PS, PCF et écologistes réfléchissent à une « alter-Nupes »… sans Mélenchon

« Le souci, ce n'est pas la Nupes, c'est Mélenchon. L'unité, elle, reste nécessaire pour 2027 », souligne un membre du bureau national du PS.
PS, PCF et écologistes réfléchissent à une « alter-Nupes »… sans Mélenchon
PS, PCF et écologistes réfléchissent à une « alter-Nupes »… sans Mélenchon (Crédits : Reuters)

Si l'attentat effrayant d'Arras ne s'était pas produit, l'image politique du week-end aurait valu son pesant d'or. Socialistes, écologistes et communistes, réunis chacun de leur côté en conclave, le même samedi, pour décider de leur avenir au sein de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). « Compte tenu du contexte dramatique », le PS a choisi de reporter le conseil national qui devait se tenir à la Maison de la chimie. Le raout avait été organisé en urgence par son premier secrétaire, Olivier Faure, après des jours d'extrême tension liée aux positions ambiguës de Jean-Luc Mélenchon sur les actes terroristes perpétrés le 7 octobre par le Hamas en Israël.

Europe Écologie-Les Verts et le PCF ont maintenu leurs grands-messes respectives, prévues de longue date. La convention d'EELV à Pantin, consacrée à sa refondation en « Les Écologistes », a aussi été l'occasion de débattre sur la pérennité de l'alliance électorale bâtie pour les législatives de 2022. En amont, la secrétaire nationale Marine Tondelier a donné le tempo en soulignant, le 12 octobre dans Libération, le « point de fracture grave » que revêtait cette nouvelle crise. Quant aux communistes, d'abord réunis pour plancher sur les européennes de 2024, puis en conseil national ce dimanche, leurs adhérents doivent se prononcer sur la suite. « Ce ne sera pas un vote pour une sortie de la Nupes mais pour un arrêt des discussions avec La France insoumise », précise un dirigeant du parti.

À chacun sa manière de se distancier de LFI. Pour le PCF de Fabien Roussel, critique à l'égard de Jean-Luc Mélenchon dès les premiers mois d'existence de la Nupes, c'est chose plus aisée que pour EELV ou, plus encore, pour le PS. Lors du congrès de Marseille en janvier, la motion pro-Nupes défendue par Olivier Faure a recueilli moins de 50 % des voix. Dans la foulée, le député de Seine-et-Marne a été reconduit dans la douleur, après une âpre bataille contre Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, et farouche opposant à l'alliance avec les Insoumis.

« Le truc avec la Nupes, c'est que ce n'est pas un parti »

Les embardées mélenchoniennes galvanisent les adversaires d'Olivier Faure. D'où la nécessité, pour l'entourage de ce dernier, de réfléchir aux contours d'une nouvelle coalition. Une « alter-Nupes », résume un membre du bureau national du PS. « Il va y avoir quelques suspensions de travaux communs au Parlement, des choses différées. Mais la vie, ce n'est pas ça, les gens finissent par se reparler, poursuit le même. Le souci, ce n'est pas la Nupes, c'est Mélenchon. L'unité, elle, reste nécessaire pour 2027. C'est une grille de lecture fondamentale. Nos débats actuels ne vont pas avoir une grande portée au niveau pratique, mais sur la manière de parler, de nommer les choses. »

Ce n'est pas dans les semaines qui viennent que la Nupes va exploser de façon définitive. En attendant,les contacts entre les uns et les autres se poursuivent. Olivier Faure discute avec Marine Tondelier, qui a de bonnes relations avec Fabien Roussel, qui parle avec Boris Vallaud... Sans oublier des Insoumis comme Clémentine Autain, François Ruffin ou Alexis Corbière, qui ont marqué une nette distance avec leur direction sur le Hamas. Au point de réfléchir à créer un groupe LFI dissident à l'Assemblée nationale ?

Tout cela éloigne un peu plus la perspective d'une liste unique de la gauche aux européennes. Les composantes de la Nupes sont parties en ordre dispersé. « Ce qui signerait la fin de l'alliance, c'est si deux des quatre listes fusionnaient », indique un stratège EELV, pour qui le plus logique serait une union entre écolos et socialistes, beaucoup plus proeuropéens que leurs alliés. Problème : l'aile la plus à gauche d'EELV ne veut pas se froisser avec LFI. Pour des raisons idéologiques mais aussi électorales. Bref, on n'est pas sorti de l'auberge. « Le truc avec la Nupes, c'est que ce n'est pas un parti, raille l'un de ses cadres. Personne n'a sa carte. Tu penses que tu vas à un interrogatoire... et tu prends perpétuité. »

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Commentaires 2
à écrit le 15/10/2023 à 21:00
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Selon Mélenchon, Panot, Quatennens et autres Bompard, Les massacreurs du Hamas ne sont que de simples militants pour la paix !! (certes, un peu agités, lâcheront peut-être certains d'entre eux en serrant les dents!) Le tueur tchétchène du prof d'Arra...

à écrit le 15/10/2023 à 10:07
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Tout le monde a oublié d'où venait Mélenchon ?

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