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Inflation et pénurie de main d'oeuvre : les salaires vont augmenter début 2022, prévoit le Medef

latribune.fr

Publié le 15 novembre 2021 à 11:47 - Mis à jour le 15 novembre 2021 à 17:48

France: roux de bezieux candidat a la presidence du medef

"Il y a, en ce moment, 57 branches qui négocient et il y aura beaucoup de négociations en début d'année", a détaillé Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef.

Philippe Wojazer

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

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"Les salariés du privé attendent, après deux ans d'efforts, leur juste récompense", a estimé Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef. De plus, la hausse des prix des produits de consommation et les difficultés de recrutements devraient également conduire les entreprises à augmenter les salaires.

Face à l'inflation qui atteint des records, à la pénurie de main d'œuvre qui persiste et au rebond de la croissance, les voyants sont au vert pour augmenter les salaires. Beaucoup d'entreprises le feront début 2022, a estimé lundi le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.

"Il y a, je pense, beaucoup d'entreprises qui augmenteront les salaires, parce que, d'abord, les salaires en 2020 et 2021 ont été peu augmentés, parce qu'il y a de l'inflation, et parce qu'on a du mal à recruter", a déclaré M. Roux de Bézieux sur RTL.

En effet, en France comme ailleurs, les prix n'en finissent plus de monter. Après avoir déjà atteint un plus haut depuis novembre 2018, à 2,2% sur un an en septembre, l'inflation a battu un nouveau record en octobre. Les prix à la consommation ont augmenté de 2,6% sur un an, selon une estimation provisoire publiée le 29 octobre par l'Insee.

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L'inflation accélère à 2,6% en France, en zone euro, elle atteint son record de 2008

D'autre part, selon une enquête de la Banque de France (août 2021), un chef d'entreprise sur trois n'arrive pas à recruter dans l'industrie, ratio qui s'élève à un chef d'entreprise sur deux dans les services. Sans grande surprise, le secteur de l'hôtellerie-restauration est le plus touché par cette pénurie.

Entre février 2020 et février 2021, il a perdu 237.000 employés, alors qu'il en avait gagné en moyenne 50.000 les deux années précédentes avant la pandémie, selon une estimation publiée le 24 septembre par la Dares. En un an, les effectifs sont ainsi passés de 1,309 million d'employés à 1,072 million, précisait le service statistique du ministère du Travail. Résultat, fin octobre, Pôle Emploi a dépassé le seuil du million d'offres d'emplois disponibles.

Les salariés attendent "leur juste récompense"

"Ce qui me remonte, c'est le fait que les salariés du privé attendent, après deux ans d'efforts, leur juste récompense", a également dit le président de la première organisation patronale française, dont les entreprises adhérentes comptent plus de 9 millions de salariés.

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"Il y a des accords d'entreprise, il y a des négociations. Il y a, en ce moment, 57 branches qui négocient et il y aura beaucoup de négociations en début d'année", a-t-il détaillé.

"Il y a aura des augmentations de salaires significatives dans la restauration, je pense, parce qu'il y a une négociation qui est en cours", a cité en exemple Geoffroy Roux de Bézieux, ajoutant toutefois que "le problème qu'il y a derrière, c'est qu'il faut pouvoir augmenter les prix".

Pour le gouvernement, les entreprises doivent faire des efforts. Avec le "quoi qu'il en coûte", et les nombreuses aides versées, elles ont - globalement - pu maintenir leurs marges. Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, l'a répété en septembre : « La bonne croissance - plus de 6% - doit profiter à tout le monde. Il faut une meilleure rémunération pour ceux qui ont les revenus les plus faibles ». Et de cibler ces salariés de la deuxième ligne, qui ont fait fonctionner le pays pendant les confinements. « Il faut savoir les remercier », a assuré le locataire de Bercy.

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La prime "Macron" sera versée

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, "la bonne nouvelle, c'est que les résultats 2021 des entreprises vont être très bons et donc, mathématiquement, la participation et l'intéressement - qui ne couvrent que 50% des salariés - vont augmenter".

Il y aura aussi "beaucoup de primes "Macron" qui seront versées dans beaucoup d'entreprises", a encore prédit le président du Medef. Ce complément de revenu a été initialement mis en œuvre sous le quinquennat de François Hollande, mais est passé à la vitesse supérieure à la fin de l'année 2018. En pleine crise des "gilets jaunes", le président Emmanuel Macron avait annoncé une revalorisation exceptionnelle et son élargissement avec une hausse du plafond. Il s'agit d'une prime défiscalisée d'un montant maximum de 1.000 euros, que les entreprises peuvent verser pour les employés ayant un salaire jusqu'à trois fois le Smic.

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Le président du Medef a qualifié la prime d'activité de "trappe à augmentation de salaires", car "à chaque fois que vous augmentez les salaires, sous forme d'heures supplémentaires ou d'augmentation (du salaire horaire), la prime diminue". C'est, selon lui "une bonne solution de court terme parce qu'elle permet de maintenir le pouvoir d'achat mais c'est une mauvaise solution de long terme".

(Avec AFP)

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