Sanctions : l'économie russe plus que jamais sous la coupe des oligarques et du Kremlin
Paul Marion
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Vladimir Poutine et l'oligarque russe Vladimir Potanine.
Reuters
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Vladimir Poutine et l'oligarque russe Vladimir Potanine.
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Pourquoi l'économie russe sous sanctions ne « s'effondre »-t-elle pas comme le lui promettaient Bruno Le Maire et les Occidentaux ? La réponse est à trouver du côté des Gazprom et Rosneft, dont les bénéfices remplissent les caisses de l'Etat, mais aussi des Potanine ou Timchenko.
Comme ces illustres oligarques, de nombreuses fortunes russes, plus ou moins clinquantes, reprennent les entreprises abandonnées par les Occidentaux à la suite des sanctions. Ils ne s'en emparent pas à coup d'AK-47 et autres intimidations mafieuses comme dans les années 1990, mais sous le parrainage de l'Etat qui départage les concurrents au rachat des anciennes activités occidentales.
« La différence avec le "Far East" des années 1990, c'est qu'il n'y avait pas d'Etat fort », observe Agathe Demarais, cheffe économiste de l'Economist Intelligence Unit, auteure du livre « Backfire » sur les effets des sanctions. « Aujourd'hui, il y a un Etat fort qui distribue lui-même les parts du gâteau ». A qui ?
« Lorsque des entreprises occidentales partent définitivement de Russie, ce sont surtout des investisseurs privés qui se portent acquéreurs pour le cinquième ou le quart de leur valeur réelle. Les entreprises occidentales essaient de garder le silence sur les conditions de cession, dont on ne sait pas grand chose », détaille l'économiste Jacques Sapir, directeur d'études à l'EHESS et membre de l'Académie des sciences de Russie. « Pour certains d'entre eux, il ne faut même pas parler d'oligarques mais plutôt de milliardaires ou de millionnaires de deuxième ou troisième zone », poursuit-il.
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C'est le cas d'Alexander Govor. Cet entrepreneur sibérien dans la restauration rapide a mis la main sur le réseau d'enseignes McDonald's. Il en a gardé le personnel et les recettes, se contentant d'en changer le nom avant de les rouvrir. De même, l'homme d'affaires Timati (par ailleurs chanteur du titre « Welcome to Saint-Tropez ») a acquis les anciens Starbucks Coffee, renommés Stars Coffee. Ce dernier s'est affiché à plusieurs reprises aux côtés de Vladimir Poutine.
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Paul Marion