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Le nucléaire français doit recruter et former 100.000 personnes dans les dix ans

latribune.fr

Publié le 21 avril 2023 à 06:25 - Mis à jour le 21 avril 2023 à 06:35

EPR Flamanville, EDF, nucléaire

La filière devra compter sur « 60.000 recrutements équivalents temps plein » dans ses métiers cœur, dont la « moitié pour répondre au renouvellement des départs en retraite ou vers d'autres secteurs économiques ».

Reuters

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Pour mener à bien tous les chantiers à venir, la filière nucléaire doit recruter 100.000 personnes, selon une note remise vendredi au gouvernement par les industriels du secteur.

Ingénieurs, chaudronniers et soudeurs... La filière du nucléaire cherche des têtes et des bras. Environ 100.000 selon les industriels du secteur. Avec au moins 6 réacteurs pressurisés européens (EPR) à construire et des centrales à prolonger, l'industrie nucléaire - qui a fourni plus de 60% de l'électricité en France en 2022 - est confrontée à d'immenses défis, industriels et donc humains.

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Comment la filière nucléaire compte recruter au pas de course des dizaines de milliers de travailleurs

«L'un des programmes industriels les plus importants depuis les années 1990»

Annoncée en février 2022 par Emmanuel Macron après des années d'atermoiements, la relance du nucléaire en France s'annonce comme « l'un des programmes industriels les plus importants pour notre pays depuis les années 1990 », souligne le syndicat professionnel de l'industrie nucléaire Gifen, dans son rapport baptisé « Match ». Cette étude doit être remise ce vendredi à la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher et à son homologue de l'Industrie Roland Lescure, au Tricastin, une des places fortes du nucléaire français, qui abrite notamment un site d'enrichissement de l'uranium pour la France et l'Europe opéré par Orano (ex-Areva).

Un secteur en jachère depuis des années

Il va donc falloir recruter et former massivement, alors que la filière manque de bras et que la France n'a plus construit de réacteurs depuis 2002, laissant le secteur en jachère pendant des années. Premier constat, le volume de travail nécessaire va croître de 25% sur les 10 prochaines années, dans une vingtaine de segments d'activité opérationnelle.  Ce périmètre couvre notamment la maintenance du parc nucléaire existant et la construction des 6 premiers EPR, les activités de l'uranium et de la gestion des déchets, le démantèlement des anciens réacteurs, ainsi que la part revenant à la France de la construction d'EPR d'EDF en Grande-Bretagne et en Inde.

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Une filière qui compte 220.000 emplois

Afin de mener ces chantiers à bien, le rapport vient confirmer un chiffre déjà évoqué ces derniers mois : « le besoin prévisible » avoisine 100.000 recrutements sur 10 ans, pour l'ensemble de la filière qui compte 220.000 emplois, comprenant les métiers « cœur » des exploitants et leurs premiers fournisseurs, mais aussi les fournisseurs de 2e rang et les fonctions supports (RH, management, commercial). Dans le détail, la filière devra compter sur « 60.000 recrutements équivalents temps plein » dans ses métiers cœur, dont la « moitié pour répondre au renouvellement des départs en retraite ou vers d'autres secteurs économiques », précise le rapport, qui s'appuie sur les remontées d'une centaine d'entreprises.

Pour attitrer les candidats, en ces temps d'urgence climatique, un argument de poids : : le nucléaire émet très peu de dioxyde de carbone. « C'est excitant pour les jeunes que ce soit une énergie bas carbone ! », juge dans La Tribune Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d'énergie nucléaire (Sfen), le syndicat de promotion de l'atome civil.

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Les fournisseurs devront recruter 2,5 fois plus que de salariés qui partent sur les dix ans

« Le gros de l'effort sur cette croissance de l'emploi » portera en particulier sur les fournisseurs, et ce alors « qu'ils ne bénéficient pas toujours de la même attractivité que les grands groupes », a souligné Olivier Bard, délégué général du Gifen lors d'une présentation à quelques journalistes. « Il va falloir recruter 2,5 fois plus que de gens qui partent sur les dix ans pour les fournisseurs », a-t-il estimé.

Au total, 20 segments d'activité opérationnelle caractéristiques de la filière ont été étudiés (ingénierie, génie civil, essais et contrôle, chaudronnerie-tuyauterie-soudage...), et leurs 84 métiers clefs ont été évalués pour recenser les besoins sur 10 ans. Les métiers les plus demandés ? La chaudronnerie dont les recrutements vont augmenter de 140% sur 10 ans, et plus encore le génie civil (+220%). « On va recruter à tous les niveaux, du bac pro aux ingénieurs », a souligné le ministère de la Transition énergétique.

Afin de préciser ces besoins, l'université des métiers du nucléaire remettra quant à elle son plan d'action détaillé en matière de formation et de compétences début juin aux ministres. Après une première montée en charge en 2023-2026, une « accélération » en 2027-2030 « liée en partie au début de construction des nouveaux réacteurs, dont les EPR2 en France », au nombre de six, l'activité devrait connaître un plateau sur « 2031-2033 ».

Mais les besoins pourront être réévalués dans la mesure où les prévisions transmises par les exploitants « n'intègrent pas encore certains facteurs de croissance complémentaire », comme la construction de 8 autres réacteurs EPR2 encore optionnels et le développement des nouveaux petits réacteurs de type SMR/AMR.

 LIRE ICI NOTRE DOSSIER LA REVANCHE DU NUCLEAIRE

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Greenpeace attaque en justice le label « vert » accordé par l'UE au nucléaire

Plusieurs ONG environnementales ont attaqué mardi devant la justice de l'UE le label « vert » accordé par la Commission européenne au gaz, Greenpeace déposant une plainte distincte dénonçant l'extension au nucléaire de cette classification des investissements jugés durables. « L'inclusion des activités nucléaires entraîne des dommages significatifs pour l'environnement, ce qui est expressément interdit » par la législation que la Commission était censée traduire avec cette classification, soutient Roda Verheyen, juriste de Greenpeace. L'inclusion de l'atome civil dans la "taxonomie verte" avait vivement divisé les Vingt-Sept, suscitant l'opposition de l'Allemagne et d'une poignée de pays membres, dont l'Autriche et le Luxembourg - ces deux pays ont également saisi la CJUE sur ce point.

(Avec AFP)

latribune.fr

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