La guerre à Gaza a des répercussions inattendues. Pendant que le monde regarde les Israéliens bombarder les Gazaouis en représailles aux attaques du Hamas du 7 octobre, les trafiquants de captagon intensifient leur activité dans le sud-est du désert de la Badiya, à 300 kilomètres de là.
À cheval sur la Syrie, la Jordanie et l'Arabie saoudite, ces steppes rocailleuses et accidentées sont une des routes les plus empruntées pour acheminer cette drogue de synthèse, surnommée la « cocaïne du pauvre ». Produites en Syrie, les pilules entrent en Jordanie à dos d'âne, dans des intestins de mouton, sur des drones ou lors de go fast avec des 4×4 conduits par d'ex-miliciens de la guerre syrienne. Une large partie transite ensuite par le royaume hachémite pour aller inonder les pays du Golfe, en particulier l'Arabie saoudite.
Depuis décembre, Amman multiplie les raids militaires le long de sa frontière avec la Syrie, éliminant et arrêtant des trafiquants, saisissant drogue et armes. Début janvier, des combats contre des dizaines de narcotrafiquants ont duré plusieurs heures dans la Badiya. Le 18 janvier, une frappe aérienne a visé deux maisons et un entrepôt dans des villages de la province de Sweïda, dans le sud de la Syrie. Au moins neuf civils sont morts, dont des enfants et des femmes. L'attaque n'a pas été revendiquée, mais ce ne serait pas la première fois qu'Amman vise directement en territoire syrien des ateliers de production ou des barons de la drogue.