Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, un centriste au Quai
Léa Ménager

Jean-Noël Barrot prend la tête des Affaires étrangères.
LTD/STEPHANE DE SAKUTIN/AFP
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Jean-Noël Barrot prend la tête des Affaires étrangères.
LTD/STEPHANE DE SAKUTIN/AFP
Il reste au quai d'Orsay, mais change de bureau. À 41 ans, le centriste Jean-Noël Barrot (MoDem) doit quitter son poste de ministre délégué à l'Europe et remplacer Stéphane Séjourné au ministère des Affaires étrangères. Il obtient ainsi un poste charnière dans la nouvelle « coexistence » entre l'Élysée et Matignon : alors que les relations internationales restent dans le domaine réservé du chef de l'État, Jean-Noël Barrot devra ménager ses relations avec Emmanuel Macron et Michel Barnier.
Le Quai d'Orsay est l'un des deux maroquins - avec le ministère de la Santé et l'Economie du Tourisme - accordés au MoDem. Le nom de l'ancien ministre au Numérique a émergé jeudi. « Jean-Noël Barrot, c'est le bon équilibre », assure Dominique Bussereau, qui vante les « qualités humaines » du nouveau chef de la diplomatie. « Il est loyal à Emmanuel Macron et entretient de bonnes relations avec Michel Barnier », résume cet ex-ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy.
Ces bonnes relations avec le Premier ministre, Jean-Noël Barrot les doit à son père, Jacques Barrot. L'ancien maire d'Yssingeaux (Haute-Loire) fut un proche de Michel Barnier. En héritage, Jean-Noël a gardé sa vision de l'Europe et sa discrétion dans les médias. Comme son père, il reste fâché avec Laurent Wauquiez : le chef des Républicains lui a barré la route à ses débuts dans son fief auvergnat. C'est donc dans la deuxième circonscription des Yvelines que le jeune MoDem s'est présenté en 2017.
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Dans ses précédents postes, Jean-Noël Barrot a montré sa capacité à tenir les rapports de force. L'ex-ministre délégué au Numérique s'était fait remarquer en menaçant de bannir Twitter de l'Hexagone si la plateforme n'appliquait pas les règles de l'Union européenne en matière de modération. Alors que Stéphane Séjourné part sans être parvenu à imprimer sa marque, Jean-Noël Barrot devra s'imposer sur des dossiers ultrasensibles : Gaza, guerre en Ukraine, tensions entre Israël et le Liban... À son arrivée au Quai d'Orsay, le nouveau ministre aura à peine le temps d'ouvrir ses cartons : il est attendu dès demain à l'Assemblée générale des Nations unies
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