La start-up française, qui s’intéresse aux pathologies du système nerveux, propose une technologie qui permet de personnaliser le traitement en fonction des caractéristiques propres à chaque patient. Une approche qui intéresse les biotechs et les big pharma.Si elle a toujours voulu travailler dans le domaine de la santé, « pour mieux comprendre le fonctionnement du vivant et savoir comment soigner les personnes », Iris Maréchal a fait quelques détours, notamment par les États-Unis, HEC, Sciences-Po mais aussi par la création d'une association devenue depuis référente, l'observatoire des violences sexistes et sexuelles, lorsque le mouvement #MeToo n'était pas encore passé par les écoles d'ingénieurs. Au BCG, où elle intervient comme conseil en stratégie, elle veut surtout s'améliorer pour savoir « cadrer une équipe, un projet et devenir l'entrepreneure que je rêvais d'être ». Elle apprend aussi à coder, auprès du Wagon, car « il fallait que j'aie des compétences très opérationnelles pour comprendre les enjeux de l'IA ».
Changer de modèle
Cheffe d'entreprise, celle qui a été récompensée du Prix Margaret dans la catégorie Entrepreneure, le devient il y a un peu moins de deux ans lorsque la rencontre avec son associée, Chloé Geoffroy, donne naissance à Theramia.
Car le savoir autour de la donnée commence à dessiner ce que l'on appelle la médecine personnalisée. Sauf que les traitements par médicaments fonctionnent encore de façon très standardisée, sur le modèle « un médicament, une dose, une séquence pour tous les patients, ce qui met de côté le sexe, le poids, l'âge... toutes ces caractéristiques individuelles qui expliquent les différences d'efficacité ou d'effets secondaires par rapport aux traitements proposés », souligne Iris Maréchal. Et dans le cas des pathologies du système nerveux central, la spécificité de Theramia, 60% de traitements se révèlent inefficaces.
Ce qui pointe tous les enjeux autour de la médecine inclusive, notamment économique. Un enjeu dont les biotechs et les big pharmas ont très bien appréhendé la dimension. « Le développement d'un médicament et sa mise sur le marché coûtent des milliards d'euros, sachant que le temps de mise sur le marché nécessite 10 à 13 ans et que les chances de succès en neurologie sont très faibles, entre 3% à 8% », pointe encore Iris Maréchal.