Macron dévoile ses premières mesures

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Dans un entretien à l'hebdomadaire l'Obs, à paraître jeudi 10 novembre, Emmanuel Macron, ancien ministre de l'Economie, dévoile ses premières idées de réformes, notamment sur l'école, l'assurance chômage, la durée du travail. A ce stade, il n'y a rien sur les questions fiscales et la compétitivité. Le fondateur du mouvement « En Marche ! » devrait officiellement se déclarer candidat à la présidence de la République d'ici le 10 décembre.
A l'instar de ce qui a été instauré pour l'Enseignement supérieur, Emmanuel Macron prône "une vraie autonomie pédagogique pour les établissements" (méthodes différentes, plus de profs par classes et des professionnels plus expérimentés et mieux payés dans les écoles des quartiers les moins favorisés). Il faut selon lui leur donner "beaucoup plus de moyens et beaucoup plus d'autonomie. Il faut arrêter de saupoudrer et assumer d'y investir de façon différenciée".
Pour assurer une véritable mixité sociale, pour que les écoles accueillent des publics vraiment divers, que les enfants des quartiers aient le droit d'aller dans les établissements des centres-villes, Emmanuel Macron défend une vraie réforme de la carte scolaire. "On doit absolument la faire évoluer", affirme-t-il, s'appuyant sur l'exemple d'une mère de famille de La Paillade, à Montpellier, qui lui a confié : "Moi, avec la carte scolaire, je n'ai pas le droit de mettre mon gamin à l'école en centre-ville, c'est injuste. Il n'y a plus de petits blonds dans nos écoles".
Certes, mais la question est difficile, car il n'y aura pas de la place pour tout le monde dans les écoles de centre-ville. Pour assurer une véritable mixité sociale, il faudra définir des critères objectifs.
"Il faut s'adapter aux individus. On peut ainsi imaginer que les branches professionnelles négocient une possibilité pour les salariés qui le souhaiteraient de travailler moins à partir de 50 ou 55 ans : 30 heures, 32 heures, pourquoi pas ? En revanche, quand on est jeune, 35 heures, ce n'est pas long. Il faut donc plus de souplesse, plus de flexibilité."
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Faut-il juste rappeler au ministre que les 35 heures sont une durée légale, c'est-à-dire un simple seuil de déclenchement des heures supplémentaires ? En France, la durée effective du travail dépasse d'ailleurs les 39 heures. Et rien n'empêche déjà les conventions collectives de prévoir une durée du travail inférieure pour certaines catégories, y compris les seniors.
L'ancien ministre insiste :
"Quand on est jeune, 35 heures ce n'est pas assez. On veut travailler plus, on veut apprendre son job. Et puis, il y a un principe de réalité. Un entrepreneur raisonne ainsi : ce jeune n'est pas qualifié, je veux bien l'embaucher mais il va apprendre son job en entrant dans mon entreprise, donc il faut qu'il effectue davantage d'heures."
Cette proposition pose de nombreuses questions : ces heures seront-elles payées en heures supplémentaires ? Et que deviennent alors les « contrats de professionnalisation » en alternance qui sont justement à disposition des employeurs pour former des jeunes avec une prise en charge partielle de la rémunération par l'Etat ?
Partir à la retraite "à 60 ans, à 65 ans ou à 67 ans", en fonction des individus, des métiers exercés, des situations personnelles, pour Emmanuel Macron, tout doit être possible :
Un tel régime reviendra à mettre fin au régime par répartition tel qu'il existe aujourd'hui et qui impose un minimum de règles communes. La « retraite à la carte » conduira alors à généraliser le système de retraite par points.
Si le programme d'Emmanuel Macron est appliqué, les salariés au bord du burn-out n'auront plus peur de démissionner de leur emploi : ils auront eux aussi droit à des allocations.
"Il est hypocrite de prétendre que l'assurance-chômage est encore un système paritaire : ce régime est en déficit permanent [...] et c'est l'Etat qui en garantit in fine l'équilibre financier [...] Il faut que l'Etat prenne ses responsabilités et gère lui-même l'Unedic. Car il n'y a rien de pire qu'un système où celui qui décide n'est pas celui qui paie."
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Permettre une indemnisation pour les indépendants et les démissionnaires impliquera une remise en cause totale des règles de « l'assurance-chômage »... qui ne sera d'ailleurs sans doute plus une « assurance » - qui impose un rapport donné entre cotisation et indemnisation - mais plutôt un droit à une indemnisation minimale en cas de privation d'emploi. Et ce d'autant plus en cas de nationalisation de l'Unedic.
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