La hausse de l'inflation va-t-elle encourager les conflits sociaux ?

Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les syndicats appellent dans certaines entreprises à des mouvements pour les salaires.
Philippe Wojazer

Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les syndicats appellent dans certaines entreprises à des mouvements pour les salaires.
Philippe Wojazer
Chez Leroy Merlin, célèbre enseigne de bricolage, le mouvement de grève qui dure depuis le 17 novembre, ne vaut-il pas avertissement pour les autres entreprises ? Ce mardi 30 novembre, après 15 jours de conflit, se tient la première discussion entre la direction et l'intersyndicale. Il aura fallu le blocage d'entrepôts et les débrayages dans plusieurs magasins pour que l'échange se fasse. A l'origine de la colère, les salariés invoquent les conditions de travail pendant la pandémie. Mais depuis dix jours, c'est bien sur les rémunérations que portent les revendications des grévistes. L'intersyndicale - FO, CGT, CFTC, et CFDT- demande des hausses de salaires mais aussi des primes.
Pour François Hommeril, à la tête du syndicat CFE-CGC des cadres, rien d'étonnant : "dans les sociétés, surtout comme Leroy Merlin qui ont bien fonctionné pendant la crise, le climat est actuellement très crispé. Le rendez-vous des salaires se tient dans un contexte où les profits des entreprises - en moyenne- n'ont jamais été aussi élevés". Aussi, selon lui, "les gens en ont bavé, ça fait des années que les salaires augmentent peu et ils veulent aujourd'hui, bénéficier de ces bons résultats... le risque d'explosion est réel".
Même constat inquiet du côté de Force ouvrière, où le secrétaire général Yves Veyrier prévient : "Oui, les négociations sont tendues. Dans la grande distribution, chez Lidl ou Auchan, si ça ne se débloque pas, par exemple, il faut s'attendre à des grèves en décembre, car le gros sujet de la hausse des prix impacte surtout les bas salaires ou les salaires intermédiaires".
À lire également
Obtenir un peu de pouvoir d'achat en plus, pour parvenir à boucler les fins de mois, ce mot d'ordre peut faire tache d'huile alors que l'inflation s'installe en France. En novembre, l'indice a progressé jusqu'à 2,8% sur un an, a indiqué, ce mardi, l'Insee. Une hausse essentiellement tirée par une accélération des prix de l'énergie, des produits manufacturés, et dans une moindre mesure, ceux des services, sous l'effet de la reprise.
Fanny Guinochet