Peur en Europe : la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporojie touchée par les tirs russes
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Zaporizhzhya NPP
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L'Europe retient son souffle. Dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine et les tensions entre Moscou et les pays occidentaux, le danger nucléaire n'est pas seulement dans l'usage d'armes nucléaires comme l'a agité en début de semaine Vladimir Poutine mais aussi dans un accident d'une centrale nucléaire ukrainienne provoquée par les combats.
Cette menace est devenue une réalité cette nuit. Et pour cause, un incendie s'est déclaré dans un bâtiment adjacent de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporojie, la plus grande d'Europe, au cours de violents affrontements entre les troupes russes et ukrainiennes. Des images parvenues semblaient montrer un nuage de fumée et des flammes émanant d'un bâtiment non identifié proche de la centrale, située à environ 550 kilomètres de la capitale ukrainienne. Le feu a ensuite été éteint par les services de secours qui ont pu accéder au site après en avoir été un temps empêchés par les soldats russes. Sa sécurité est "garantie" selon Kiev, qui a accusé Moscou d'avoir recours à la "terreur nucléaire". Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ce sont des chars russes qui ont ouvert le feu sur la centrale. L'attaque n'a fait aucune victime, ont indiqué les secours ukrainiens. Si elle avait explosé, cela aurait été « 10 fois pire que Tchernobyl », selon le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmitri Kouleba.
Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a condamné vendredi les bombardements "irresponsables" des forces russes qui ont touché la centrale nucléaire.
A la mi-journée ce vendredi, le Royaume-Uni a demandé la tenue d'une réunion d'urgence du conseil de sécurité de l'ONU à la suite de bombardements contre la plus grande centrale nucléaire ukrainienne, dénonçant "une menace à la sécurité et la stabilité" de l'Europe.
Les forces russes ont pris le contrôle du site indiqué l'agence d'inspection des sites nucléaires, assurant que le personnel assurait l'exploitation du site.
Le directeur du site avait déclaré plus tôt à la chaîne de télévision Ukraine 24 que la sécurité radiologique était maîtrisée.
Un porte-parole de la centrale de Zaporojie, d'où provient environ un cinquième de l'électricité générée dans le pays, a indiqué que les niveaux de radiation n'avaient pas changé, selon des propos rapportés par RIA. Une information confirmée par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui a indiqué que les niveaux de radioactivité restent inchangés sur le site de la centrale, qui compte six réacteurs nucléaires. Aucun équipement "essentiel" n'a été endommagé.
L'armée russe a pris le contrôle du site. La Russie s'est déjà emparée du site de l'ancienne centrale de Tchernobyl, située à une centaine de kilomètres au nord de Kiev, rendue célèbre par la catastrophe nucléaire de 1986. Certains analystes ont relevé que la centrale de Zaporojie était bâtie différemment et plus sûre que celle de Tchernobyl.
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé vendredi Moscou de recourir à "la terreur nucléaire" a appelé à "une action européenne immédiate" pour "empêcher que l'Europe ne meure d'un désastre nucléaire".
"L'Ukraine compte quinze réacteurs nucléaires. S'il y a une explosion, c'est la fin de tout. La fin de l'Europe. C'est l'évacuation de l'Europe", a-t-il poursuivi.
Le Premier ministre britannique Boris Johnson a dénoncé vendredi dans un communiqué les "actions irresponsables" du président russe Vladimir Poutine, qui peuvent "menacer directement la sécurité de toute l'Europe". A l'issue d'un entretien téléphonique avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, Boris Johnson a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU "dans les prochaines heures".
Dans des déclarations à la télévision russe jeudi, Vladimir Poutine n'a donné aucun espoir d'apaisement.
"L'opération militaire spéciale se déroule strictement selon le calendrier, selon le plan", a-t-il déclaré, rendant hommage aux soldats russes et à leur "précieux combat contre des néonazis" et des "mercenaires étrangers" qui utilisent selon lui les civils comme "boucliers humains" en Ukraine.
Vladimir Poutine a douché jeudi les espoirs de médiation du président français Emmanuel Macron, lui déclarant au téléphone que la Russie avait "l'intention de poursuivre sans compromis son combat contre les membres des groupes nationalistes qui commettent des crimes de guerre", et répétant son exigence d'une démilitarisation et d'un statut neutre pour l'Ukraine, selon le Kremlin.
Selon le président Zelensky, si l'Ukraine disparaît, « ce sera ensuite la Lettonie, la Lituanie, l'Estonie etc... Jusqu'au mur de Berlin, croyez-moi".
Depuis le début du conflit, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pointe "le risque réel" que pose la guerre en Ukraine sur les sites nucléaires du pays. Le directeur général de l'Agence, Rafael Grossi, a lancé à plusieurs reprises "un appel à la plus grande retenue pour éviter toute action qui pourrait compromettre la sécurité" des différents sites, se disant "gravement préoccupé".
L'Ukraine dispose de quatre centrales opérationnelles et de plusieurs dépôts de déchets radioactifs, dont celui de Tchernobyl.
Le feu sur la centrale de Zaporijjia a effrayé les marchés financiers asiatiques, qui déclinaient à l'unisson vendredi, sonnés par de vives inquiétudes sur l'Ukraine.
Les places boursières réagissaient unanimement, l'indice vedette Nikkei de Tokyo plongeant de 2,5% vers 04H00 GMT, tandis que le Hang Seng de Hong Kong perdait 2,6%. Shanghai, Séoul, Sydney et Singapour piquaient aussi du nez.
Ces pertes avaient été précédées par celles des indices de Wall Street jeudi, où l'absence d'avancée dans les discussions entre Ukraine et Russie et la flambée des matières premières avaient plombé les trois principaux indices.
"Cela sent l'escalade", a commenté Art Hogan, de National Security, estimant qu'il "semble moins probable" que la crise soit réglée rapidement.
"Les marchés oscillent en fonction des informations liées à la situation en Ukraine, et tandis que les inquiétudes persistent au sujet de la hausse des taux américains, les échos de l'incendie de la centrale nucléaire en Ukraine ont encore réduit l'appétit pour le risque (des investisseurs) alors que l'euro baisse", a commenté Huh Jae-Hwan de Eugene Investment & Securities, cité par l'agence Bloomberg.
La monnaie européenne plongeait face au yen, l'euro se négociant vers 04H00 GMT pour 127,20 yens contre 127,78 yens jeudi à 21H00 GMT.
L'euro, lesté comme la plupart des devises du Vieux continent par la crainte que la guerre en Ukraine ne pèse sur l'économie européenne, s'échangeait pour 1,1026 dollar, contre 1,1066 dollar jeudi, au plus bas depuis près de deux ans.
Le yen remontait légèrement par rapport au billet vert, à 115,35 yens pour un dollar contre 115,46 yens jeudi à 21H00 GMT.
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Les prix du pétrole repartaient à la hausse après une pause la veille consécutive à leur envolée à des niveaux record depuis 2008: vers 03H50 GMT le cours du baril de WTI américain gagnait 1,84% à 109,65 dollars. Celui du baril de Brent de la mer du Nord prenait 1,57% à 112,19 yens.
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