Nicolas Sarkozy a occupé le devant de la scène ce week-end avec un passage vendredi soir au 20 heures de France 2 et un meeting au Zénith de Paris dimanche. Sur France 2, l'ancien président de la République, à la peine dans les sondages pour la primaire de la droite, a formulé deux nouveaux thèmes de référendum qu'il compte soumettre au Français s'il retourne à l'Elysée : "Etes-vous d'accord, à l'image de ce que font les Britanniques, pour que le "ministre de la Sécurité" puisse décider de la mise en internement administratif des fichés S les plus dangereux ?" et "Etes-vous d'accord pour que nous supprimions, nous suspendions le droit automatique au regroupement familial tant que l'Europe ne s'est pas dotée de frontières dignes de ce nom et d'une politique européenne?".
Précédemment, Nicolas Sarkozy avait déjà annoncé son intention de lancer plusieurs référendums s'il retournait à l'Élysée pour que "les Français tranchent chaque fois que cela sera nécessaire sur les questions essentielles". Il prévoyait d'organiser une consultation sur le rétablissement du cumul des mandats et la réduction du nombre de sièges au Parlement, le soir même du second tour des législatives en juin 2017.
Durant son meeting au Zénith, il s'en est également pris - sans le nommer - à son principal rival Alain Juppé qui ne voit aucun inconvénient à ce que "les déçus de François Hollande" participent à la primaire de la droite. Pour Nicolas Sarkozy, "la trahison pendant la campagne en augurera de plus grandes, lorsqu'il faudra en permanence donner des gages à la gauche", alors que lui s'est défini en "président d'une alternance claire".
Les critiques ont jailli de tous les côtés sur les propositions de référendum avancées par l'ancien chef de l'Etat, y compris dans son propre camp. Intervenant ce lundi 10 octobre sur Europe 1, François Fillon, autre candidat à la primaire, a ainsi lancé :
En résumé pour François Fillon, ces référendums, "ça n'arrivera pas, c'est de l'enfumage ça".
Quant à Bruno Le Maire, autre concurrent de Nicolas Sarkozy, il n'a pas ménagé ses mots : "C'est affligeant!", a-t-il lancé au Figaro, reprochant à l'ancien chef de l'Etat de "céder à la facilité sur des sujets aussi sensibles! C'est encore une diversion! (...). La vraie difficulté, c'est déjà de faire appliquer la loi et de se donner les moyens de faire expulser ceux qui ne respectent pas les règles du regroupement familial. On sort de l'État de droit sans aucune efficacité supplémentaire!",
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Du côté des sondages,ça ne va pas fort pour Nicolas Sarkozy. Selon le sondage Kantar-Sofres - OnePoint pour RTL, LCI et Le Figaro, l'ancien président de la République dégringole de cinq points alors qu'Alain Juppé en gagne huit. Le pronostic de victoire à la primaire porte ainsi Alain Juppé vainqueur (44% des voix), loin devant Nicolas Sarkozy (15%).Bruno Le Maire et François Fillon complètent le podium (3%).
Mais attention, ce pronostic est basé sur les réponses de 8.023 interviewés de tous bords politiques, dont 32% se disent toutefois "sans opinion".
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En revanche, nettement plus significatif, sur les 586 interviewés ayant exprimé leur certitude de voter au premier tour, 42% ont l'intention d'élire Alain Juppé, 28% veulent voter pour Nicolas Sarkozy (contre 33% en septembre), 11% pour Bruno Le Maire comme pour François Fillon. Nathalie Kosciusko-Morizet se stabilise à 4%. Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson, eux, se trouvent à 2% d'intentions de vote chacun.
Dans un tel contexte, au second tour, Alain Juppé remporterait largement la primaire avec plus de 62% des intentions de vote. L'ancien président de la République n'obtenant que... 38% des intentions de vote des 611 personnes assurées d'aller voter au second tour. L'écart se creuse entre les deux candidats et passe ainsi de 18 points en septembre à 24 points au mois d'octobre. L'ancien chef de l'Etat pourra se rassurer en constant qu'il reste toujours en tête chez les sympathisants du parti "Les Républicains" (40% contre 32% pour Alain Juppé qui progresse).
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