Trump menace de frapper 52 sites en Iran, la tension continue de monter

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(Crédits : TOM BRENNER)
Les Etats-Unis ont sélectionné 52 sites en Iran et les frapperont "très rapidement et très durement" si la République islamique attaque du personnel ou des sites américains, a averti samedi 4 janvier le président Donald Trump.

Certains de ces sites iraniens "sont de très haut niveau et très importants pour l'Iran et pour la culture iranienne", a souligné M. Trump sur Twitter. Si l'Iran se livre à des représailles anti-américaines comme il a menacé de le faire, "ces objectifs et l'Iran lui-même SERONT FRAPPES TRES RAPIDEMENT ET TRES DUREMENT", a prévenu M. Trump. "Les Etats-Unis ne veulent plus de menaces!"

L'Iran a promis de venger la mort du puissant général iranien Qassem Soleimani, tué vendredi par une frappe aérienne américaine à Bagdad.

M. Trump a souligné que le chiffre de 52 sites iraniens correspondait de manière symbolique au nombre des Américains qui avaient été retenus en otages pendant plus d'un an à partir de la fin de 1979 à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran. Le président américain a réitéré peu après dans deux nouveaux tweets sa menace à l'adresse des dirigeants iraniens.

"S'ils attaquent encore, ce que je leur conseille fortement de ne pas faire, nous les frapperons plus fort qu'ils n'ont jamais été frappés auparavant!", a écrit M. Trump. En cas d'attaque iranienne contre leurs intérêts, les forces américaines "utiliseront leur bel équipement tout neuf", et cela "sans hésitation", a insisté le président.

"Un crime de guerre" selon la députée démocrate AOC

Une parlementaire démocrate américaine, Alexandria Ocasio-Cortez, a qualifié Donald Trump de "monstre" en l'accusant de "menacer de viser et de tuer des familles, des femmes et des enfants innocents". "C'est un crime de guerre", a-t-elle dénoncé dans un tweet.

This is a war crime.

Threatening to target and kill innocent families, women and children - which is what you're doing by targeting cultural sites - does not make you a "tough guy."

It does not make you "strategic."
It makes you a monster. https://t.co/IjkNO8BD07

— Alexandria Ocasio-Cortez (@AOC) January 5, 2020

Les factions pro-Iran en Irak ont fait monter samedi la pression sur les bases abritant des soldats américains à l'issue d'une journée de défilés monstres pour rendre hommage au général Soleimani.

Dans la soirée a commencé ce qui pourrait être le début de l'escalade évoquée depuis la frappe qui a tué le général Soleimani, chef de la Force Al-Qods, chargée des opérations extérieures de l'Iran, et Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, coalition de combattants pro-Iran désormais intégrés aux forces de sécurité irakiennes.

Des roquettes et des obus de mortier se sont abattus sans faire de victimes dans la Zone verte de Bagdad, où se trouve l'ambassade américaine, et sur une base militaire plus au nord, où sont déployés des soldats américains.

Un consensus rare contre les Etats-Unis

"Les Etats-Unis attaquent directement un général iranien et des groupes combattent désormais ouvertement au service de l'Iran pour venger ce général: ce n'est plus une guerre par procuration, c'est une guerre directe", a déclaré à l'AFP Erica Gaston, chercheuse à la New America Foundation.

Après les attaques de samedi soir, les Brigades du Hezbollah, la faction la plus radicale du Hachd, ont appelé les forces de sécurité irakiennes à s'éloigner "d'au moins 1.000 mètres" des sites où sont présents des soldats américains à partir de dimanche à 17h00 (14h00 GMT).

Le Parlement irakien doit tenir dimanche une séance extraordinaire au cours de laquelle il pourrait voter l'expulsion des 5.200 militaires américains déployés en Irak.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a durement critiqué l'appel lancé par les Brigades du Hezbollah.

" Les voyous disent aux forces de sécurité irakiennes d'abandonner leur devoir de protéger (l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad) et d'autres endroits où des Américains travaillent côte à côte avec les courageux Irakiens", a tweeté le chef de la diplomatie américaine. Mais "le peuple irakien veut se libérer du joug iranien", a écrit M. Pompeo

L'Otan a suspendu ses opérations en Irak, et la coalition antijihadistes conduite par les Etats-Unis les a réduites tout en renforçant la sécurité des bases où sont déployés les Américains. Washington a déjà annoncé le déploiement de 3.000 à 3.500 soldats supplémentaires dans la région.

Samedi, les appels à la vengeance ont fusé au milieu des drapeaux américains en feu et des cris de "Mort à l'Amérique" dans des défilés de dizaines de milliers d'Iraniens en pleurs à Téhéran, ou d'Irakiens en noir et se frappant la poitrine en signe de deuil à Bagdad ainsi qu'à Kerbala et Najaf, deux villes saintes au sud de la capitale.

En présence du Premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi et de commandants du Hachd, ils ont accompagné dans la Zone verte ultrasécurisée les cercueils des dix hommes tués vendredi par un drone américain près de l'aéroport de Bagdad.

L'assassinat de Soleimani a créé un consensus rare contre les Etats-Unis dans un Irak secoué depuis des mois par une révolte contre le pouvoir et la mainmise de l'Iran.

Moscou et Paris ont appelé à ne pas "aggraver la situation"

Parce que Washington a "violé la souveraineté de l'Irak", le Hachd a appelé ses combattants à se "tenir prêts", et le leader chiite irakien Moqtada Sadr a réactivé sa milice dissoute après avoir harcelé l'occupant américain en Irak (2003-2011).

Depuis l'assassinat de Soleimani, la communauté internationale redoute la déflagration. Moscou et Paris ont appelé à ne pas "aggraver sérieusement la situation" au Moyen-Orient.

Justifiant l'ordre de tuer Soleimani, Donald Trump a assuré que le général iranien préparait des attaques "imminentes" contre des diplomates et des militaires américains.

L'ambassadeur iranien à l'ONU, Majid Takht Ravanchi, a dénoncé un "acte de guerre" appelant une réponse "militaire".

Mouhandis et les quatre autres Irakiens tués ont été enterrés dans la soirée à Najaf, dans le plus grand cimetière chiite du monde.

En Iran, une marée humaine a envahi dimanche matin les rues d'Ahvaz pour rendre hommage au général Soleimani, selon les images en direct de la télévision d'Etat. Le corps de l'officier est arrivé avant l'aube à l'aéroport de cette ville du sud-ouest de l'Iran.

L'assassinat du général Soleimani a été ordonné deux jours après l'attaque de l'ambassade américaine lors du cortège funéraire de 25 combattants des brigades du Hezbollah tués dans un autre bombardement américain.

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Commentaires
a écrit le 07/01/2020 à 4:08 :
Mètre un bon pétard en iran pour en finir
a écrit le 06/01/2020 à 15:58 :
1000 000 de sites pour 1000 000 de morts en Iraq???
a écrit le 05/01/2020 à 21:55 :
Il faut savoir que tout a commencé avec la guerre Irak Iran, laquelle a duré 8 ans de 1980 à 1988. Saddam Hussein qui était au pouvoir en Irak était musulman sunnite tandis que l'Iran est un pays musulman chiite. Une forte rivalité a toujours existé entre les chiites et les sunnites. Les sunnites reconnaissent comme prophète Mahomet tandis que les chiites reconnaissent le prophète Ali (qui était le gendre du prophète Mahomet). L'Iran venait de connaitre une révolution islamique en 1979 et l'arrivée au pouvoir de l'Ayatollah Khomeini. L'Irak est composé de 60% de chiites pour 40% de chiites. Sous Saddam Hussein, le pouvoir était entre les mains des sunnites. L'Irak a toujours été un adversaire de taille pour l'Iran.
Puis, il y a eu les 2 guerres du Golfe et la mort de Saddam Hussein en 2003. La chute du pouvoir irakien à obédience sunnite a laissé le champ libre aux chiites majoritaires dans le pays. Enfin, le départ des troupes américaines vers 2009 a permis la naissance de l'Etat Islamique. Depuis, l'Iran chiite n' a eu de cesse de tisser sa toile en Irak à majorité chiite. En faisant tomber le régime irakien, les USA ont permis d'un côté l'émergence de l'EI et de l'autre le renforcement de la présence chiite et donc iranienne en Irak. Il n'y a pas de fumée sans. Ceci est mon analyse de la crise actuelle.
Réponse de le 06/01/2020 à 12:27 :
et si tout a commencé avec le coup d'état en 1953, qui a supprimé une jeune démocratie pour remettre le Shah?
Ou encore avant, le 18/02/1944 quand Roosevelt a dit au ambassadeur anglais Lord Halifax: Le pétrole iranien est à vous. Le pétrole Irakien et koweïtien nous le partageons. Le pétrole Saoudien est à nous.
Histoire est le mensonge des gagnants qui l’interprètent et diffusent à leur avantage!
a écrit le 05/01/2020 à 21:45 :
Les pays de langue arabe ont intérêt à se tenir à distance de la Turquie et de la Perse (Iran). Ces deux dernier pays ont un passé impérialiste impressionnant. La guerre froide repose sur la dissuasion et les menaces, et la certitudes que la guerre chaude serait catastrophique. Les US jouent ainsi le role de bouclier comme ils l'ont joué pour l'Allemagne en 1945 jusqu'à la réunification.
a écrit le 05/01/2020 à 20:40 :
C'est l'escalade de la haine ou de l'esbrouffe ??
Ce général créateur et animateur de milices en Syrie contre les rebelles du régime de Bachar el Assad, en Iran contre les Kurdes, dernièrement en Irak contre des civils et des opposants au régime pro iranien... avait certainement bcp de sang innocent sur les mains, à l'image de ces milices qui ont illustré de leur faits d'armes tt le 20eme siècle ( la milice française ss l'occupation, le sinistre NKVD ss Staline, les escadrons de la mort de l'Espagne franquiste et de l'organisation Condor en Amérique du Sud, les Einsatzgruppen de Himler sur le front russe...).
a écrit le 05/01/2020 à 18:43 :
Le Moyen Orient est en recomposition ou en nouvelle décomposition, au choix, avec la présidence Trump. Les forces tant bien que mal contenues se déchaînent, les perdants d'hier seront peut-être les maîtres de demain.
Les pays occidentaux n'ont plus rien à apporter; il faut laisser faire les forces en présence. Ces pays ne veulent plus d'occidentaux sur leur territoire; il faut leur donner satisfaction.
En contre partie, ils ne doivent plus rien attendre et recevoir financièrement et économiquement des anciens coloniaux ou néo-colonialistes, on ne fait pas la charité, c'est un manque de respect.
Seul les échanges économiques et commerciaux loyaux doivent être le lien avec eux, ils ont le pétrole pour se défendre, ça n'est déjà pas mal.
Leurs régimes non démocratiques, leurs religions, leurs culture ne nous regardent pas au plan étatique, nous n'avons rien à leur apprendre et eux n'ont rien à nous imposer sur notre sol.
Le droit d'asile ne peut concerner pour les ressortissants de ces pays que des cas individuels en strict appréciation de leur situation individuelle au regard de valeurs humaines des pays d'accueil.
Et peut-être la paix est au bout....
a écrit le 05/01/2020 à 17:42 :
Rappelons nous des attentats commis sur notre sol avec beaucoup de victimes commandités par l'Iran sans aucune réponse de notre part . Sauf faire le siège de leur ambassade pendant plusieurs mois . L'OTAN devrait se consulter au plus haut niveau pour les stratégies à suivre si les Etats Unis venaient à être en difficulté car ils ont déjà fait beaucoup pour notre sécurité quoi qu'en disent de mauvaises langues ( tout le temps les mêmes) .
Réponse de le 05/01/2020 à 18:58 :
Quitte à chercher loin, remontez à l'accueil de Khomeini par la France.
Puis à l'agression de l'Irak en 2003 sans mandat de l'ONU.
Au "régime change" avorté en Syrie.
Et enfin à la sortie de l'accord nucléaire et aux sanctions contre l'Iran.
Vous pourrez alors juger avec la perspective historique.
Voila pour le fond. Pour la forme les 52 cibles, sans doute suggéré par les pro du marketing politique, et d'une bêtise crasse qui fédère Iranien et Irakien à un moment ou de graves dissension fragilisaient ces pays.
a écrit le 05/01/2020 à 17:18 :
Trump était en bonne voie pour détruire l'Iran...il vient de tout ruiner. Le Monde musulman en dépit de ses divergences est en train de se ressouder contre l'Amérique de Trump. Un nouveau Viet Nam, en dépit de la technologie. Occuper le terrain, une gageure boiur les soldats bUS.
a écrit le 05/01/2020 à 14:23 :
soleimani était un criminel qui terrorisait tout le moyen orient il était temps qu"il soit éliminé
a écrit le 05/01/2020 à 13:29 :
Le témoignage en temps réel d'une jeune iranienne vous en dit beaucoup plus que ce que les médias déconnectés vous racontent. Women-elife un webmagazine féminin qui regarde les réalités en afce et donne de la voix vous en dit plus.
a écrit le 05/01/2020 à 12:27 :
Et que fait-il pour la paix. L'Iran est un peuple Perse souvent occidentalisé qui souffre de cette théocratie après la dictature de l'autre, va -t-il encore connaitre une guerre ?
a écrit le 05/01/2020 à 12:14 :
La première armée du monde s'est dotée de moyens technologiques ultras modernes et peut dorénavant frapper très vite, très précisément, très fort, mais le problème de l'Iran contesté autant à l'internationale qu'en interne c'est qu'il n'a pas beaucoup de choix si il veut conserver son vieux régime obsolète.
a écrit le 05/01/2020 à 11:58 :
Docteur Folamour élu par le peuple. Vive le suffrage universel !
a écrit le 05/01/2020 à 11:27 :
....
le Satan occidental !....est-ce usurpé ,
a écrit le 05/01/2020 à 10:30 :
la finance est devenue folle pour une personne qui n'a pas de parole
a écrit le 05/01/2020 à 10:14 :
"sont de très haut niveau et très importants pour l'Iran et pour la culture iranienne".

Trump et ses équipes ont-ils l'intention de détruire la patrimoine culturel iranien ?
Ce type de destruction, évidemment inutile sur le plan militaire ou économique, est l'apanage des terroristes et des barbares.
Réponse de le 05/01/2020 à 18:58 :
c'est inutile, mais ça rentre dans la catégorie des crimes de guerre.

Sauf que, les USA n'ont sciemment pas ratifié les accords qui permettraient de poursuivre les auteurs américains de ces crimes.

Les auteurs des crimes d'Abu Graib, de Guantanamo et leurs supérieurs n'ont jamais été inquiétés sur le plan international.
Il y a eu des simulacres de justice aux USA mais les donneurs d'ordre courent toujours et la plupart sont toujours en poste, ou en retraite.

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