MOROZOVA
Le 16 février 2024, dans le centre pénitentiaire N°3, le prisonnier
NavalnyA.A. s'est senti mal après une promenade et a presque immédiatement perdu connaissance
», ont indiqué les services pénitentiaires (FSIN) de la région arctique de Iamal dans un communiqué.« Les médecins arrivés sur place ont poursuivi les opérations de réanimation qu'avaient déjà menées les médecins de la prison. Ils les ont poursuivies plus de 30 minutes. Cependant le patient est décédé », a indiqué un hopital public de la ville de Labytnangui, situé à proximité de la colonie pénitentiaire.
Elle a lancé « un appel » pour que Vladimir Poutine soit tenu « personnellement responsable de toutes les atrocités commises ».
Depuis l'annonce de la mort de Navalny, les hommages se sont multipliés. Plusieurs responsables occidentaux ont immédiatement pointé du doigt la responsabilité de Moscou. Le Kremlin a assuré vendredi que les accusations et critiques occidentales envers Moscou après la mort en prison du principal opposant russe étaient « absolument inacceptables », tout en assurant ne pas savoir dans l'immédiat la cause du décès.
Joe Biden s'est notamment dit vendredi « scandalisé » par la mort de l'opposant russe, une « voix puissante pour la vérité », et a affirmé que le président russe Vladimir « Poutine était responsable ».« Nous ne savons pas exactement ce qui s'est passé », a toutefois précisé le président américain lors d'une allocution à la Maison Blanche.
Le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme s'est dit, lui, « indigné » et a appelé à la « fin des persécutions » en Russie, dans un communiqué diffusé vendredi. « Tous ceux qui sont détenus ou ont été condamnés à diverses peines de prison en raison de l'exercice légitime de leurs droits, notamment du droit à la liberté de réunion et d'expression pacifiques, doivent être immédiatement libérés et toutes les charges retenues contre eux doivent être abandonnées », exige encore le communiqué.
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« Si quelqu'un meurt sous la garde de l'Etat on part du principe que l'Etat est responsable - une responsabilité qui ne peut être réfutée que par une enquête impartiale, approfondie et transparente menée par un organisme indépendant », souligne le Haut Commissariat, qui exhorte les autorités russes « à veiller à ce qu'une telle enquête crédible soit menée. »
Incarcéré depuis janvier 2021, l'adversaire numéro 1 du Kremlin
s'était vu infliger en août dernier une énième peine : 19 années pour « extrémisme » à passer dans l'un des établissements les plus rudes du système carcéral russe.Le 26 décembre dernier, sa porte-parole Kira Iarmich avait annoncé avoir « trouvé Navalny ». « Il est dans la colonie pénitentiaire numéro 3 de la localité de Kharp », indiquant qu'il allait « bien » et que son avocat lui avait rendu visite. Le voyage vers son nouveau lieu de détention dans l'Arctique russe et qui a duré 20 jours, était « assez fatigant », avait-il lui-même déclaré sur X (ex-Twitter). « Quoi qu'il en soit, ne vous inquiétez pas pour moi. Je vais bien. Je suis soulagé d'être enfin arrivé », avait-il ajouté.
l avait survécu de justesse en 2020 à un empoisonnement à l'agent neurotoxique Novitchok alors qu'il était en campagne électorale en Sibérie. Un acte que ses soutiens et lui avaient attribué au Kremlin. Transféré dans le coma en Allemagne pour y être soigné, il avait choisi de rentrer en Russie après sa convalescence, et avait été aussitôt arrêté. Ce empoisonnement, une grève de la faim et des séjours répétés à l'isolement, l'avaient marqué physiquement.
Ce vendredi, Kira Iarmich a affirmé que les soutiens de celui-ci n'avaient pas été informés de sa mort en prison et a précisé qu'un de leurs avocats se rendait sur place. Le service pénitentiaire « annonce la nouvelle du décès d'Alexeï Navalny dans la colonie pénitentiaire numéro 3. Nous n'en avons pas encore la confirmation. L'avocat d'Alexeï part en avion pour Kharp (localité où se trouve la prison, NDLR). Nous communiquerons dès que nous aurons une information », a-t-elle écrit sur X (ex-Twitter).
Alexeï Navalny « a payé de sa vie sa résistance à un système d'oppression », a réagi le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné ajoutant que « sa mort en colonie pénitentiaire nous rappelle la réalité du régime de Vladimir Poutine » et adressant « à sa famille, ses proches et au peuple russe, ses condoléances » au nom de la France.
Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, a, lui, estimé que « le gouvernement russe » portait « une lourde responsabilité » dans la mort de l'opposant politique de 47 ans, ajoutant être « profondément attristé » par la nouvelle.
De son côté, le président letton, Edgars Rinkevics, a déploré qu'Alexeï Navalny vienne « d'être brutalement assassiné par le Kremlin ». « Quelle que soit votre opinion sur Alexeï Navalny en tant qu'homme politique, il vient d'être brutalement assassiné par le Kremlin. C'est un fait et c'est quelque chose qu'il faut savoir sur la vraie nature du régime actuel de la Russie », a-t-il affirmé sur le réseau social X (ex-twitter).
Le président du Conseil européen, Charles Michel, a, lui aussi, réagi, disant tenir le « régime russe » pour « seul responsable ».
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, s'est dit, de son côté, « profondément bouleversé par la mort d'Alexeï Navalny » et a affirmé que Madrid « (exigeait) que soient éclaircies les circonstances » de ce décès. Il a également souligné que cette mort était « survenue durant son emprisonnement injuste pour raisons politiques » et a présenté ses condoléances à « ses proches » et son « soutien à ceux qui oeuvrent pour la liberté ».
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s'est dit « bouleversé » par la mort de l'opposant russe. « Toutes mes condoléances à sa famille et ses amis, ainsi qu'à tous ceux en Russie qui défendent les valeurs démocratiques et payent pour cela le prix fort », a-t-il déclaré sur le réseau social X (anciennement Twitter).
Volodomyr Zelensky,
il a dit estimer « évident » que « (Alexeï Navalny) a été tué comme des milliers d'autres qui ont été torturés à mort à cause d'une seule personne, [Vladimir] Poutine, qui ne se soucie pas de qui va mourir tant qu'il conserve sa position », lors d'une conférence de presse commune avec le chancelier Olaf Scholz à Berlin, ajoutant que le président russe « devra rendre des comptes pour ses crimes ».À lire également
Le dissident russe, Oleg Orlov, qui est jugé depuis ce vendredi pour avoir dénoncé à plusieurs reprises l'assaut contre l'Ukraine, a fustigé « un crime du régime » de Vladimir Poutine. « C'est une terrible nouvelle, une tragédie pour nous tous », a-t-il déclaré à la sortie de la première audience de son procès à Moscou. Ce vétéran de la défense des droits humains risque jusqu'à cinq années de prison.
(Avec AFP)
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