Que pensez-vous du choix de Marseille comme première ville d'accueil de la flamme olympique ?
C'est une très bonne idée ! L'arrivée de la flamme en bateau va être magnifique. L'olympisme représente un formidable trait d'union historique. L'épicentre des Jeux se situe en Méditerranée, et Marseille en est l'une de ses capitales. Faire cheminer la flamme du lieu historique antique en Grèce vers la France de Pierre de Coubertin - celui qui a ranimé les Jeux - est plein de symboles. Nous avons souvent parlé ces dernières années de la Méditerranée sous un aspect tragique, avec des problèmes auxquels nous tentons de répondre sur l'immigration.
J'ai une obsession pour Marseille : qu'elle se réconcilie avec la mer. Toute l'histoire de cette ville s'est toujours faite dans un rapport très ambivalent avec la Méditerranée. Toute une partie est loin de la mer. La ville a été conquise, puis surveillée depuis la mer par le pouvoir central monarchique. Au final, Marseille se vit comme devant se protéger d'elle. Au-delà des Jeux, j'ai une ambition également pour le port de Marseille. Je souhaite en faire l'un des plus grands ports européens, et pas seulement méditerranéens - il a tous les atouts pour cela. C'est une ouverture sur la Méditerranée, et au-delà vers le continent africain, vers le Proche et le Moyen-Orient. Cela doit être le départ des routes de commerces, de circulation, de personnes, d'énergie. Marseille est aussi le point d'entrée pour toute l'Europe par le réseau fluvial, en reconnectant le Rhône avec la Saône puis le Rhin. Grâce à ce réseau, on va pouvoir faire transiter de l'énergie et décarboner nos industries dans cette zone.
Propos recueillis par Solen Cherrier, Bruno Jeudy, Soazig Quemener, Ludovic Vigogne et Aurélien Viers (La Provence)