Journal de campagne : Hollande se confie... et confirme les propos de Fillon sur Sarkozy

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François Hollande se dit à titre personnel hostile à l’aéroport de Notre-Dames-des-Landes.
François Hollande se dit à titre personnel hostile à l’aéroport de Notre-Dames-des-Landes. (Crédits : PHILIPPE WOJAZER)
La Tribune publie son "journal de campagne" quotidien, reprenant les principaux faits et déclarations des candidats (et de leurs soutiens) à la présidentielle de 2017. Aujourd'hui : François Hollande, François Fillon et Alain Juppé.

Hollande lance des piques...

Dans le livre qui sort jeudi 13 octobre "Un président ne devrait pas dire ça"..., une série d'entretiens accordés aux journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme, le chef de l'Etat François Hollande ne mâche pas ses mots. Il dresse un bilan sans concession de son quinquennat tout en entrant, sans le dire, en campagne. On y apprend qu'il craint qu'il ne reste, in fine, rien de son mandat dans les livres d'histoire. « J'aimerais que l'on dise de moi, puisque c'est la vérité, que j'ai été courageux », explique-t-il.

On découvre aussi dans le livre que le chef de l'Etat a été très marqué par les trahisons de Jérôme Cahuzac et d'Emmanuel Macron. A quelques mois de l'élection présidentielle, il admet par ailleurs avoir trop augmenté les impôts, être favorable à la procréation médicalement assistée (PMA), et hostile à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes dont il pense d'ailleurs qu'il « ne verra pas le jour ». De quoi satisfaire les écologistes. Mais François Hollande ne portent pas ces derniers dans son cœur pour autant. Selon lui, ce sont « des cyniques et des emmerdeurs », indique-t-il sévèrement. Et les frondeurs ? « une agrégation de gens intelligents peut faire une foule idiote. », lance-t-il aussi. Enfin, plus surprenant, on apprend que François Hollande n'apprécie pas les juges : « Une institution de lâcheté (...) C'est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux... On n'aime pas le politique. »

... et confirme les propos de Fillon sur Sarkozy

Toujours dans ce même livre, François Hollande confirme par ailleurs que François Fillon, candidat à la primaire de la droite et du centre, a bien demandé en 2014 au secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet d'accélérer le cours de la justice contre Nicolas Sarkozy pour empêcher son retour en politique. « Il a dit à (Jean-Pierre) Jouyet : Mais comment ça se fait que vous ne poussiez pas la justice à en faire davantage ? » , rapporte le président de la République.

Dans le livre Sarko s'est tuer, publié en novembre 2014, les deux journalistes du Monde écrivaient déjà que François Fillon avait demandé à Jean-Pierre Jouyet, lors d'un déjeuner le 24 juin 2014, de « taper vite » sur l'ancien président de la République, mis en cause dans plusieurs affaires judiciaires, pour ne pas le « laisser revenir » en politique.

Juppé façonne sa stature de président

Pendant ce temps-là, le candidat favori à la primaire de droite Alain Juppé façonne sa stature de futur président. Il explique dans le magazine Le « 1 » qu'il sera, s'il est élu, un président réhabilitant la « hauteur de vue » et la « dignité », tout en conjuguant le temps court et le temps long. « Il y a plus de force dans la tranquillité que dans l'agitation (...) il faut dépasser l'esprit de parti. (...) on peut multiplier les incongruités jour après jour pour faire parler de soi ou bien faire un travail sérieux », a-t-il lancé. Et d'ajouter : « je serai un président qui prend de la hauteur ce qui n'a pas tout à fait été le cas lors des deux derniers quinquennats ».

Il promet ainsi de « présider, pas de gouverner au quotidien ». Et d'enchaîner sur son credo favori : sa non préoccupation pour sa réélection, car il sera trop vieux pour se représenter en 2022, dit-il. Ce qui le placerait au dessus des manœuvres politiciennes, et lui permettrait de « prendre du recul », de « mettre en perspective », et de d'instaurer une meilleure « relation avec les citoyens ».

Et aussi :

Emmanuel Macron a tenu hier un meeting au Mans. L'énarque, inspecteur des finances, et ancien banquier d'affaires chez Rothschild & Cie y a réaffirmé être « contre le système ». L'ancien ministre et conseiller de François Hollande à l'Elysée a aussi milité pour la « refondation profonde » du modèle social français.

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Commentaires
a écrit le 13/10/2016 à 5:03 :
Hollande pas mieux que Trump
Hollande petit bonhomme avec ça moto comme un enfant de 16 ans
a écrit le 12/10/2016 à 21:42 :
En confirmant que Fillon avait entrepris la démarche de demander au pouvoir de pousser les feux judiciaires contre Sarko (et donc en le posant en victime d'une machination), Hollande tente le tout pour le tout afin que le candidat de la droite soit Sarkozy, pensant avoir une chance ténue de le battre à nouveau... Petite manipulation venue d'un bien petit personnage...
a écrit le 12/10/2016 à 16:20 :
Il ne me semble pas que les sieurs Davet et Lhomme aient un jour interviewé le prédécesseur de Hollande. Deux poids deux mesures. Complaisance sans limite pour l'un, calomnies pour l'autre (ex : l'"affaire" Bettencourt terminée par un non-lieu pour Sarko et une relaxe pour Woerth).
Réponse de le 12/10/2016 à 20:44 :
Souvenez vous, L'ex, on l'avait en permanence dans le fenestron, le bon peuple finissait par en avoir la nausée... Il empestait le paysage médiatique.
Réponse de le 16/10/2016 à 0:33 :
@Bôf : mais on voit tout autant l'homme à la coloration impeccable... (encore heureux, au prix que nous coûte son coiffeur...)
a écrit le 12/10/2016 à 15:54 :
Pas capable de faire autre chose que de semer la zizanie!
a écrit le 12/10/2016 à 14:28 :
Alain Juppé domine les débats et se présente comme le personnage politique le plus présidentiable. Aucune promesse électorale qui va coûter un bras c'est le signe qu'on en tient un qui va faire du bon boulot ce qui est vraiment urgent en France. On va sûrement assister à un grand rattrapage de la France par rapport à l'Allemagne sous sa présidence.
Réponse de le 12/10/2016 à 17:36 :
Absolument et Entièrement d'accord avec vous. Si un référendum et un seul ( pas les nuls de sarkozy) est indispensable et VITAL POUR NOS INSTITUTIONS, en meme temps que le 2ème tour des Législatives de juin prochain : LE SEPTENNAT NON RENOUVELABLE. Par pitié avec ce foutu de quinquennat, le président est en campagne de réélection, dès son élection.
Réponse de le 15/10/2016 à 10:58 :
Bonjour
Tous les économistes sérieux reconnaissent que François Hollande a mené une politique de l'offre déterminée durant les cinq ans de son mandat. Devant un Pays qui vie au dessus de ses moyens depuis 30 ans c'était très courageux.
Un homme ou une femme politique qui promet un serrage de visse, une baisse de charge sur les entreprises concertée avec notre partenaire privilégié
et une réforme territoriale qui réduit les baronnies ne serait pas certain de réunir une majorité politique pour être élu.
Le suivant quelqu'il soit profitera d'une situation assainie et devra se concentrer sur la consolidation de la reprise
Bien à vous
a écrit le 12/10/2016 à 14:08 :
Il ménage les frondeurs en vu de la presidentielle « une agrégation de gens intelligents peut faire une foule idiote. »
Alors que ce serait en l'occurence exactement l'inverse.
a écrit le 12/10/2016 à 13:56 :
Macron contre le système, trop drôle !

Quant à Juppé qui paraphrase la "force tranquille" de Mitterrand, il prend les gens pour des truffes. Mitterrand, avec tous ses défauts, a instauré la retraite à 60 ans (réforme déjà engagée du reste par Jacques Chirac et Raymond Barre avant lui, ne l'oublions pas) tandis que Juppé évoque une retraite à 70 ans...

Les mots, la posture, mais derrière ça reste un personnage au service des milieux d'affaires.
Réponse de le 12/10/2016 à 21:37 :
La retraite à 60 ans n'était pas une réforme finançable dans la durée, c'était donc une mesure inepte. Ce que, mezza voce, reconnaissaient déjà à l'époque Delors et Rocard.
a écrit le 12/10/2016 à 13:35 :
Pour ceux qui ne voulaient le voir ou l'entendre dire, notre Président n'a pas un bon fond comme il veut le laisser paraître. Avec lui les personnes ne doivent pas se tromper. Sinon gare......
a écrit le 12/10/2016 à 13:32 :
Il faut refonder le système social français, et plus particulièrement son financement. Il faut répartir les charges sociales sur le travail ET sur l'énergie. Cela nécessite de mettre en place une fiscalité énergétique. Qui le proposera? C'est urgent!
a écrit le 12/10/2016 à 13:18 :
Le grand ménage cristallise . Une grande fête est annoncée au bowling électoral ...
a écrit le 12/10/2016 à 12:25 :
un excellent livre,qui confirme que Hollande a la fibre sociale libérale(trop d'impots),qu'il est du coté des français face a une justice jugée laxiste ,et qu'il a de l'humour(sans-dents)tout ceci le rend encore plus humain.bravo aux journalistes qui ont écrit ce livre passionant
Réponse de le 12/10/2016 à 14:37 :
On ne lui reproche pas son inhumanité mais son incompétence, nuance.
Réponse de le 12/10/2016 à 17:30 :
Un homme avec votre étiquette qui fait une politique inverse de vos couleurs, qui est incompétent , menteur et fourbe ça vous va ...
L'année prochaine vous voterez Juppe parce que Marine ressemble trop a vos idées !!!
a écrit le 12/10/2016 à 12:17 :
Le système fait ses propres choix à chaque élection en fonction des prospectives pour l'avenir , l'heureux bénéficiaire n'est pas forcément le même .

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