Fallait-il décaler les jeux olympiques en raison des risques liés au virus Zika, transmis par les moustiques ? Cette question s'est posée pendant plusieurs mois, alors que la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques a lieu demain au stade Maracana de Rio de Janeiro. Ces dernières semaines, à l'approche des Jeux olympiques, les déclarations visant à effacer les craintes liées au virus Zika se sont multipliées.
La revue scientifique américaine Annals of Internal Medicine a publié une étude fin juillet insistant sur les "faibles risques de propagation du virus Zika à l'international due aux Jeux Olympiques". Elle estime que seuls 37 voyageurs pourraient être contaminés au maximum, en se basant sur la répartition des personnes ayant assisté à la Coupe du monde 2014 au brésil, et en étudiant les pays d'où les touristes venaient tout en calculant les risques de transmission du virus.
Cette étude arrive à point nommé pour appuyer la position stricte de l'OMS, du gouvernement brésilien et du Comité Olympique : annuler ou décaler l'ouverture des Jeux olympiques n'est pas utile.
Fin juillet, à une semaine du début des Jeux, la directrice de l'Organisation mondiale de la Santé Margaret Chan a ainsi estimé que le risque d'infections dû au virus Zika pendant les jeux est faible et gérable.
Déjà le 31 mai, l'organisation estimait que "d'après les évaluations actuelles, l'annulation ou le changement de lieu des Jeux olympiques de 2016 n'aura pas d'incidence significative sur la propagation internationale du virus Zika".
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Le 13 juillet, aux Etats-Unis le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies a également considéré que le risque d'amplification de la diffusion du virus Zika était faible en estimant que le nombre de touristes attendus aux Jeux olympiques de Rio représente seulement 0,25% du total des personnes ayant voyagé dans les pays touchés par le virus en 2015.
Enfin, les autorités de santé brésiliennes en ont rajouté une couche le 31 juillet. "Les risques d'infections aux Jeux olympiques sont faibles et ont été surmontés", ont assuré ces dernières lors d'une conférence de presse. le virus Zika "ne devrait pas dissuader les touristes de venir aux Jeux olympiques". Il faut dire que le Brésil attend beaucoup des retombées économiques gonflées par la fréquentation touristique pour des jeux qui auraient déjà coûté 12,5 milliards d'euros, contre 8,75 milliards d'euros initialement.
Les nombreuses déclarations d'officiels visaient à apaiser les craintes gonflées par une lettre ouverte de 223 scientifiques et médecins à l'OMS. Ces derniers réclament que les Jeux d'été 2016 soient repoussés ou changés de lie.
"Nous lançons cet appel malgré le fatalisme généralisé que les Jeux de Rio 2016 sont inévitables ou "too big to fail". L'histoire nous enseigne que cela est faux", expliquent-ils se référant aux Jeux Olympiques annulés pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale en 1916, 1940 et 1944. Ils évoquent également l'annulation de la Coupe d'Afrique des Nations (football) à cause d'Ebola également. Et d'ajouter : "Rio de Janeiro est hautement affecté par le virus Zika."
Selon une carte établie à partir des données du ministère de la Santé brésilien et de l'Université d'Oxford, Rio et plusieurs sites en périphéries sont en effet situés dans des zones ou les moustiques porteurs du virus peuvent prospérer. Mais le nombre de nouveaux cas a beaucoup diminué depuis le début de l'année avec l'arrivée de l'hiver, selon des statistiques compilées par le ministère de la santé.
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Pour rappel, Zika a été associé à des cas de microcéphalie, une malformation congénitale affectant le développement cérébral des nouveau-nés, et au syndrome de Guillain-Barré, une maladie du système nerveux dont les formes les plus graves peuvent entraîner des paralysies. Le 27 juillet, 1.749 cas de personnes atteintes de microcéphalie étaient recensées par le Ministère de la santé brésilien.
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