La hausse de l'inflation va-t-elle encourager les conflits sociaux ?

En novembre, l'inflation a accéléré de 2,8% sur un an, a indiqué ce mardi matin l'Insee. Alors que, dans les entreprises, se tiennent les négociations salariales, ici et là, les mouvements de grèves se multiplient. Avec le même mot d'ordre : obtenir des augmentations de salaires.

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Les syndicats appellent dans certaines entreprises à des mouvements pour les salaires.
Les syndicats appellent dans certaines entreprises à des mouvements pour les salaires. (Crédits : Philippe Wojazer)

Chez Leroy Merlin, célèbre enseigne de bricolage, le mouvement de grève qui dure depuis le 17 novembre, ne vaut-il pas avertissement pour les autres entreprises ? Ce mardi 30 novembre, après 15 jours de conflit, se tient la première discussion entre la direction et l'intersyndicale. Il aura fallu le blocage d'entrepôts et les débrayages dans plusieurs magasins pour que l'échange se fasse. A l'origine de la colère, les salariés invoquent les conditions de travail pendant la pandémie. Mais depuis dix jours, c'est bien sur les rémunérations que portent les revendications des grévistes. L'intersyndicale - FO, CGT, CFTC, et CFDT- demande des hausses de salaires mais aussi des primes.

Des négociations salariales tendues dans les entreprises

Pour François Hommeril, à la tête du syndicat CFE-CGC des cadres, rien d'étonnant : "dans les sociétés, surtout comme Leroy Merlin qui ont bien fonctionné pendant la crise, le climat est actuellement très crispé. Le rendez-vous des salaires se tient dans un contexte où les profits des entreprises - en moyenne-  n'ont jamais été aussi élevés". Aussi, selon lui, "les gens en ont bavé, ça fait des années que les salaires augmentent peu et ils veulent aujourd'hui, bénéficier de ces bons résultats... le risque d'explosion est réel".

Même constat inquiet du côté de Force ouvrière, où le secrétaire général Yves Veyrier prévient : "Oui, les négociations sont tendues. Dans la grande distribution, chez Lidl ou Auchan, si ça ne se débloque pas, par exemple, il faut s'attendre à des grèves en décembre, car le gros sujet de la hausse des prix impacte surtout les bas salaires ou les salaires intermédiaires".

L' inflation s'installe en France

Obtenir un peu de pouvoir d'achat en plus, pour parvenir à boucler les fins de mois, ce mot d'ordre peut faire tache d'huile alors que l'inflation s'installe en France. En novembre, l'indice a progressé jusqu'à 2,8% sur un an, a indiqué, ce mardi, l'Insee. Une hausse essentiellement tirée par une accélération des prix de l'énergie, des produits manufacturés, et dans une moindre mesure, ceux des services, sous l'effet de la reprise.

Pour y faire face, les Français ont commencé par ajuster leur consommation. Alors même que celle-ci reste soutenue, l'Insee note toutefois un recul de 0,4% sur un mois en raison notamment de la baisse de 1,8% de la consommation des biens fabriqués. Par exemple, ils achètent moins d'habillement et de textile. En revanche, il leur est plus difficile, alors que l'hiver arrive, de réduire la consommation d'énergie qui a repris en octobre, avec une hausse de 1%.

D'autres mouvements sociaux à attendre cette fin d'année

Reste que se serrer la ceinture ne suffira pas, assurent les syndicats. D'où ces mouvements qui fleurissent ici et là, un peu partout dans l'Hexagone, dans les secteurs privé et public. Ainsi, à l'entrée du Havre, ce mardi 30 novembre, la circulation était ralentie du fait d'un mouvement de grève des travailleurs portuaires. À Biot, dans le sud, le personnel de l'Institut médico-éducatif « Les Hirondelles » qui accueille des jeunes handicapés débraie pour demander une hausse des salaires. Egalement exclus du Ségur de la santé et mécontents de leur statut, les ambulanciers manifestent à Paris, ce mardi, devant le ministère de la Santé. Même ras-le-bol à Roanne, au laboratoire Bouvier où à l'appel de la CFDT, les salariés réclament eux aussi une revalorisation salariale. Dans le Rhône, la CGT, appelle les salariés des cars VFD à faire grève ce mardi 30 novembre. En cause, des conditions de travail difficiles et des salaires jugés trop bas.

La liste est longue. Surtout, elle promet de ne pas s'arrêter... Ce mercredi, ce seront les agents commerciaux des gares de Transilien SNCF qui appellent en Île-de-France à cesser le travail. Ils entendent protester contre un plan d'évolution des gares et demandent des hausses de salaires et des embauches. A Marseille, les éboueurs relancent leur mouvement...

"Dans les entreprises, il y a plusieurs cas de figure, précise toutefois Yves Veyrier de FO. Certaines ont déjà promis des augmentations, qui s'apparentent plus à des rattrapages et prévoient en moyenne 2,5% de hausse."

Du côté du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui tenait une conférence de presse ce mardi, se montre plutôt confiant. A ses yeux, les discussions sont actives dans les entreprises et les branches professionnelles. Le patron des patrons explique toutefois être "incapable de dire à quel niveau se porteront ces hausses", mais il parie sur des augmentations de rémunération signifiantes, via notamment la montée en flèche des systèmes  d'intéressement et de participation, mais aussi de primes défiscalisées.

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Commentaires 9
à écrit le 01/12/2021 à 10:30
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Vivait-on plus heureux lorsqu'il y avait la course entre la hausse des salaires et celle de l'Inflation; je me souviens de hausses de salaire spectaculaire et de primes de signature...

à écrit le 30/11/2021 à 19:55
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on peut savoir pourquoi les fachos d'extreme gauche se plaignent, alors que leurs elus sont ravis que les banques centrales produisent de la monnaie ' payee par personne' qui fait de l'inflation ' payee par personne'......... quand on voit certains f...

le 30/11/2021 à 23:49
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Et l extrême droite est dss as ne le mêle état de esprit.. on ne sait qui finance - ou on sait très bien la classe moyenne - les lubies économiques de Marine ou Zemmour… aucun programme, aucun députés suffisant pour gouverner , aucun financement … ça...

le 01/12/2021 à 8:39
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@churchill Vos remplacez fachos de gauche par fachos de droite et vous avez tout bon😂.

à écrit le 30/11/2021 à 19:12
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Les hausses de salaires sont définitives. Et Quand la conjoncture se dégrade.....En revanche, .La participation aux bénéfices éventuels n'est hélas pas explorée.

à écrit le 30/11/2021 à 16:20
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"L'intersyndicale - FO, CGT, CFTC, et CFDT- demande des hausses de salaires mais aussi des primes". Pour François Hommeril, à la tête du syndicat CFE-CGC des cadres,ça n'a rien d'étonnant ,mais pourtant ,je ne vois pas son sigle dans l’intersyndic...

à écrit le 30/11/2021 à 14:19
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Poser la question c'est y repondre. Ca va peter sans doute avant les erections de mai. Il est temps que le peuple se reveille.

le 30/11/2021 à 22:25
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Il est temps de vous reposer les élections et non erections zt les elections sont en avril ...

à écrit le 30/11/2021 à 13:23
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D'abord le dumping social mondiale, ensuite le chômage de masse, ensuite le dumping social européen, je pense qu'ils sont légitimes à réclamer des hausses de salaires et peuvent demander plus de 30% d'augmentation tranquillement même hein.

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