Présidentielle 2017  : Anne Hidalgo allume Hollande, Macron et Valls

La Tribune publie son "journal de campagne" quotidien, reprenant les principaux faits et déclarations des candidats (et de leurs soutiens) à la présidentielle de 2017. Aujourd'hui : Anne Hidalgo qui dézingue Hollande, Macron et Valls, et le premier débat de la primaire de la gauche qui se tient ce soir.
Mathias Thépot
Anne Hidalgo s'est montrée très sévère envers les trois personnages clés du quinquennat Hollande.
Anne Hidalgo s'est montrée très sévère envers les trois personnages clés du quinquennat Hollande. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)

La maire de Paris Anne Hidalgo distribue les mauvais points. Dans un entretien au Monde paru ce jeudi, elle désigne clairement qui sont, selon elle, les responsables de l'échec du quinquennat en cours : « François Hollande, qui a décidé de la politique à conduire, Emmanuel Macron qui a été son conseiller et l'inspirateur d'une pensée qui a très largement fracturé la gauche, et Manuel Valls. » Par leur faute, la social-démocratie serait en danger, car « il y a eu beaucoup d'amalgames et d'inculture de la part de ceux qui ont été les chefs de file de ce quinquennat. Ils nous ont conduits à un état de confusion absolue. Je leur en veux pour cela. Je suis triste face à cet énorme gâchis. Nous n'étions pas obligés de nous infliger ça. » Concernant l'ex-ministre de l'Economie et candidat du mouvement En marche !, Emmanuel Macron, Anne Hidalgo estime qu'il est « l'incarnation de la reproduction sociale des élites. » « Il porte une vision très autocentrée, jacobine, colbertiste », rappelle la maire de Paris qui a combattu l'ancien ministre de l'Economie lors des discussions parlementaires sur la Macron de 2015, notamment sur des dispositions entourant le travail du dimanche et le mode de détermination des zones touristiques internationales.

Soutien à Vincent Peillon

Toujours concernant l'ancien secrétaire général adjoint de l'Élysée, Anne Hidalgo déclare : « Je n'ai perçu dans son travail quotidien ni une modernité qui m'aurait éblouie, ni un rapport à la démocratie qui me donnerait confiance », ajoute-t-elle. « Le réveil risque d'être difficile pour ceux qui y croient ! »

Au sujet de Manuel Valls, elle estime que « ce dernier a porté une vision autoritariste allant jusqu'à soutenir, avec le président de la République, la déchéance de nationalité. Ce n'est pas possible pour moi. » Après cette violente critique de l'un des vainqueurs potentiel de la primaire de la gauche, la maire de Paris est reste évasive face à la question « soutiendrez-vous le gagnant de la primaire quel qu'il soit ? ». Réponse de l'intéressée : « J'espère avant toute chose que Vincent (Peillon, qu'elle soutient ndlr) gagnera ». Et de rappeler qu'« il y avait un manque dans cette primaire, avant sa candidature. Il n'y avait pas l'expression de la social-démocratie qu'il incarne et dans laquelle je me reconnais. De plus, Vincent élève le débat. »

Des débats décisifs ?

Cet entretien coup-de-poing d'Anne Hidalgo intervient juste avant le très attendu premier débat télévisé de la primaire de la belle alliance populaire (BAP), à laquelle participeront Manuel Valls, François de Rugy (Parti écologiste), Vincent Peillon, Sylvia Pinel (Parti radical de gauche), Benoît Hamon, Arnaud Montebourg et Jean-Luc Bennahmias (Union des démocrates et des écologistes). Ce premier débat a lieu ce jeudi à 21h sur TF1, LCI, Public Sénat et RTL, il est co-organisé par L'Obs. C'est le premier de trois débats en une semaine. Les deux autres se dérouleront le dimanche 15 janvier de 18h à 20h30 sur BFMTV, RMC et i-Télé, et le 19 janvier sur France 2 et Europe 1 à 20h55. Enfin, un dernier débat aura lieu le 25 janvier entre les deux tours de la primaire. Il se déroulera sur TF1, France 2 et France Inter, et opposera les deux finalistes.

Tous ces débats seront d'une importance capitale. D'abord parce que la campagne est extrêmement courte du fait de la décision tardive de François Hollande de ne pas se présenter à l'élection présidentielle. Ces débats sont donc les principales ouvertures télévisées pour les candidats afin de se différencier. Surtout, l'exemple de la primaire de droite où François Fillon a créé une dynamique forte derrière lui en l'emportant largement lors des débats reste dans tous les esprits. Celui ou celle qui s'en sortira le mieux pourrait ainsi prendre une avance décisive pour représenter le parti socialiste ou l'un de ses alliés à l'élection présidentielle de 2017.

Et aussi :

Selon le Point, le député européen Jean-Marie Cavada et la présidente de Cap21 Corinne Lepage ont décidé de rallier En Marche !, le parti d'Emmanuel Macron.

En déplacement privé à New York, Marine Le Pen a pour sa part été vue ce jeudi  à la Trump Tower, siège de l'équipe du président élu des Etats-Unis.

Mathias Thépot

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Commentaires 13
à écrit le 13/01/2017 à 10:36
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Le socialisme c'est fini. On le voit aujourd'hui encore avec les sondages sur le versement d'un REVENU UNIVERSEL VERSE PAR L'ETAT sur le dos des contribuables de la classe moyenne comme d'habitude. Personne n'en veut.

à écrit le 13/01/2017 à 10:27
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Si Hollande n'a pu se représenter cela est dû à ses 2 Ex (Cruella surtout), au mariage pour tous (qui était à faire pourtant), à son incontinence journalistique et quelques mauvais choix (comme de reprendre le projet de la droite de déchéance de nati...

à écrit le 13/01/2017 à 10:26
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Le plus cocasse c'est que c'est Peillon, le candidat qu'elle soutient, qui est le plus "hollandais"… Aurait-elle tout simplement un regret de ne pas s'être alignée au départ de la course ?

à écrit le 13/01/2017 à 9:33
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prisonnière des écolos et bobos parisiens Hidalgo est-elle vraiment représentative et à même de donner des leçons. a la place de Peillon je ne me réjouirai pas de ce soutien!

à écrit le 13/01/2017 à 8:25
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Comment un ministre en exercice peut-il s'occuper d'activités personnelles sans être sanctionné ?

à écrit le 12/01/2017 à 19:26
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Elle est solide Anne Hidalgo, et elle a raison, ce trio a fini de tuer le peu d'esprit de gauche qu'il restait au PS mais ce qu'elle ne dit pas c'est que ça fait belle lurette que ce phénomène est entamé. Moi je l'aime bien parce que je vois les ...

à écrit le 12/01/2017 à 19:22
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KHON HASS

le 13/01/2017 à 8:57
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29 c'est votre QI?

à écrit le 12/01/2017 à 19:22
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QUI est-il ? est souvent plus important que le programme. Qu'a t-il fait ? En effet la moitié des programmes présidentiels ne sont jamais mis en œuvre parce que : - certains n'en ont jamais eu l'intention ! - ils ont raconté tout et n'importe quo...

à écrit le 12/01/2017 à 19:20
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"J'imagine qu'il (Macron) doit servir les intérêts de beaucoup de gens pour faire autant la 'une' des journaux et pour avoir été à ce point porté comme la figure imposée d'une modernité." Le serviteur des banquiers quoi, dites-le… Ceux qui le sout...

à écrit le 12/01/2017 à 19:20
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"Il (Macron) porte une vision très autocentrée" Peut-être moins qu'elle ! "jacobine, colbertiste". C'est tout le contraire, elle devrait commencer par lire son livre "Révolution" pour constater qu'il est très décentralisateur (région, droit du ...

à écrit le 12/01/2017 à 19:19
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Pour favoriser Peillon elle se croit donc obligée de dénigrer les autres ! Elle voudrait favoriser Fillon qu'elle ne ferait pas mieux...

à écrit le 12/01/2017 à 19:17
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Pour favoriser Peillon elle se croit donc obligée de dénigrer les autres ! Elle voudrait favoriser Fillon qu'elle ne ferait pas mieux...

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