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ÉconomiePrésidentielle 2017

Hollande contraint de se retirer, c'est au tour de Valls

Photo de Jean-Christophe Chanut

Jean-Christophe Chanut

Publié le 01 décembre 2016 à 19:32 - Mis à jour le 02 décembre 2016 à 10:00

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La voix blanche, François Hollande a annoncé qu'il ne se représentait pas pour un second mandat. Alerté par la déconvenue de Nicolas Sarkozy, le président a préféré anticiper. Manuel Valls va pouvoir y aller... tout en assurant le bilan du quinquennat.

Grande première dans l'histoire de la Ve République, un président en place renonce à se présenter pour un second mandat. François Hollande n'y va pas, conscient "des risques que feraient courir une démarche qui ne rassemblerait pas autour de moi". François Hollande s'est exprimé d'une voix blanche à 20 heures depuis l'Elysée. Lui qui est doté d'un très grand sens de l'humour a évité le "merci pour ce moment"...

Il ne pourra donc pas défendre son bilan lors de la primaire socialiste. Il s'est donc employé à le faire dans son intervention: sauvetage de la Grèce, lutte contre la "mauvaise" finance, baisse du chômage... certes trop tardive, réduction des déficits, "Sécu" "quasi à l'équilibre", modèle social conservé, moyens pour l'école, etc.

Son seul regret est d'avoir proposé la déchéance de la nationalité dans l'émotion qui a suivi les attentats du 13 novembre....

Le précédent Sarkozy à la primaire de droite

Qu'un redoutable animal politique comme François Hollande, qui a déjà connu une terrible traversée du désert après sa sortie par la petite porte du congrès socialiste de Reims en 2008, en dit long sur son état d'esprit. Lui qui a déclaré lors de son intervention avoir une "capacité inépuisable face à l'adversité", force est de constater qu'il a préféré jeter l'éponge. Pourquoi? Les sondages, bien sûr, très faibles pour lui, mais là n'est pas le principal. François Hollande en a vu d'autres... Il était à peine à 3% au début du processus de la primaire socialiste en 2011, certes avant la chute de DSK.

Il a surtout vu Nicolas Sarkozy se faire balayer lors de la primaire de la droite. Lui qui rêvait de retrouver son meilleur ennemi en 2017 a compris qu'il pourrait lui arriver exactement la même chose lors de cette primaire de la gauche à laquelle il avait accepté de participer tout président qu'il est. Or, certains sondages plaçaient Arnaud Montebourg devant lui. Le risque était donc grand de se retrouver en effet dans la même situation que Nicolas Sarkozy. François Hollande semble avoir compris que les Français ne voulaient pas revivre le match de 2012.

Le piège Macron

Et, surtout, il y a eu la candidature d'Emmanuel Macron, son ancien ministre de l'Economie. C'est peu dire que l'émancipation de son ex-jeune ministre et collaborateur à l'Elysée l'a affectée. Surtout, la candidature de Macron, doublée d'une primaire à disputer à gauche, ont privé François Hollande d'espace politique. Il a été asphyxié. S'il avait abordé cette épreuve avec une cote de popularité favorable et un bilan facilement défendable, c'était jouable. Mais en l'occurrence, ce n'est pas le cas.

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François Hollande semblait totalement discrédité auprès des Français qui ont eu l'impression que, depuis son élection, il a fait exactement l'inverse de ce qu'il avait promis durant sa campagne de 2012, notamment les augmentations des impôts et la politique de l'offre. Même si les choses sont plus compliquées que cela. Mais, l'heure du bilan objectif et réel du quinquennat viendra plus tard.

Le moment Valls?

Et maintenant? C'est peu dire qu'à gauche, la voie est libre pour le premier ministre Manuel Valls. Quel retournement pour un homme qui était arrivé dernier, avec 5% des voix, lors de la primaire de la gauche de 2011. Par correction, Manuel Valls ne s'est pas déclaré dès ce soir. Cela ne saurait tarder. Probablement ce week-end. C'est lui qui va aller affronter Arnaud Montebourg et Benoit Hamon, notamment, lors de la primaire du PS des 22 et 29 janvier.. Les "Aubrystes" vont peu apprécier. Le Premier ministre va devoir se livrer à un exercice difficile: assumer le bilan de François Hollande qu'il partage largement et, en même temps, prendre ses distances. Ce qui passera par une affirmation très forte de la défense de la laïcité, d'un renforcement des valeurs régaliennes, les "marottes" du Premier ministre.

Pourtant, ce n'est pas joué car si Manuel Valls devance François Hollande dans les sondages, y compris chez les sympathisants socialistes, c'est loin d'être "gagné d'avance" face à Arnaud Montebourg.

La gauche absente du second tour dans toutes les hypothèses

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A ce stade, quel que soit le cas de figure, il y aura au premier tour de la présidentielle Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Yannick Jadot (candidat écologiste), Sylvia Pinel (PRG) et le candidat PS. Et pour couronner le tout, Emmanuel Macron du mouvement "En Marche!" postule aussi. Dans ces conditions, il faudrait un miracle pour qu'un candidat de la gauche se retrouve au second tour. Que ce soit François Hollande ou un autre, ce constat ne varie pas. Il est clair que l'après-présidentielle de 2017 va provoquer un tsunami à gauche et une recomposition complète des rapports de force. Et nul ne le sait mieux que François Hollande...

Jean-Christophe Chanut

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