"Visa investisseur" : les Chinois ont dépensé au moins 24 milliards de dollars

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Un visa contre un investissement, de nombreux pays proposent cette formule pour attirer des capitaux étrangers. Pour ceux qui mettent la main à la poche, c'est l'occasion de s'installer dans un pays où il fait "mieux" vivre. Et ceux qui ont le plus recours à cette pratique sont les Chinois. Selon une enquête menée par l'Associated Press (AP), ils sont la première nationalité dans de nombreux pays comme les Etats-Unis, l'Australie, le Canada, le Portugal, l'Espagne et le Royaume-Uni.
Entre 2010 et 2015, le nombre de Chinois ayant eu recours à ces visas investisseurs a triplé. Ils sont plus de 100.000 a en avoir obtenu un sur la dernière décennie, contre au minimum 24 milliards de dollars, selon les calculs d'AP. L'agence de presse a simplement multiplié le nombre de détenteurs chinois de ces visas dans chaque pays avec la somme plancher qu'ils doivent fournir pour les obtenir. Or, certains ont pu investir encore plus que le seuil minimal prévu par les législations nationales et donc dépenser plus pour venir s'installer à l'étranger.
Aux Etats-Unis, les Chinois représentent les trois-quarts des visas EB-5 délivrés. Ce système de visas prévoit la délivrance d'une "green card" à ceux qui investissent au moins 500.000 dollars dans une "zone d'emploi ciblée", autrement dit une zone rurale ou une zone au taux de chômage élevé, et créent ou sauvegardent au minimum 10 emplois. Cela représente 40.000 personnes pour un stock total d'investissements de 7,7 milliards de dollars sur la dernière décennie, selon AP.
La construction d'une tour Trump dans le New-Jersey par la Kushner Companie, la société du gendre et désormais conseiller à la Maison-Blanche de Donald Trump, a été en partie financée par des visas EB-5.
Controversé, ce système est critiqué par le Congrès américain. Mais Donald Trump a prolongé le programme jusqu'à septembre et, quelques jours après l'annonce, la sœur de Jared Kushner est allée chercher des investisseurs chinois en leur proposant d'investir 150 millions de dollars dans un nouveau projet d'immobilier de luxe dans le New-Jersey, menée par la Kushner Companies. Pour rappel, Jared Kushner a quitté son siège à la direction de l'entreprise familiale en intégrant la Maison-Blanche.
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Si pour les immigrés, ces visas sont un moyen "d'acheter" en quelque sorte leur entrée légale dans un autre pays, pour les entrepreneurs locaux cela présente des opportunités pour développer leur business. C'est pourquoi ces derniers établissent des campagnes publicitaires pour promouvoir le dispositif auprès de potentiels investisseurs étrangers.
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Les brochures promettent un vie meilleure au futur investisseur. Les classes moyennes supérieures et les riches, souvent urbanisés, subissent la pollution des grandes villes chinoises et les blocages d'une société encore verrouillée par le parti unique. S'établir à l'étranger peut aussi être une solution pour eux de faire entrer leurs enfants dans les grandes universités occidentales. Les prometteurs des visas investisseurs jouent sur cet argument pour attirer leurs financements.
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