Ukraine : un centre nucléaire pilonné par les forces russes à Kharkiv

Après avoir attaqué la centrale de Zaporojie et avoir pris d'assaut celle de Tchernobyl, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AEIA), a déclaré lundi qu'elle avait reçu des informations selon lesquelles des obus d'artillerie avaient endommagé une installation de recherche nucléaire dans la deuxième ville assiégée d'Ukraine, Kharkiv, sans "conséquences radiologiques".

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(Crédits : DR)

Selon cet organisme des Nations unies basé à Vienne, les autorités ukrainiennes ont signalé qu'une attaque avait eu lieu dimanche, ajoutant qu'aucune augmentation des niveaux de radiation n'avait été signalée sur le site. L'installation touchée fait partie de l'Institut de physique et de technologie de Kharkiv, un institut de recherche qui produit du matériel radioactif pour des applications médicales et industrielles.

Mais "l'inventaire de matières radioactives du site est très faible" a fait valoir l'AIEA, assurant que "les dommages (...) signalés n'auraient eu aucune conséquence radiologique."Nous avons déjà connu plusieurs épisodes compromettant la sécurité des sites nucléaires ukrainiens", a dit le directeur général de l'AIEA, Rafael Mariano Grossi.

Ces derniers jours, Kharkiv a été la cible d'intenses bombardements et de tirs de missiles russes, Moscou tentant d'accroître la pression sur l'Ukraine pour qu'elle capitule.

Dimanche, le président russe Vladimir Poutine a dit à son homologue français Emmanuel Macron qu'il "n'était pas dans son intention de procéder à des attaques des centrales nucléaires", a fait savoir la présidence française.

Le chef de l'État russe a affirmé à cette occasion que "la sécurité physique et nucléaire" de la centrale de Zaporojie était assurée, selon le Kremlin. Il a donné son accord afin qu'"un dialogue s'engage entre AIEA, Ukraine et Russie pour que les centrales soient mises en sécurité", a relevé Paris.

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L'AIEA veut établir un cadre garantissant la sécurité des sites nucléaires

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui a proposé de se rendre en Ukraine pour établir un cadre garantissant la sécurité des sites nucléaires pendant le conflit, a déclaré lundi attendre une réponse sous peu, appelant à "ne pas perdre de temps".

"J'espère que mes consultations aboutiront dans les prochaines heures", a déclaré Rafael Grossi à la presse, au premier jour d'une réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA à Vienne, siège de l'instance onusienne.

"Il ne faut pas perdre de temps. Chaque jour ou presque, nous assistons à un nouvel épisode".

Le directeur général de l'AIEA avait dit vendredi être prêt à se rendre à Tchernobyl, théâtre d'un accident nucléaire majeur en 1986 et premier site ukrainien à être tombé aux mains des soldats russes le 24 février.

"Nous avons entendu que la Fédération russe préférait que la rencontre se tienne ailleurs", a-t-il indiqué, précisant que le lieu et les autres modalités sont en cours de discussion.

Cela "va être très compliqué" à organiser "mais nous devons le faire (...) Nous devons nous entendre sur un cadre commun clair" pour empêcher un accident nucléaire, a insisté Rafael Grossi.

Le chef de l'agence a par exemple évoqué la nécessité "de mesures concrètes pour faciliter le transport de matériel" indispensable à la maintenance des centrales. Il n'a pas non plus exclu le possible envoi "d'observateurs ou d'inspecteurs" sur les lieux.

Tchernobyl dans tous les esprits

L'Ukraine dispose de 15 réacteurs dans quatre centrales en activité, ainsi que de plusieurs dépôts de déchets nucléaires.

Vendredi, les forces russes ont pris le contrôle de la centrale de Zaporojie, la plus grande d'Europe, à la suite de combats avec les troupes ukrainiennes, qui ont provoqué un incendie, détruisant notamment un laboratoire scientifique.

"On a échappé de justesse" à un accident nucléaire, a souligné Rafael Grossi en s'adressant au Conseil. "Une telle situation ne doit jamais, en aucun cas, se répéter".

Désormais, le personnel sur place doit répondre aux ordres des militaires russes. Or "un opérateur doit être laissé en paix", a expliqué Rafael  Grossi, qui s'est également inquiété de l'interruption de la plupart des communications et d'une nourriture qui vient à manquer. Pour l'instant, les opérations se déroulent de manière "sûre, mais "pour combien de temps encore?", a-t-il lancé.

Des problèmes ont également été constatés à Tchernobyl, où les contacts ne sont possibles actuellement que par courrier électronique.

Ses plus de 200 employés ne seraient pas non plus en mesure d'effectuer des rotations, ce qui a conduit Rafael Grossi à insister sur "l'importance pour le personnel d'exploitation de pouvoir se reposer afin d'effectuer ses tâches importantes en toute sécurité

L'AIEA a en effet signalé que le régulateur nucléaire ukrainien l'avait informée que les communications avec le personnel de la centrale ukrainienne de Tchernobyl - théâtre d'un accident nucléaire majeur en 1986 -, qui a été prise par les soldats russes le 24 février, n'étaient possibles pour l'instant que par courrier électronique. Ses employés ne seraient pas non plus en mesure d'effectuer des rotations.

(avec l'Afp)

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Commentaires 4
à écrit le 08/03/2022 à 9:37
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Bourrage de crâne comme les fameux "héros de l'île aux serpents" et "Volochmir Zigomar défenseur de Kiev"

à écrit le 08/03/2022 à 8:16
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Heu... personne ne peut empêcher notre président de faire sa campagne en essayant d'utiliser Poutine svp ? Non parce que ça urge là, on dirait que ce dernier se fait un malin plaisir de faire l'inverse de ce qu'il lui dit, merci.

le 08/03/2022 à 10:16
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utiliser, comme vous y allez, Poutine laisse parler les gens et fait ce qu'il a prévu de faire coûte que coûte (à la fin si ça résiste trop il rase tout, on ne s'oppose pas, ne résiste pas à Mr Poutine, c'est très déconseillé (genre parrain mafieux))...

à écrit le 08/03/2022 à 8:12
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C'est compliqué à gérer 95% de faux et 5% de vrai dans les affirmations russes, pas facile de savoir la part sincère vs les mensonges. "n'était pas dans son intention de procéder à des attaques des centrales nucléaires" non mais si la population que ...

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