Le gouvernement Barnier officialisé dès ce samedi soir ?
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Le dirigeant de LR, Laurent Wauquiez, a annoncé aux députés de son groupe à l'Assemblée nationale qu'il renonçait à participer au gouvernement de Michel Barnier
LTD / JEFF PACHOUD
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Le dirigeant de LR, Laurent Wauquiez, a annoncé aux députés de son groupe à l'Assemblée nationale qu'il renonçait à participer au gouvernement de Michel Barnier
LTD / JEFF PACHOUD
[Article publié jeudi 19 septembre 2024 à 20h26 et mis à jour samedi 21 septembre 2024 à 17h44 ] La France aura-t-elle un nouveau gouvernement dès ce samedi soir ? C'est en tout cas ce « espère » le Premier ministre Michel Barnier, selon BFM TV. Le nouvel exécutif devrait compter 38 ministres, dont 16 de plein exercice. Parmi ceux-ci figurent sept macronistes, trois issus des Républicains, deux MoDem, un Horizons, un UDI, un Divers droite ou encore un Divers gauche, selon la répartition donnée à ses troupes par Gabriel Attal.
Ce vendredi, les « derniers ajustements » sur la composition et vérifications - via la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique - étaient encore en cours, a fait savoir l'entourage de Michel Barnier.
De son côté, le président de la République Emmanuel Macron a appelé hier dans la journée « tous les groupes politiques » à « aider » le nouveau Premier ministre à former un gouvernement, alors que la liste proposée jeudi suscitait toujours des tiraillements dans le camp présidentiel, le MoDem hésitant à entrer dans une équipe marquée à droite. « Il faut que tout le monde l'aide à réussir parce que c'est l'intérêt collectif », a-t-il complété. Michel Barnier compose son équipe « avec beaucoup d'engagement et pleine liberté ».
Finalement, après des hésitations le MoDem a acté sa participation au gouvernement.
« Si on fait le constat qu'il manque le flotteur gauche, on ne va pas enlever la quille du bateau. Partir aurait affaibli le gouvernement. Nous aurons un rôle vigie », explique dans Sud-Ouest Fabien Robert, son secrétaire général adjoint.
« On ne se sacrifie pas dans une situation pareille. Il faut faire confiance au Premier ministre » , abonde sur Sud Radio Bruno Millienne, porte-parole.
Mais le groupe reste plus réservé. « Nous n'avons pas reçu la liste finalisée. Y a-t-il eu rééquilibrage ? », s'interroge Perrine Goulet, députée MoDem dans la Nièvre.
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Parmi les noms qui circulent, une poignée de membres du gouvernement démissionnaire devrait rester. En effet, le ministère des Armées semble assuré de garder son titulaire, le discret Sébastien Lecornu. Dans ce « domaine réservé » du président de la République, le MoDem Jean-Noël Barrot serait, lui, promu des Affaires européennes aux Affaires étrangères.
Rachida Dati, venue de LR, resterait à la Culture. La ministre du Travail Catherine Vautrin, ex-LR également, passerait à un portefeuille consacré aux Territoires. La ministre déléguée à l'Agriculture, Agnès Pannier-Runacher, de l'aile gauche de la macronie, pourrait aller à l'Environnement. Une ex-ministre MoDem Geneviève Darrieussecq reviendrait, elle, au gouvernement, à la Santé.
Les Républicains intégrant le gouvernement sont très marqués à droite, au grand dam de la gauche et d'une partie du bloc central. Figure du camp conservateur et tenant d'une ligne ferme sur l'immigration, le patron des sénateurs Bruno Retailleau deviendrait ministre de l'Intérieur.
La sénatrice Laurence Garnier, pressentie pour la Famille, fait déjà polémique pour ses positions contre le mariage homosexuel et la délictualisation des thérapies de conversion. Alors qu'elle visait l'Education nationale, la numéro 2 du parti Annie Genevard irait à l'Agriculture. L'Alsacien Patrick Hetzel décrocherait l'Enseignement supérieur.
Parmi les ministres délégués ou secrétaires d'Etat, LR obtiendrait le Commerce extérieur pour la sénatrice Sophie Primas, les Outre-mer pour le président de la commission des Lois au Sénat François-Noël Buffet, les Anciens combattants pour le député Jean-Louis Thiériot, la Laïcité pour Othman Nasrou, vice-président LR de la région Île-de-France.
De son côté, le dirigeant de LR, Laurent Wauquiez, a annoncé aux députés de son groupe à l'Assemblée nationale qu'il renonçait à participer au gouvernement de Michel Barnier, après avoir refusé le portefeuille des Finances. « Michel Barnier m'a proposé Bercy et j'ai donc décliné pour rester à la tête du groupe », a déclaré la veille le député de Haute-Loire, qui préside le groupe de la Droite républicaine.
Une seule personnalité étiquetée à gauche intégrerait le gouvernement, à la Justice. Il s'agirait du président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, Didier Migaud, ex-président de la Cour des comptes et ex-député socialiste. Plusieurs socialistes, comme Philippe Brun ou Nicolas Mayer-Rossignol, ont indiqué avoir refusé d'entrer au gouvernement.
Ce samedi, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées en début d'après-midi à Paris pour dénoncer le « gouvernement Macron-Barnier », à l'appel de la France Insoumise, des écologistes et d'associations féministes, étudiantes et environnementales, a constaté l'AFP. Une soixantaine de rassemblements étaient annoncés en France, selon le site de LFI. A Paris entre 20.000 et 40.000 personnes étaient attendues.
Côté macroniste, la députée de Paris Astrid Panosyan-Bouvet irait au Travail. Bercy serait partagé entre un duo de députés macronistes, Antoine Armand (pour l'Economie et l'Industrie) et Mathieu Lefèvre (pour les Comptes publics), ce dernier étant rattaché cependant à Matignon. Reste à savoir s'ils seraient chapeautés par un ministre des Finances, comme le gouverneur de Banque de France, François Villeroy de Galhau.
La députée du Nord Violette Spillebout, proche de Gérald Darmanin, longtemps donnée à l'Education nationale n'irait finalement pas. Le maroquin reviendrait à une autre macroniste, Anne Genetet, députée des Français de l'étranger. De son côté, Benjamin Haddad obtiendrait les Affaires européennes. Autre membre du bloc central, le député Paul Christophe, membre du parti Horizons d'Edouard Philippe, se voit proposer le portefeuille des Affaires sociales, selon une source proche des tractations.
Par ailleurs, les candidats déclarés ou supposés comme tels aujourd'hui à la présidentielle de 2027 ne font pas partie de la nouvelle équipe, c'est-à-dire Edouard Philippe, Gabriel Attal, Laurent Wauquiez, Gérald Darmanin (qui aurait aimé obtenir les Affaires étrangères) ou encore François Bayrou.
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Il faudra probablement attendre la déclaration de politique générale de Michel Barnier, qu'il prononcerait le 1er octobre devant l'Assemblée nationale, pour connaître plus précisément le programme du gouvernement. A l'issue de la réunion avec les chefs de partis jeudi, le Premier ministre s'est contenté d'un communiqué très général annonçant son intention « d'améliorer le niveau de vie des Français et le fonctionnement des services publics, particulièrement l'école et la santé, de garantir la sécurité, maîtriser l'immigration et faire progresser l'intégration ». Il souhaite aussi « encourager (les) entreprises et (les) agriculteurs et conforter l'attractivité économique de la France, maîtriser (les) finances publiques et réduire la dette écologique ».
Le chef du gouvernement a affirmé qu'il n'augmenterait pas les impôts pour les classes moyennes, selon plusieurs participants. Pour rappel, les députés macronistes avaient menacé de ne pas participer à un gouvernement prévoyant des hausses d'impôts malgré le dérapage de la dette et des déficits et la délicate préparation du budget 2025.
(Avec AFP)
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