Patrick Stefanini : « Le texte sur l’immigration doit d’urgence être voté et appliqué »
Jessika Guehaseim
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Patrick Stefanini en 2017 à l’Assemblée nationale.
© Simon LAMBERT/Divergence
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Patrick Stefanini en 2017 à l’Assemblée nationale.
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LA TRIBUNE DIMANCHE - Les députés LR doivent-ils voter le projet de loi sur l'immigration, dont l'examen commence demain à l'Assemblée nationale ?
PATRICK STEFANINI - Je n'ai pas changé d'avis depuis août 2022 et la présentation par Gérald Darmanin des grandes orientations de son texte. Celui-ci comprend de véritables avancées pour faciliter l'éloignement du territoire des étrangers en situation irrégulière ou
dont la présence représente une menace pour l'ordre public. Il reprend des propositions formulées par le Conseil d'État ou par François-Noël Buet, le président de la commission des lois du Sénat, et qui doivent d'urgence être votées et appliquées. J'ajoute que le fait qu'il comporte des dispositions permettant de régulariser des travailleurs étrangers exerçant des métiers en tension est un motif supplémentaire de l'approuver. Il faut maintenant que l'Assemblée discute de ce texte et que la délibération se passe en commission mixte paritaire où le Sénat saura faire entendre sa voix.
Les Républicains ont pourtant vigoureusement dénoncé ce dispositif sur les métiers en tension...
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En 2008, lorsque j'étais secrétaire général du ministère de l'Immigration et de
l'Identité nationale, sous l'autorité de Brice Hortefeux et de Guillaume Larrivé, alors
directeur adjoint de cabinet [et aujourd'hui conseiller politique d'Éric Ciotti à LR], nous
avions répondu au souhait de Nicolas Sarkozy de mettre en œuvre une politique
d'immigration choisie et donc de faciliter l'immigration de travail, en faisant la liste
des métiers pour lesquels la venue en France de travailleurs étrangers serait possible. Nous avions ainsi mis fin au blocage de l'immigration de travail décidé en 1974 après le premier choc pétrolier. Aujourd'hui, cette liste ne répond plus aux besoins de l'économie française et il faut la toiletter sérieusement. Au demeurant, le texte de Gérald Darmanin prévoit seulement la régularisation d'étrangers déjà présents sur notre sol et exerçant ces métiers. On m'objectera qu'une autre solution serait d'améliorer les conditions de travail et les salaires pour attirer vers ces métiers une main-d'œuvre française ou déjà présente en France en situation régulière. Cette objection est pertinente à long terme, mais elle n'a rien à voir avec les responsabilités du ministre de l'Intérieur. Elle renvoie à l'échec des partenaires sociaux, des Régions et de l'État en matière de formation professionnelle: on sait par exemple depuis trente ans que les chaudronniers et les soudeurs sont indispensables pour construire de nouveaux réacteurs nucléaires, et pourtant on en manque toujours. Vouloir faire face à ces pénuries par la seule immigration serait dangereux, mais il est illusoire d'y prétendre sans immigration, d'autant plus que notre dynamique démographique s'étiole. Les organisations patronales devraient avoir le courage de le dire.
Jessika Guehaseim
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