Ukraine : Zelensky prêt à rouvrir le dialogue avec Moscou
latribune.fr
Le président ukrainien a indiqué samedi soir que son secrétaire du Conseil de sécurité, Roustem Oumerov, avait « proposé une nouvelle rencontre avec la partie russe la semaine prochaine ».
Alors que les frappes russes se poursuivent sans relâche, le président ukrainien Volodymyr Zelensky annonce qu'une nouvelle proposition de rencontre a été transmise à Moscou. Une initiative rendue possible par le retour du soutien militaire américain, mais qui reste suspendue à la bonne volonté du Kremlin.
Quelques jours après avoir obtenu de la Maison Blanche la reprise des livraisons d'armes américaines, Volodymyr Zelensky relance la piste diplomatique. Dans son allocution quotidienne, le président ukrainien a indiqué samedi soir que son secrétaire du Conseil de sécurité, Roustem Oumerov, avait « proposé une nouvelle rencontre avec la partie russe la semaine prochaine ». Et d'ajouter : « Il faut relancer les négociations ». Pour la première fois depuis plusieurs mois, Zelensky se dit même prêt à une rencontre directe avec son homologue russe, estimant qu'« une rencontre au plus haut niveau est nécessaire pour véritablement assurer la paix ».
Un précédent dialogue de sourds
Les derniers pourparlers remontent à juin, lors d'une série de réunions discrètes organisées à Istanbul sous l'impulsion des États-Unis. Les échanges avaient débouché sur quelques transferts de prisonniers, mais pas sur un cessez-le-feu. En cause : les exigences russes, toujours aussi maximales. Moscou réclame non seulement la reconnaissance de l'annexion de la Crimée, mais aussi la cession par Kiev de quatre autres régions de l'est, et un engagement ferme à renoncer à toute aide militaire occidentale.
Face à ces conditions, qualifiées d'« ultimatums » par l'Ukraine, la négociation avait tourné court. Depuis, les positions sont restées figées, même si la pression internationale monte. Vendredi, le Kremlin s'est dit à nouveau disposé à poursuivre les discussions. Une annonce interprétée comme une réponse directe à Donald Trump, qui a donné un ultimatum de 50 jours pour négocier la paix. Washington a parallèlement annoncé la reprise immédiate de ses livraisons d'armes, financées par l'Otan. Un changement de ton qui semble avoir redonné à Kiev les marges de manœuvre nécessaires pour relancer l'option diplomatique.
Frappes intenses et sanctions renforcées
Mais sur le terrain, la guerre continue. Samedi encore, des frappes russes ont visé plusieurs régions d'Ukraine, causant la mort de trois civils. À Vassylkivska, dans la région de Dnipropetrovsk, un missile a tué deux personnes et détruit un établissement médical, une école et une institution culturelle. Odessa et sa banlieue ont également été ciblées durant la nuit. Une personne a été tuée et six blessées dans ces attaques menées par drones.
L'armée de l'air ukrainienne affirme avoir intercepté 208 cibles sur un total de 344 drones et 35 missiles russes lancés en une nuit. De son côté, le ministère russe de la Défense assure avoir frappé des sites du « complexe militaro-industriel » ukrainien et abattu 83 drones ennemis sur le territoire russe. La circulation ferroviaire a notamment été interrompue dans la région frontalière de Rostov, à la suite d'une attaque présumée.
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Dans ce contexte tendu, l'Union européenne a renforcé ses sanctions contre Moscou. Une nouvelle mesure, entrée en vigueur vendredi, vise directement les revenus pétroliers du Kremlin, en abaissant sous les 50 dollars le plafond imposé aux exportations de brut russe.