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Ukraine : la centrale nucléaire de Zaporijjia brièvement coupée du réseau électrique

latribune.fr

Publié le 22 mai 2023 à 05:53 - Mis à jour le 22 mai 2023 à 10:59

Photo de la centrale nucleaire de zaporijjia

La centrale nucléaire de Zaporijjia, contrôlée par l'armée russe depuis mars 2022, est située au bord du fleuve Dniepr, qui dans cette zone sépare les deux camps.

ALEXANDER ERMOCHENKO

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Contrôlant la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, l'administration d'occupation russe a annoncé que le site était, une fois encore, coupé du réseau électrique. Les autorités ukrainiennes ont annoncé qu'il était à nouveau relié ce lundi midi. Au début du mois de mai, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait alerté sur le risque d'un accident nucléaire, jugeant la situation dans la zone proche de la centrale imprévisible et dangereuse.

[Article publié le lundi 22 mai 2023 à 07h53 et mis à jour à 12h58] Le risque d'accident nucléaire est-il accru ? La centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine, occupée par la Russie, était, selon les autorités ukrainiennes, de nouveau reliée au réseau électrique lundi midi, après une coupure entraînée par des frappes nocturnes russes. Ukrenergo « a rétabli l'alimentation de la centrale nucléaire à partir du système électrique ukrainien », a déclaré l'opérateur publique ukrainien dans un nouveau communiqué publié sur Telegram.

Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, avait réagi en affirmant que la sécurité nucléaire du site était « extrêmement vulnérable ». « Nous devons nous entendre maintenant pour protéger la centrale, cette situation ne peut continuer », a-t-il lancé, sur Twitter.

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Dans un communiqué, l'opérateur ukrainien Energoatom a affirmé plus tôt dans la journée que cette coupure avait été causée par une « attaque » nocturne des forces russes ayant coupé la liaison avec la dernière ligne électrique à haute tension reliant la centrale au réseau ukrainien. Une nouvelle attaque aérienne a été signalée dans la nuit dans la région de Dnipro, selon le gouverneur local, qui a affirmé que quatre missiles et 15 drones russes avaient été abattus, et au moins huit civils blessés.

Septième coupure depuis le début de l'occupation russe

« En raison de la coupure d'une ligne à haute tension (...) la centrale a perdu son alimentation extérieure en électricité », a indiqué sur Telegram l'administration russe. Cette dernière ajoute que les causes de la coupure de cette ligne électrique étaient en train d'être établies. Elle a précisé que les générateurs diesel de secours du site avaient été enclenchés pour assurer son fonctionnement. « Le niveau de radiation à la centrale (...) est dans les normes », a ajouté l'administration, qui est liée au groupe public russe Rosatom.

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Ces générateurs ont normalement du carburant pour fonctionner dix jours, selon Energoatom. « S'il est impossible de rétablir l'alimentation extérieure pendant cette période, un accident avec des conséquences radioactives pour la planète entière pourrait avoir lieu », a averti lundi Energoatom. Il s'agit officiellement de la septième fois que cet immense complexe nucléaire est coupé du réseau électrique depuis sa prise par l'armée russe, le 4 mars 2022. La précédente coupure, début mars, avait été causée par une vague d'attaque de missiles russes, selon l'opérateur public ukrainien. L'alimentation extérieure avait été rétablie après quelques heures.

Le 6 mai dernier, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait alerté sur le risque d'un « grave accident nucléaire » à la centrale de Zaporijjia, en pleine évacuation d'une ville voisine où vivent la plupart des employés, et sur la situation « potentiellement dangereuse » autour du site.

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Une situation« dangereuse »pour l'AIEA

Les effectifs de Zaporijjia ont graduellement diminué depuis le début du conflit, détaille le communiqué de l'AIEA, et la gestion du site est assurée par un nombre d'employés suffisant pour assurer la sécurité du site, selon les autorités russes. La centrale nucléaire de Zaporijjia, contrôlée par l'armée russe depuis mars 2022, est située au bord du fleuve Dniepr, qui dans cette zone sépare les deux camps.

«La situation dans la zone proche de la centrale nucléaire de Zaporijjia devient de plus en plus imprévisible et potentiellement dangereuse», avait averti le chef de l'Agence, Rafael Grossi, cité dans un communiqué de l'AIEA.

Lire aussiDéchets nucléaires : « Nous devons transmettre la connaissance sur 500 ans minimum » (Florence Poidevin, responsable Mémoire à l'Andra)

Cette centrale, la plus grande d'Europe, a été visée à plusieurs reprises par des tirs depuis le début du conflit, faisant craindre une catastrophe. Les experts de l'Agence, qui se trouvent sur place, continuaient alors à entendre le bruit de bombardements dans la zone. Ils surveillent de près la situation pour « détecter tout impact potentiel sur la sûreté et la sécurité nucléaires », avait précisé Rafael Grossi.

«Cette grande installation nucléaire doit être protégée. Je continuerai à faire pression pour que toutes les parties s'engagent à atteindre cet objectif vital, et l'AIEA continuera à faire tout ce qui est en son pouvoir pour contribuer à garantir la sûreté et la sécurité nucléaires de la centrale», avait-il martelé.

Pas d'évacuation de la centrale pour l'instant

Le 5 mai, le responsable régional installé par Moscou, Evguéni Balitski, avait annoncé une évacuation partielle de 18 localités sous occupation russe dans la région de Zaporijjia, notamment à Energodar. Ces évacuations, « temporaires », selon Evguéni Balitski, concernaient en priorité les enfants avec leurs parents, les personnes âgées et handicapées, et les patients des hôpitaux face à la multiplication, selon lui, de bombardements ukrainiens.

Mais celle-ci avait suscité des inquiétudes. Ivan Fedorov, maire de Melitopol, avait dénoncé sur Telegram une « évacuation » trop rapide. D'énormes files d'attente s'étaient formées au poste de contrôle de Chongar, sur la route menant de Melitopol à la Crimée, avait-il rapporté. Idem à Tokmak, où les files d'attente s'allongeaient pour acheter du pain, tandis que la plupart des stations-services n'avaient plus d'essence.

Au total, les autorités russes avaient prévu d'évacuer environ 70.000 personnes de localités de la région de Zaporijjia sous leur occupation, selon un autre responsable de l'administration d'occupation, Andreï Kozenko, cité par l'agence TASS. Mais une évacuation des employés de la centrale nucléaire, dont les six réacteurs sont à l'arrêt, n'était pour l'heure pas prévue, avait indiqué Iouri Tchernitchouk, directeur du site nommé par les autorités russes.

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Mi-avril, Rafael Grossi de l'AIEA avait déjà averti que l'on était « en sursis » concernant la « sûreté » de la centrale. Et bien que les réacteurs ne soient pas opérationnels, une ligne électrique de secours dont ils dépendent est encore en fonctionnement, ce qui constitue « un risque majeur » selon la même source. Cette ligne a été endommagée le 1er mars et n'était toujours pas réparée mi-avril, avait déploré l'AIEA.

(Avec AFP)

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