Scandale foncier au Japon : Shinzo Abe veut mettre fin au "malentendu"

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Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, et sa femme, Akie Abe, à Tokyo le 28 février 2017.
Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, et sa femme, Akie Abe, à Tokyo le 28 février 2017. (Crédits : Reuters/Issei Kato)
Le gouvernement japonais est accusé d'avoir bradé en 2016 des terrains appartenant à l'Etat pour le compte de Nippon Kaigi, puissant lobby d'extrême droite. Et de l'avoir financé par l'intermédiaire d'Akie Abe, femme du Premier ministre conservateur japonais.

Shinzo Abe, de nouveau dans la tourmente. Après des affaires de corruption à répétition lors de son premier mandat, le Premier ministre japonais avait été contraint de démissionner en 2007. Il s'engage aujourd'hui à faire de même s'il est personnellement impliqué dans ce nouveau scandale foncier. En cause : des liens troubles avec le Nippon Kaigi, puissant lobby nationaliste qui compte 38.000 membres - dont Shinzo Abe et plus d'une dizaine de ministres, souligne France 24.

Un de ses membres, Yasunori Kagoike, aurait bénéficié de l'appui du gouvernement pour l'ouverture d'une école élémentaire avec l'achat de terrains au rabais et reçu un financement de la part d'Akie Abe, femme du Premier ministre. Dans ces établissements scolaires, l'enseignement repose sur les préceptes nationalistes du rescrit impérial, rédigé en 1890 et aboli après la Seconde guerre mondiale.

Achat de terrains à un prix dérisoire

L'an dernier, l'institution scolaire présidée par Yasunori Kagoike a acheté 8.770 mètres carrés pour 134 millions de yens (1,12 million d'euros), soit 14% de son prix évalué. Ce rabais serait dû au coût nécessaire pour nettoyer le site, qui renfermerait des déchets industriels, selon des responsables cités par Reuters. Alors que l'affaire a éclaté début février, Yasunori Kagoike était entendu sous serment jeudi devant le Parlement japonais. Il a estimé que Shinzo Abe n'a pas eu "d'influence directe", rapporte le New York Times. Mais a avancé que le ministère des Finances aurait joué un rôle en coulisse pour faciliter la transaction.

"Je crois que, peut-être, le Premier ministre Abe ou sa femme lisait entre les lignes", a-t-il poursuivi. "Il y avait une sorte de compréhension mutuelle entre nous."

Le nom de Shinzo Abe a notamment été utilisé par l'institution scolaire pour lever des fonds et sa femme nommée directrice honoraire du futur établissement scolaire. Elle a renoncé au poste lorsque l'affaire a été divulguée.

Une enveloppe de 8.300 euros

Yasunori Kagoike a aussi réitéré jeudi ses accusations contre la femme de Shinzo Abe. Lors d'une rencontre en septembre 2015, Akie Abe aurait remis au principal de l'établissement "une enveloppe d'un million de yens (ndlr : environ 8.300 euros), en précisant "c'est de la part de Shinzo Abe"', a assuré Yasunori Kagoike devant le Parlement, rapporte le Financial Times. L'ouverture de l'école, initialement prévue pour avril, a été suspendue.

Le couple au pouvoir nie en bloc les accusations depuis début février. Ce vendredi, Shinzo Abe a rendu public des mails entre sa femme et Yasunori Kagoike "pour mettre fin à tout malentendu". Il assure qu'"aucune transaction d'un million de yens n'est mentionnée dans ces échanges". Alors que l'opposition qui souhaite entendre Akie Abe au Parlement sous serment, Shinzo Abe trouve cette convocation "étrange [...] car elle n'a pas été impliquée dans une affaire criminelle".

A moins d'un an des prochaines élections, Shinzo Abe voit sa cote de popularité chuter à 56% d'opinions favorables selon un sondage publié cette semaine dans la presse japonaise, rapporte le Japan Times. Il a perdu 10 points en un mois, "soit la plus grande chute depuis son retour au pouvoir en décembre 2012 pour son second mandat".

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