La Chine est le « plus grand perturbateur » de la paix : le ton monte entre Pékin et Manille
latribune.fr
« La Chine est le plus grand perturbateur de la paix internationale dans la région de l'Asean », a déclaré ce mardi le ministre philippin de la Défense Gilberto Teodoroe.
Lundi, un nouvel incident entre des navires battant pavillon chinois et philippin a eu lieu. Japon a pour sa part condamné l'incursion d'un avion militaire chinois la veille dans son espace aérien.
Pékin enchaîne les incidents avec des alliés clés des États-Unis ces derniers jours. « La Chine est le plus grand perturbateur de la paix internationale dans la région de l'Asean » (Association des nations de l'Asie du Sud-Est, ndlr), a asséné ce mardi le ministre philippin de la Défense, Gilberto Teodoroe, au lendemain d'un nouvel incident entre des navires battant pavillon chinois et philippin.
Quatre incidents en mer ont éclaté en une semaine. Le dernier d'entre eux, survenu lundi, a poussé la Chine à prendre des « mesures de contrôle », a-t-elle annoncé. Pékin a dénoncé un accrochage avec deux « navires des garde-côtes » philippins entrés « illégalement dans les eaux proches du récif de Xianbin dans les îles Nansha », employant les noms chinois de l'atoll disputé de Sabina et des îles Spratleys.
Dimanche, Manille, lié aux États-Unis par un traité de défense mutuelle, avait déjà accusé des navires chinois d'avoir percuté un bateau de pêche philippin et fait usage de canons à eau à son encontre près de l'atoll disputé de Sabina. Pékin revendique une grande partie des îles et récifs de cette mer, y compris des eaux et des îles proches des côtes de plusieurs pays voisins, et ignore la décision d'un tribunal international en 2016, selon laquelle ses revendications ne reposent sur aucune base juridique.
Le Japon dénonce« une violation grave »de sa souveraineté
Ce mardi, le pays du Soleil Levant, signataire d'un traité de sécurité avec les États-Unis, a pour sa part condamné l'incursion lundi d'un avion militaire chinois dans son espace aérien, dénonçant « une violation grave » de sa souveraineté.
« La violation de notre espace aérien par un avion militaire chinois est non seulement une violation grave de notre souveraineté, mais aussi une menace pour notre sécurité et est totalement inacceptable », a affirmé le porte-parole du gouvernement Yoshimasa Hayashi, au lendemain de l'incident survenu en mer de Chine orientale.
« Nous comprenons qu'il s'agit de la première incursion confirmée et annoncée d'un avion militaire chinois dans notre espace aérien depuis que nous avons mis en place des mesures de lutte, contre ces incursions, a-t-il ajouté, lors d'un point presse régulier. Nous nous abstenons de donner une réponse précise quant à l'objectif de l'action de l'avion chinois. Toutefois, les activités militaires récentes de la Chine à proximité du Japon ont tendance à s'étendre et à devenir de plus en plus actives ».
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« Le gouvernement continuera à suivre de près les activités militaires de la Chine et prendra toutes les mesures possibles pour assurer une surveillance vigilante », a encore déclaré le porte-parole du gouvernement nippon.
Quelques heures plus tard, la Chine a réagi en indiquant « vérifier » les faits reprochés à son aéronef. « Les autorités compétentes chinoises sont en train de se renseigner et de vérifier », a déclaré Lin Jian, un porte-parole de la diplomatie chinoise interrogé sur le sujet. « Les deux parties maintiennent la communication par les canaux de travail existants. Je tiens également à souligner que la Chine n'a aucunement l'intention d'envahir l'espace aérien d'un quelconque pays », a-t-il ajouté.
Un conseiller de Joe Biden arrivé en Chine
Dans ce contexte de tensions avec des alliés clés de Washington en Asie, un proche conseiller du président américain Joe Biden, Jake Sullivan, est arrivé ce mardi à Pékin pour une rare visite, au moment où Chine et États-Unis tentent de maintenir un dialogue malgré leurs différends. Ce déplacement, qui doit durer jusqu'à jeudi, est le premier depuis 2016 pour un conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, un poste important au sein de l'exécutif américain.
Son avion a atterri à Pékin peu avant 14 heures locales (8 heures en France), selon des images en direct de médias accrédités. Il a été accueilli à son arrivée par l'ambassadeur américain en Chine, Nicholas Burns. Jake Sullivan doit notamment s'entretenir avec Wang Yi, le chef de la diplomatie chinoise.
Différends commerciaux
Les relations bilatérales restent tendues, avec pour pierres d'achoppement les différends commerciaux, l'expansion chinoise en mer de Chine méridionale et la question de Taïwan. La Chine revendique cette île gouvernée par un système démocratique comme faisant partie de son territoire et a multiplié les intimidations à son encontre ces dernières années.
Les États-Unis vont « faire part de leur préoccupation concernant les pressions militaires, diplomatiques, et économiques accrues de la Chine envers Taïwan », selon une responsable américaine. « Ces actes sont déstabilisateurs, risquent de provoquer une escalade », a-t-elle souligné auprès de la presse. La Chine « exprimera (ses) sérieuses inquiétudes, clarifiera sa ferme position et formulera des exigences fortes à propos de Taïwan », a de son côté mis en garde la télévision d'État chinoise.
La situation au Moyen-Orient figurera également à l'ordre du jour. La Chine critique régulièrement le soutien des États-Unis envers Israël, tandis que Washington presse Pékin d'utiliser ses relations avec l'Iran pour appeler Téhéran à la retenue.