« Pilotée par Jean-Luc Mélenchon ou un Insoumis, la gauche ne reviendra jamais au pouvoir » (Carole Delga)
Bruno Jeudy
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LA TRIBUNE - Laurent Berger a acté « la fin du match » sur la réforme des retraites en expliquant qu'il « ne faut pas mentir aux gens » et que l'âge de départ à 64 ans sera appliqué. A-t-il raison ?
CAROLE DELGA - Oui, nous sommes arrivés au bout du processus législatif. Pour autant, l'injustice reste, donc le devoir de la gauche est de remettre l'ouvrage sur le métier pour corriger les injustices pour ceux qui ont des métiers pénibles, pour les femmes victimes de carrières fractionnées. Cet exécutif a créé un système profondément injuste. Ce match est peut-être fini mais on doit préparer les victoires de demain tant cette réforme et les années Macron créent un énorme ressentiment. Par conséquent, il ne faut pas relâcher la pression sur le dossier du travail, des salaires et des retraites.
Vous êtes allée manifester à Paris. A quoi cela sert-il quand la loi est déjà promulguée depuis le 14 avril et les premiers décrets d'application publiés ?
Avant d'être une élue, je suis une femme libre et de convictions. Moi, je ne lâche jamais rien. Ma place était donc d'être aux côtés des syndicats, des salariés, des retraités et de tous ces Français qui continuent à dire avec sincérité que cette réforme est injuste. Bien sûr que cette loi va hélas s'appliquer. Mais quand on est contre cette réforme, le minimum est d'être avec ceux qui vont devoir donner deux ans de plus de leur de leur vie au travail alors qu'ils exercent des métiers pénibles.
Est-ce bien raisonnable de soutenir la proposition de loi des députés du groupe LIOT alors qu'elle n'a aucune chance d'aboutir à une abrogation de la retraite à 64 ans ? Vous leurrez les Français...
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Je suis pour le maintien de la retraite à 62 ans donc j'ai soutenu toutes les propositions dans ce sens. La bonne réforme aurait consisté à confier aux partenaires sociaux le soin de définir les priorités comme celle des conditions de pénibilité. Aujourd'hui, un ouvrier a une espérance de vie de sept ans inférieure à celle d'un cadre. Ça, c'est une réalité. C'est ça la vraie vie et c'est parfaitement injuste. Je trouve inadmissible que cela ne soit pas traité dans le cadre d'une loi ou d'un accord social. Ensuite, il y a la question des carrières fractionnées des femmes entre les temps partiels, les congés maternité et, trop souvent, des métiers sous qualifiés.
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