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La Tribune DimanchePolitique

« Tout ramène le RN à sa fascination pour les tyrans » (Jean-Noël Barrot)

François Clemenceau

Publié le 27 mai 2024 à 05:30

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Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de l'Europe.

Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de l'Europe.

Reuters

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ENTRETIEN. Alors que le Président de la République est en visite d'Etat en Allemagne et que l'actualité européenne, à quinze jours des élections, reste marquée par le sort de l'Ukraine et de la Géorgie, Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de l'Europe, rend coup pour coup aux adversaires d'extrême droite et sociaux-démocrates de la liste de Valérie Hayer.

LA TRIBUNE. Le président Zelensky ne cesse de supplier les alliés de l'Ukraine de fournir des batteries de défense aérienne pour protéger ses villes et ses infrastructures critiques. Pourquoi l'Europe ne peut pas faire plus et mieux ?

JEAN-NOËL BARROT. Si l'Ukraine a fait échec au projet de Vladimir Poutine d'annexer son territoire en quelques semaines, cela tient d'abord au courage des Ukrainiens mais aussi au soutien sans failles de ses alliés, et notamment la France, que ce soit sur le plan civil ou militaire et sur son chemin vers l'Union européenne. La France soutiendra l'Ukraine dans la durée, au titre d'un accord bilatéral de sécurité signé avec l'Ukraine en février dernier, qui permettra d'apporter jusqu'à 3 milliards d'euros d'aide militaire supplémentaire à Kiev pour 2024. La France travaille activement en lien avec l'Ukraine et nos partenaires européens et du G7 à lui apporter tout le soutien dont elle a besoin pour résister et contrecarrer ainsi les desseins impérialistes de Vladimir Poutine, y compris dans le domaine de la défense antiaérienne. En provocant il y a déjà plusieurs mois un sursaut international pour que l'Ukraine soit soutenue aussi intensément que nécessaire et qu'elle reprenne le dessus, le Président de la République a été aux avant-postes. La question de la défense aérienne est aussi au cœur de nos préoccupations, la Président de la République a évoqué l'idée d'un bouclier antimissile dans son discours de la Sorbonne. La situation sur le front est particulièrement préoccupante et la Russie poursuit sa fuite en avant, y compris par des provocations aux frontières de l'Europe. Je redis ici notre pleine solidarité avec la Finlande, la Lituanie et l'Estonie face à ces actions agressives inacceptables.

Les Vingt-Sept ont décidé cette semaine d'utiliser les intérêts des avoirs russes gelés en Europe. Est-ce que ces trois milliards d'euros par an peuvent changer la donne ?

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La saisine des revenus tirés des actifs russes gelés est une décision historique qui permettra de mobiliser, dès le mois de juillet, un milliard d'euros supplémentaires pour le soutien militaire à l'Ukraine. Elle intervient après un accord de l'UE le 1er février sur une aide à l'Ukraine de 50 milliards d'euros jusqu'en 2027, ainsi qu'un accord sur 5 milliards d'euros de soutien militaire via la facilité européenne de paix (FEP). Cet instrument permet à la fois d'apporter rapidement à l'Ukraine l'aide militaire dont elle a besoin pour résister sur le front tout en instaurant une préférence européenne visant à développer notre propre capacité industrielle de défense. A ce soutien européen s'ajoute l'aide qu'apportent directement les pays à l'Ukraine, comme l'a fait la France en s'engageant jusqu'à 3 milliards d'euros pour 2024.

François Clemenceau

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