Vladimir Poutine : "Comme en 1945, la victoire sera à nous"
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Ce dimanche 8 mai, en ce jour de commémoration à Moscou de la victoire contre l'Allemagne nazie, Vladimir Poutine multiplié les comparaisons entre la Seconde Guerre mondiale et le conflit en Ukraine et a assuré que "comme en 1945, la victoire sera à nous".
Pour rappel, Moscou justifie l'offensive lancée en Ukraine le 24 février par la volonté de "démilitariser" et "dénazifier" l'Ukraine.
Vladimir Poutine a par ailleurs multiplié les références aux, non seulement aux soldats, mais également aux civils du "front intérieur", "qui ont écrasé le nazisme au prix d'innombrables sacrifices".
Le président a souhaité "à tous les habitants de l'Ukraine - un avenir pacifique et juste".
Lundi, Moscou va commémorer par une parade militaire la victoire contre l'Allemagne nazie. Vladimir Poutine, qui pense ne pouvoir "se permettre de perdre" compte tenu des efforts engagés en Ukraine, est "convaincu que redoubler d'efforts lui permettra de progresser", a indiqué samedi Bill Burns, directeur de l'agence de renseignement américaine CIA. Sur l'ensemble du front au 74e jour de la guerre, les efforts russes pour arracher des succès de prestige avant la date symbolique du 9 mai semblaient infructueux, selon des experts.
Les frappes russes s'intensifient sur l'Est de l'Ukraine avec soixante personnes portées disparues dans le bombardement d'une école. Ces personnes se réfugiaient dans la région de Lougansk dans l'est de l'Ukraine, a indiqué dimanche le gouverneur régional Serguiï Gaïdaï. Le village de "Bilogorivka a subi une frappe aérienne. Les bombes ont atteint l'école et, malheureusement, elle a été complètement détruite", a déclaré le gouverneur sur son compte Telegram.
"Il y avait au total 90 personnes. 27 ont été sauvées (...) Soixante personnes qui se trouvaient dans l'école sont très probablement mortes", a-t-il précisé.
Il a précisé que dans la région de Donetsk, les troupes russes avaient poursuivi leurs opérations offensives autour de Lyman, Popasnyansky, Severodonetsk et Avdiivka. Et que la situation était "tendue" du côté de la Moldavie.
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Côté russe, le ministère de la Défense revendique dans son briefing dimanche la destruction du "poste de commandement d'une brigade mécanisée", dans la région de Kharkov (est), de même que "le centre de communication de l'aérodrome militaire de Chervonoglinskoye près du village d'Artsyz".
Par ailleurs, la défense aérienne a détruit "deux autres bombardiers ukrainiens Su-24 et un hélicoptère Mi-24 de l'armée de l'air ukrainienne au-dessus de l'île des Serpents, et un véhicule aérien sans pilote Bayraktar-TB2 a été abattu près de la ville d'Odessa", selon la même source.
Les autorités ukrainiennes mettent en garde depuis plusieurs jours contre une intensification possible des attaques russes à l'approche de la commémoration du 9 mai.
De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky participe ce dimanche à une réunion virtuelle des dirigeants du G7, dont l'Allemagne assure cette année la présidence. Cette troisième réunion depuis le début de l'année sera consacrée abordera la situation en Ukraine.
Le président américain Joe Biden avait évoqué cette réunion quelques jours plus tôt, à propos de possibles sanctions supplémentaires contre la Russie.
A Marioupol, une cité portuaire du sud-est qui comptait près de 500.000 habitants avant la guerre, et qui a été presque entièrement rayée de la carte par deux mois de bombardements russes, les civils ont été évacués, après moult appels et vaines tentatives ces dernières semaines. "Nous avons évacué les civils d'Azovstal", a lancé le président Zelensky samedi soir dans son message quotidien, citant le nombre de 300 personnes exfiltrées. "Nous préparons désormais la seconde phase (...): les blessés et le personnel médical".
Des centaines de civils avaient également trouvé refuge dans les galeries de l'aciérie d'Azovstal, qui abrite les derniers défenseurs de Marioupol. Moscou avait annoncé mercredi un cessez-le feu unilatéral de trois jours à partir de jeudi matin pour permettre aux civils d'Azovstal de pouvoir partir.
Mais les autorités ukrainiennes ont maintenu que les Russes avaient de nouveau attaqué cette usine pendant cette période.
Selon Kiev, ces opérations ont permis au total à près de 500 personnes de fuir en une semaine, sous l'égide de l'ONU et du Comité international de la Croix-Rouge.
Les Russes avaient obtenu entre vendredi et samedi des gains territoriaux limités aux alentours de Severodonetsk, l'une des principales localités du Donbass encore aux mains des Ukrainiens, mais cela ne devrait pas aboutir à un encerclement complet, notait samedi l'Institut américain d'étude de la guerre (ISW).
La Russie n'a jusqu'à présent pu revendiquer le contrôle complet que d'une ville d'importance, Kherson.
A Kharkiv, la contre-offensive ukrainienne pour mettre la deuxième ville d'Ukraine hors de portée de l'artillerie ennemie a même pris de l'ampleur, avec la prise de plusieurs positions russes, toujours d'après l'ISW.
"Les forces ukrainiennes regagnent du terrain le long d'un large arc autour de Kharkiv et ne se concentrent plus sur une poussée limitée, faisant preuve d'une capacité à lancer des opérations offensives à plus grande échelle que jusqu'à présent dans cette guerre", a expliqué cet institut.
Au point que l'armée russe a dû faire sauter trois ponts routiers "pour ralentir la contre-offensive" dans cette région, selon le ministère ukrainien de la Défense.
La marine ukrainienne a assuré avoir détruit à une centaine de kilomètres au large d'Odessa, non loin de la minuscule île aux Serpents, le navire de débarquement russe Serna au moyen d'un drone de combat mis au point en Turquie.
Une information non confirmée par la Russie, qui a déclaré en revanche avoir coulé un bateau d'assaut ukrainien.
Samedi, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé la Russie à mettre fin à son offensive en Ukraine et en particulier à cesser de bombarder les établissements de santé du pays.
"Mon message au peuple ukrainien est celui-ci: l'OMS est à vos côtés", a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus à l'occasion d'une visite à Kyiv.
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Le directeur des opérations d'urgence de l'OMS, Mike Ryan, a précisé pendant la même conférence de presse que l'organisation onusienne avait déjà documenté 200 attaques contre des hôpitaux et établissements de santé en Ukraine.
Il a ajouté que l'OMS remettrait les éléments de preuve recueillis aux enquêteurs chargés de déterminer si des crimes de guerre ont été commis.
(Avec AFP et Reuters)
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