Les investisseurs publics mettront 1,7 milliard d'euros sur la table pour doper le financement des entreprises de la Défense, a annoncé le ministre de l'Économie Eric Lombard.Le gouvernement Bayrou part à la chasse aux financements. Réunis à Bercy ce jeudi, les ministres Eric Lombard (Économie) et Sébastien Lecornu (Armées) ont convié banquiers, assureurs, gestionnaires de fonds et parlementaires pour présenter les différents outils destinés à répondre aux besoins financiers des entreprises du secteur.
«Le monde que nous avons connu depuis 1989 n'est plus [...] Toute notre géopolitique et notre économie est changée », a déclaré le ministre, dans un discours liminaire. Les échanges avec l'administration américaine « confirment la nécessité de retrouver toute notre autonomie stratégique ». « Il faut désormais ajuster les moyens aux menaces [...] Le levier de financement de la BITD [base industrielle et technologique de la défense] est prioritaire », a-t-il tonné devant un parterre de patrons et d'élus.
Mobiliser jusqu'à 5 milliards d'euros
Selon les documents communiqués par Bercy, les entreprises de la BITD devront mobiliser entre 5 et 7 milliards d'euros, dont 1 à 3 milliards d'euros de fonds propres dans les cinq prochaines années. Passées au crible par les économistes du Trésor et l'Observatoire de l'économie de la Défense, les PME et ETI de l'armement sont « moins rentables », « plus endettées » et « sont insuffisamment capitalisées ». « 14 % des entreprises sont en difficulté », a affirmé Emmanuel Chiva, directeur général pour l'armement.
Pour répondre à la hausse des carnets de commandes à venir, le tissu industriel va avoir besoin de muscler ses fonds propres et sa capacité d'endettement. Problème, les banques sont parfois frileuses pour financer ce secteur, pourtant hautement stratégique. Pour amorcer la pompe, les investisseurs publics vont mettre « 1,7 milliard d'euros sur la table », a annoncé Eric Lombard. Le reste devrait venir des investisseurs privés et de l'épargne populaire.